Funérailles d’Amiram Cooper et de Sahar Baruch dans le sud d’Israël
'Tu me manques tant', dit la veuve d'Amiram, 'un homme qui écrivait des poèmes' ; la mère de Sahar évoque 'un voyageur, un joueur d'échecs, un kayakiste, un intello'
Les otages assassinés Amiram Cooper, 84 ans, et Sahar Baruch, 25 ans, ont été enterrés dimanche dans leurs kibboutz respectifs de Nir Oz et Beeri, après que leurs corps ont été rendus à Israël la semaine dernière.
Dans la matinée, des centaines de personnes ont assisté aux funérailles d’Amiram dans le sud d’Israël. Elles se sont rassemblées autour de son cercueil recouvert d’un drapeau blanc arborant le logo du kibboutz Nir Oz, qu’il avait contribué à fonder il y a soixante-dix ans.
Son épouse, Nurit Cooper, qui a également été enlevée lors du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, a rendu hommage à son défunt mari, évoquant les moments qu’ils ont passés ensemble en captivité.
« Même dans les tunnels, nous étions ensemble : nous partagions un matelas et le peu de nourriture que nous recevions, et nous espérions revenir vivants », a-t-elle raconté. Nurit a été relâchée par le Hamas dans un geste humanitaire, en même temps que Yocheved Lifshitz, une autre habitante de Nir Oz, quelques semaines après avoir été prise en otage.
Arrivée au kibboutz Nir Oz à l’âge de 18 ans, Nurit se souvient avoir entendu parler d’Amiram comme d’un « garçon qui écrit des poèmes et siffle des mélodies », avant que les deux ne se rencontrent officiellement.
« J’adorais ses poèmes… Par la suite, nous nous sommes connus, sommes tombés amoureux et avons fondé une famille », a-t-elle déclaré.
« C’est une grande perte pour nous tous. La vie sans lui est bien triste. Tu me manques tellement, et je t’aime profondément », a-t-elle déploré.
Le président Isaac Herzog a également assisté aux funérailles et a rendu hommage à Amiram, demandant pardon au nom de l’État pour ne pas avoir réussi à le sauver.
« Je me tiens ici aujourd’hui, la tête basse, pour te demander pardon, Amiram », a déclaré Herzog.
« Je suis désolé, Amiram, que nous n’ayons pas réussi à te sauver à temps des griffes de la captivité. Je suis désolé qu’il nous ait fallu beaucoup trop de temps pour te ramener dans ton pays natal. Je suis désolé que tu aies été capturé alors que tu étais encore en vie, et que tu ne nous reviennes que pour être enterré. »
Il a également présenté ses excuses à la communauté de Nir Oz pour l’incapacité de l’État à la protéger le 7 octobre : « Je suis désolé que nous n’ayons pas été là en cas de danger, désolé que face à des monstres humains, vous ayez dû vous défendre à mains nues pour vous protéger et protéger vos maisons », a-t-il poursuivi.
Rotem Cooper, le fils d’Amiram, a également rendu hommage à son père, évoquant un homme qui avait consacré toute sa vie au kibboutz et n’avait jamais quitté leur foyer, pas même durant les jours les plus difficiles, sous le feu des roquettes.
Il a déclaré que ses parents avaient été « kidnappés par des meurtriers méprisables et abandonnés par des dirigeants mesquins et lâches ».
« Et c’est ainsi que, ce samedi noir, toi et maman avez été kidnappés par d’ignobles meurtriers, et abandonnés par des dirigeants mesquins et lâches », a raconté Rotem, l’un des membres de la famille les plus actifs dans la lutte pour rapatrier le corps sans vie de son père, faisant référence à l’attaque menée par le Hamas le 7 octobre 2023.
Il a demandé pardon à son père « pour notre échec collectif, du Premier ministre d’Israël jusqu’au dernier citoyen, à vous libérer, toi et tes compagnons de captivité, à temps ».
« Cette histoire, papa, aurait pu et aurait dû se terminer différemment, et pour cela, il n’y a pas d’expiation possible », a-t-il ajouté.
Il a fait savoir que son père serait enterré dans le kibboutz qu’il aimait, aux côtés de ses amis de Nir Oz, « une tombe de plus dans une rangée dont la longueur augmente de façon déchirante depuis ce samedi noir », a poursuivi Rotem.
Selon Rotem, l’enterrement de son père, le dernier otage de Nir Oz ramené de Gaza, a marqué la fin d’un cycle pour le kibboutz, même si ses membres n’oublieront jamais les onze autres dépouilles d’otages toujours retenues à Gaza.
Amiram a été pris en otage chez lui avec son épouse, Nurit. Il est apparu dans une vidéo de propagande du Hamas en décembre 2023. En juin 2024, l’armée a annoncé qu’il avait été tué en captivité dans la région de Khan Younès, probablement en décembre, avec les otages Chaïm Peri, Nadav Popplewell et Yoram Metzger, alors que Tsahal menait des opérations dans la région.
Son corps a finalement été rapatrié en Israël jeudi. Outre Nurit, il laisse derrière lui leurs enfants Rotem, Ravit et Srulik, ainsi que neuf petits-enfants.
« Pas assez de souvenirs ensemble »
Sahar a été enterré dimanche après-midi au kibboutz Beeri, en présence de centaines de personnes venues lui rendre hommage. Le jeune homme de 25 ans a été inhumé aux côtés de son frère, Edan Baruch, 20 ans, un soldat de Tsahal qui n’était pas en service et qui a été assassiné par des terroristes du Hamas le 7 octobre 2023.
Dans son éloge funèbre, sa mère, Tami, a déclaré que le « terrible traumatisme » du 7-Octobre « restera à jamais gravé dans nos cœurs ».
Elle a déploré qu’après deux ans de captivité à Gaza, le fait d’être otage soit devenu une partie intégrante de l’identité de son fils.
« Avant cela, tu avais beaucoup d’autres identités, comme celle de voyageur, de joueur d’échecs, de kayakiste, d’érudit, de nerd, de mécanicien métallurgiste, et bien d’autres encore », a-t-elle rappelé.
« J’avais espéré pour toi que tu aurais de nouveaux rôles, comme celui d’ingénieur électricien que tu voulais devenir, celui de petit ami, de père, et bien d’autres encore, mais cela n’arrivera plus », a-t-elle poursuivi.
« Nous avons beaucoup de souvenirs, mais pas assez de souvenirs ensemble. »
Sahar étudiait l’ingénierie à l’université Ben Gurion. Il s’était caché avec son frère Edan dans le mamad – abri antiatomique – de leur maison le 7 octobre, mais les deux avaient dû fuir après que des terroristes du Hamas y avaient mis le feu.
Sahar a été kidnappé alors qu’il était retourné chercher l’inhalateur de son petit frère asthmatique ; Edan a quant à lui été mortellement blessé après être sorti du mamad. Leur grand-mère, Geula, a été tuée séparément à Beeri, lors de l’assaut barbare et sanglant.
En janvier 2024, Tsahal a déclaré que Sahar avait été tué en captivité lors d’une tentative de sauvetage qui avait échoué. Les soldats étaient entrés dans un bâtiment, pensant qu’ils allaient sauver Noa Argamani, mais c’est Sahar qu’ils y avaient trouvé. Les terroristes du Hamas avaient alors ouvert le feu, tuant Sahar. On ignore s’il a été touché par le Hamas ou par ce qu’on appelle un « tir ami ».
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