Une ville néerlandaise interdit un match aux supporters israéliens, Israël exige l’annulation de la décision 

Les autorités d'Alkmaar invoquent la sécurité publique, et non des motifs politiques, après les agressions de supporters du Maccabi Tel Aviv à Amsterdam en 2024

Illustration : Hapoel Beer Sheva lors de son match contre le Maccabi Tel Aviv, au stade Toto Turner, à Beer Sheva, le 16 juillet 2026. (Crédit : Danny Maron/Flash90)

Une ville des Pays-Bas a interdit l’accès des supporters israéliens à un prochain match de football pour des raisons de sécurité. Le ministère des Affaires étrangères a immédiatement demandé l’annulation de cette décision.

Jeudi, le club néerlandais de l’AZ Alkmaar doit accueillir le club israélien du Hapoel Beer Sheva. Les stades européens sont généralement tenus de réserver une partie des places aux supporters de l’équipe adverse. Cependant, à la veille du match, les autorités d’Alkmaar, au nord d’Amsterdam, ont annoncé dans une lettre que cette rencontre présentait un « risque très élevé en raison du contexte géopolitique ».

Par conséquent, les supporters de l’équipe de Beer Sheva ne seront pas autorisés à assister au match, d’après un article publié dans The Athletic. La lettre évoquait des craintes concernant d’éventuelles manifestations et confrontations entre supporters israéliens et manifestants, et précisait que cette décision avait été prise dans le but de préserver « l’ordre public et la sécurité, et non pour des raisons politiques ».

La lettre faisait référence à un match disputé en 2024 à Amsterdam entre le club local de l’Ajax et le Maccabi Tel Aviv, à l’issue duquel des groupes de locaux avaient pourchassé et agressé des supporters israéliens. Des dizaines de personnes avaient été arrêtées et cinq avaient été hospitalisées à la suite de ces chasses à l’homme.

Ces agressions « démontrent que la présence conjointe de supporters de football et de manifestants peut créer une dynamique conduisant à des provocations réciproques, entraînant des troubles », indiquait la lettre, selon The Athletic. Elle ajoutait que si un « déploiement policier à grande échelle » pouvait maintenir les groupes séparés pendant le match, il était « pratiquement impossible » d’empêcher des violences ailleurs « en raison du caractère imprévisible des rencontres ».

Le ministère israélien des Affaires étrangères fait pression sur les autorités néerlandaises pour qu’elles reviennent sur cette interdiction. Dans un communiqué, il indique que le ministre Gideon Saar a soulevé la question auprès de son homologue néerlandais Tom Berendsen et que des discussions ont eu lieu avec le ministère néerlandais des Affaires étrangères et la municipalité d’Alkmaar. Il « exige que les supporters du Hapoel Beer Sheva soient autorisés à assister au match et que leur sécurité soit garantie à l’intérieur et aux abords du stade ».

Isak Jensen, de l’AZ Alkmaar, marquant un but lors du match retour des quarts de finale de la Ligue des conférences opposant l’AZ Alkmaar, au Shakhtar Donetsk, à Alkmaar, aux Pays-Bas, le 16 avril 2026. (Crédit : Patrick Post/AP)

Le ministère et l’ambassade d’Israël à La Haye « continueront à collaborer avec le gouvernement néerlandais et le maire d’Alkmaar pour veiller à ce que les supporters du Hapoel Beer Sheva soient autorisés à assister au match et que leur sécurité soit garantie », a déclaré le ministère.

Les clubs israéliens, ainsi que l’équipe nationale, ont également été confrontés à des difficultés ailleurs en Europe. En 2025, les supporters israéliens avaient également été interdits d’accès à un match organisé par le club anglais d’Aston Villa, une décision qui invoquait également les attaques d’Amsterdam de 2024.

Mais des informations ont par la suite révélé que cette interdiction reposait sur des renseignements erronés et pouvait résulter d’un parti pris. Le chef de la police des West Midlands, Craig Guildford, a démissionné à la suite de ces allégations et, plus tôt cette année, une enquête a été ouverte pour des allégations de fautes professionnelles de la police.

Ces dernières semaines, l’équipe nationale israélienne a disputé deux matchs contre la sélection irlandaise, dont les joueurs ont refusé de serrer la main de leurs homologues israéliens. Les joueurs irlandais ont également baissé la tête pendant l’interprétation de l’Hatikvah, l’hymne national israélien. Les joueurs irlandais portaient des brassards noirs lors du premier match, et les deux équipes en portaient lors du second.

Depuis le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023 et la guerre qui s’en est suivie à Gaza, les responsables du football palestinien et d’autres détracteurs d’Israël n’ont cessé d’appeler la FIFA, l’instance internationale régissant ce sport, à exclure Israël des compétitions, ce que la FIFA n’a pas fait.

Reuters a contribué à cet article.

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