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Des députés de la Nupes proches du militant antisémite Kémi Séba

L'activiste suprémaciste et pan-africaniste a été accueilli à Cayenne par les députés Nupes Davy Rimane et Jean-Victor Castor

Le militant suprémaciste et pan-africaniste Kémi Séba, à Paris, le 26 juin 2020. (Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)
Le militant suprémaciste et pan-africaniste Kémi Séba, à Paris, le 26 juin 2020. (Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

La vidéo a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux ces derniers jours : elle montre l’activiste franco-béninois Kémi Séba, qui fait l’objet d’une procédure de déchéance de nationalité française, brûler son passeport français lors d’une conférence de presse le 16 mars 2024, à Fleury-Mérogis, près de Paris. « Votre passeport, ce n’est pas un os que vous nous donnez comme si les Noirs étaient des chiens. Je suis un homme Noir libre. Je suis un Africain libre. Je suis un Béninois libre », a-t-il affirmé en commettant l’acte symbolique en s’adressant « au gouvernement Macron ».

En février, l’homme était en tournée à Paris, en Guadeloupe et en Guyane. Il a été particulièrement bien accueilli à Cayenne, notamment par des figures publiques, a rapporté le média Streetpress.

Lors de son séjour, il a ainsi tenu une conférence à la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Guyane devant 400 personnes – la CCI a depuis expliqué « ne pas être à l’origine de cette conférence », ayant « juste loué la salle ». Séba a aussi et surtout rencontré et bénéficié du soutien de deux députés français de la Nupes : Davy Rimane et Jean-Victor Castor. Les deux hommes appartiennent au groupe communiste à l’Assemblée nationale – le groupe parlementaire NUPES-GDR (Gauche démocrate et républicaine), où siègent douze députés du Parti communiste et dix députés ultramarins – qui fait partie de l’intergroupe de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (NUPES) avec les groupes La France insoumise, socialistes et écologistes. À l’Assemblée, Davy Rimane est le président de la délégation Outre-mer.

Les deux députés ont par ailleurs reçu le soutien de la France insoumise lors de différents scrutins – le soutien de LFI à Davy Rimane a été sans relâche lors des élections de 2018 (élection partielle) et 2022, tandis que Jean-Victor Castor a lui connu un second tour aux élections législatives de 2022 particulier : soutenu par La France Insoumise guyanaise, il faisait face à Yvane Goua, elle soutenue par la direction du parti La France insoumise.

Sur X, Kémi Séba a ainsi indiqué avoir été reçu « fraternellement » en février par les deux députés d’extrême gauche, qui posent tout sourire avec lui.

Contactés à de nombreuses reprises par StreetPress, les deux députés Nupes n’ont pas répondu. Leur groupe parlementaire, dans l’embarras, a lui estimé que « les députés disposent d’une pleine autonomie ». « Cette rencontre n’a à voir ni avec le groupe ni avec le Parti communiste. À titre personnel, André Chassaigne [député et président du GDR] s’oppose aux positions de Kémi Séba, à l’opposé des valeurs que portent les députés communistes. »

Outre cette rencontre avec les élus de l’Assemblée, Séba a, durant le même séjour, aussi reçu une médaille des mains de la maire de Cayenne, Sandra Trochimara (Nouvelle force de Guyane).

Kémi Séba, 42 ans, de son vrai nom Stellio Capo Chichi, a été par le passé condamné à de multiples reprises en France pour provocation à la haine raciale et violences en réunion. Il s’est depuis exilé en Afrique.

Pourfendeur du « néo-colonialisme » des puissances occidentales en Afrique, il est l’ex-leader de la Tribu Ka, groupuscule qui revendiquait son antisémitisme et prônait la séparation entre Noirs et Blancs, dissout par le gouvernement français en 2006.

Cette année-là, après le meurtre antisémite d’Ilan Halimi, organisé par Youssouf Fofana et son « gang des barbares », Kémi Séba s’était adressé en ces termes haineux – et récurrents de sa part – à plusieurs associations juives : « Que notre frère [Fofana] soit coupable ou pas, nous vous prévenons que si d’aventure, il vous prenait l’envie d’effleurer ne serait-ce qu’un seul [de ses] cheveux au lieu de lui laisser avoir un procès équitable, nous nous occuperons avec soin des papillotes de vos rabbins. » Dans la foulée, il avait revendiqué une descente dans le quartier juif historique de la rue des Rosiers, à Paris, en étant accompagné des militants de son groupuscule suprémaciste.

Ces dernières années, Séba, proche par le passé des extrémistes Alain Soral et Dieudonné, a organisé ou participé à plusieurs manifestations hostiles au franc CFA en Afrique et a été régulièrement interpellé, expulsé ou refoulé notamment de Côte d’Ivoire, du Sénégal et de Guinée.

En France, il a été accusé l’an dernier par le président de la commission Défense de l’Assemblée nationale Thomas Gassilloud (majorité présidentielle) d’être un « relais de la propagande russe » et de servir « une puissance étrangère qui alimente le sentiment anti-français ». Séba aurait ainsi été largement financé par le groupe armé russe Wagner.

De son côté, l’extrême gauche française et La France insoumise en particulier sont depuis longtemps accusés d’antisémitisme. Plusieurs responsables LFI font aussi l’objet d’accusations d’apologie du terrorisme, après qu’ils ont semblé légitimer et justifier les attaques du 7 octobre 2023 en Israël et refusé de qualifier le Hamas de groupe terroriste. Le parti a en outre multiplié les provocations sur ces thématiques ces derniers mois.

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