Supporters israéliens interdits de stade : Démission du chef de la police des West Midlands
La démission de Craig Guildford fait suite à l’interdiction, en novembre dernier, des supporters de football israéliens - une décision prise sur la foi d'une IA

Le chef de la police britannique des West Midlands a annoncé vendredi qu’il prendrait sa retraite immédiatement, après avoir été vivement critiqué pour avoir interdit aux supporters du club israélien du Maccabi Tel Aviv d’assister à un match à Aston Villa, l’année dernière.
La police des West Midlands – qui couvre Birmingham dans le centre de l’Angleterre et qui est l’une des plus importantes du Royaume-Uni – avait recommandé que les supporters israéliens ne soient pas autorisés à assister à un match de la Ligue Europa qui était organisé le 6 novembre pour des raisons de sécurité.
Cette décision avait provoqué un conflit diplomatique, peu après une attaque antisémite qui avait coûté la vie à deux hommes dans une synagogue du nord-ouest de l’Angleterre, et alors que les tensions étaient vives en raison de la guerre menée par Israël contre le Hamas à Gaza.
Un rapport publié cette semaine par l’instance de surveillance de la police a révélé que la police des West Midlands avait commis plusieurs erreurs, notamment en fondant sa décision sur un match qui n’avait jamais eu lieu et en omettant d’entrer en communication avec la communauté juive locale.
Dans le sillage de ce rapport, la ministre de l’Intérieur, Shabana Mahmood, a déclaré qu’elle n’avait plus confiance dans le chef de la police, Craig Guildford, qui a annoncé vendredi qu’il prenait sa retraite avec effet immédiat.
« Je suis arrivé à la conclusion que la frénésie politique et médiatique autour de ma personne et de ma fonction nuit à l’excellent travail par ailleurs accompli par mes agents et mon personnel au service des communautés des West Midlands », a-t-il dit dans un communiqué.
La décision d’interdire les supporters israéliens avait été condamnée par les gouvernements britannique et israélien. Les dirigeants de la communauté juive avaient accusé la police d’avoir déformé les renseignements, sapant la confiance portée par le public.
Mahmood a estimé que Guildford avait pris la bonne décision.
« Les conclusions de l’inspecteur en chef étaient accablantes. Elles dressaient une liste de manquements qui ont porté atteinte à la confiance dans la police des West Midlands », a-t-elle expliqué dans un communiqué.
Le match de novembre s’était déroulé sans incident majeur – même si la police avait arrêté onze personnes quand des supporters pro-palestiniens et pro-israéliens avaient manifesté à l’extérieur du stade.
La police avait classé le match de Birmingham, au mois de novembre, comme « à haut risque », citant les précédents matchs du Maccabi et notamment une rencontre de la Ligue Europa à Amsterdam, qui avait donné lieu à des affrontements entre des locaux et des supporters israéliens, les Israéliens ayant été pris pour cible, selon la police néerlandaise.
Dans un rapport de renseignement sur le match, la police avait aussi cité un match entre West Ham et le Maccabi Tel Aviv – qui n’avait jamais eu lieu.
Interrogé à ce sujet par des députés, au début du mois, Guildford avait insisté sur le fait que l’erreur était le résultat d’une recherche sur Google et que la police n’avait pas utilisé l’intelligence artificielle dans ses recherches.
Toutefois, dans une lettre qui a été adressée mercredi aux députés, Guildford a admis que l’information erronée avait été due à l’utilisation de Microsoft Copilot, un chatbot basé sur l’IA.
« Je tiens à présenter mes sincères excuses à la commission pour cette erreur », a dit Guildford, ajoutant qu’il n’y avait « aucune intention de tromper la commission ».
Dame Karen Bradley, présidente de la commission parlementaire des affaires intérieures, avait accusé la semaine dernière la police locale d’avoir « fouillé » pour trouver une raison justifiant l’interdiction.
Une accusation qui avait fait suite à des informations diffusées au mois de décembre par les médias britanniques, qui avaient laissé entendre que la police néerlandaise contestait également les preuves invoquées par la police des West Midlands pour justifier l’interdiction.
La police britannique a affirmé avoir été informée que les supporters du Maccabi avaient été à l’origine de plusieurs incidents violents lors des affrontements de 2024 à Amsterdam – mais ces informations ont été en partie contredites par les politiciens et la police néerlandais.







