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Kanye West lors d'un match de basket de la NBA à Los Angeles, le 13 janvier 2020. (Crédit : AP Photo/Mark J. Terrill)
Kanye West lors d'un match de basket de la NBA à Los Angeles, le 13 janvier 2020. (Crédit : AP Photo/Mark J. Terrill)

Kanye West délaissé par ses nombreux fans juifs

Admirateurs de longue date du rappeur antisémite, ils s’interrogent : « Comment réussir à prendre du plaisir en écoutant la musique de quelqu’un qui vous hait ? »

JTA — Simon Vozick-Levinson a suivi Ye – artiste anciennement connu sous le nom de Kanye West – depuis le début de sa carrière. Il dit être devenu fan après avoir entendu la première mixtape du rappeur vers 2002 et qu’il a découvert son premier album, lors de sa sortie en 2004, « The College Dropout, » un album qu’il a écouté en boucle, a-t-il noté. Il dit avoir apprécié les paroles « honnêtes, nuancées et sensibles » de Ye et son « oreille originale » en tant que producteur.

Après l’université, Vozick-Levinson est devenu journaliste musical et a depuis interviewé le rappeur-producteur à plusieurs reprises. En 2010, dans un sondage effectué auprès des critiques musicaux par Village Voice, il se souvient avoir estimé que l’album de Ye « My Beautiful Dark Twisted Fantasy », était le meilleur album de l’année.

Mais il semble que, ces dernières années, le comportement imprévisible de l’homme et ses déclarations provocantes auront pris le pas sur son indéniable aura artistique. Et à l’issue de deux semaines de propos antisémites tenus sur de multiples plate-formes – il avait notamment menacé, dans un tweet, de « se la jouer ‘Death con 3‘ contre les Juifs » – le journaliste a déclaré qu’il ne parvient plus à supporter la musique de Ye.

« Je ne suis pas encore prêt à dire que je n’écouterai plus jamais la musique de Kanye West », a précisé Vozick-Levinson, journaliste et critique musical au magazine Rolling Stone, à la JTA. « C’est une musique qui est importante pour moi, et que j’adore. Mais j’avoue qu’aujourd’hui, écouter un disque de Kanye me donnerait la nausée. »

« Comment réussir à prendre du plaisir en écoutant la musique de quelqu’un qui vous hait ? », a-t-il ajouté.

Vozick-Levinson, qui est âgé de 38 ans, fait partie des nombreux fans juifs de Ye qui ont été décontenancés et révulsés par son antisémitisme décomplexé et incessant. Certains luttent pour dissocier l’homme de l’artiste pour tenter de parvenir à trouver un moyen – si un tel moyen existe – de continuer à suivre la carrière, jusqu’à récemment, exemplaire du musicien et créateur de mode. D’autres affirment cependant, que ce n’est absolument pas un cas de conscience.

Erez Safar, producteur et auteur-compositeur qui vit à Los Angeles et dont les chansons portent souvent sur des thématiques juives, explique avoir été un immense fan du rappeur – jusqu’au mois dernier. « Aujourd’hui, je n’ai vraiment plus envie d’entendre sa voix dans la mesure où, pour moi, elle n’est dorénavant, porteuse que de haine. »

Safar, qui a travaillé avec des ingénieurs du son qui avaient eux-mêmes travaillé avec Ye, déclare qu’il avait pensé que le rappeur était devenu un « illuminé » quand il avait lancé son église éphémère, le Sunday Service, et qu’il avait sorti un album de gospel, « Jesus Is King, » en 2019. Mais depuis, a-t-il ajouté, il n’a fait que dégager de la négativité, comme cela a notamment été le cas lors d’un événement auquel Safar avait pris part à Miami pour la sortie de l’album « Donda 2 », en début d’année.

« Tout était noir », a expliqué Safar qui a noté que Ye et les autres chanteurs portaient des cagoules noires et qu’un décor qui représentait une église, sur la scène, avait été délibérément incendié. CNN a fait savoir que selon d’anciens collaborateurs, Ye était un fervent admirateur d’Hitler et qu’il avait même voulu nommer l’un de ses albums du nom du chef nazi. Safar a qualifié cette révélation de « profondément perturbante à bien des égards ».

Kanye West sur le podcast « Drink Champs », le 16 octobre 2022. (Crédit : Youtube)

Tandis que de nombreux Juifs cessent d’écouter la musique de Ye, d’autres ont choisi de répondre d’une manière plus créative. Kosha Dillz, rappeur juif originaire de New York, a opté pour une riposte 100 % hip-hop : il a écrit un diss – une chanson, presque exclusivement de rap, en argot, violente (voire très violente), ayant pour but d’attaquer un autre rappeur – et en a fait un clip qui a été filmé à Crown Heights, à Brooklyn, une vidéo qui multiplie les vues sur YouTube. Dan Rosen, du duo comique Cannibal Milkshake, a pour sa part eu recours à TikTok pour proposer une solution qui permettrait aux Juifs d’écouter la musique de Ye sans ressentir de la culpabilité, en regardant en même temps « La Liste de Schindler ».

Un certain nombre de Juifs afro-américains s’étaient déjà détournés de Ye en raison des propos que ce dernier avait tenu sur l’esclavage et en raison aussi du soutien qu’il avait apporté à l’ancien président américain, Donald Trump – une période particulièrement pénible.

« Quand vous aimez un artiste, chaque fois qu’il vous déçoit est un déchirement », a indiqué Raven Schwam-Curtis, doctorante en études afro-américaines à l’université Northwestern et créatrice de contenu sur TikTok. « Pour un Juif afro-américain, c’est un moment particulièrement douloureux parce qu’il met vraiment en exergue les tensions qui existent entre la communauté afro-américaine et la communauté juive. Et ça me fend le cœur de voir les gens que j’aime dans une situation si épineuse. »

Raven Schwam-Curtis, doctorante en études afro-américaines à l’université Northwestern, évoquant la controverse sur les propos tenus par Ye sur sa chaîne TikTok et sur Instagram. (Crédit : JTA)

Schwam-Curtis a évoqué la controverse entraînée par les propos de Ye sur sa chaîne TikTok et sur son compte Instagram, qui totalisent à eux deux 91 000 abonnés. Certains commentateurs avaient ainsi tenté de défendre le rappeur, soulignant son trouble bipolaire ou en minimisant la situation. D’autres avaient tenu des propos antisémites. Un internaute avait notamment accusé les Juifs d’être à l’origine de la haine nourrie à leur encontre en raison de leurs « pratiques commerciales des ‘prix prédateurs’ et de leurs magouilles avec les médias ».

« Ce ne sont pas de simples échanges sur Internet », a dit Schwam-Curtis dans une publication parue sur TikTok, mardi soir. « C’est quelque chose qui a un impact sur la manière dont nous percevons le monde qui nous entoure ». La publication comprenait la capture d’écran d’un tweet écrit au sujet de membres de la Ligue de défense des Goyim, qui avaient été photographiés faisant des saluts nazis à côté d’une bannière accrochée sur la rambarde d’un pont au-dessus d’une autoroute de Los Angeles et sur laquelle était inscrit « Kanye a raison à propos des Juifs ».

Née à New York City, Schwam-Curtis, âgée de 24 ans, a grandi à Houston ; elle se rappelle avoir eu beaucoup de plaisir à écouter les albums de Ye quand elle était au collège. Pendant l’entretien accordé à la JTA, elle a entonné le refrain de « Stronger », l’un des plus grands tubes de Ye. Elle a toutefois précisé avoir atteint un « point de non-retour » avec l’artiste en 2016, lorsqu’il s’était rallié à Trump et qu’il avait arboré la fameuse casquette rouge MAGA, « Make America Great Again ».

Son antisémitisme, des plus primaires, n’a donc pas été une surprise pour Schwam-Curtis. « Cette théorie antisémite que les Juifs contrôlent tout, est quelque chose que j’ai entendu circuler dans les communautés afro-américaines dont je faisais partie par le passé ; je n’ai donc pas été surprise », a-t-elle expliqué. « Il a également dit de nombreuses choses contre les Afro-américains et je pense que les gens n’ont pas su comment se positionner, étant lui-même Afro-américain. Il l’avait, alors, échappé belle. De ce fait, je me réjouie qu’il y ait aujourd’hui ce moment de vérité où il lui est demandé de rendre des comptes pour tout ce qu’il a pu dire. »

Les entreprises ont également réagi. Adidas a notamment annoncé que la firme mettait un terme à sa collaboration avec Ye, face aux pressions exercées par le public. Depuis 2015, la compagnie fabriquait les chaussures et les vêtements de la marque Yeezy – qui appartient au rappeur. Ce partenariat avait généré, selon certaines informations, 2 milliards de dollars de revenus l’année dernière. Ye a ainsi perdu son statut de milliardaire, selon Forbes. Balenciaga, Gap, Foot Locker, T.J. Maxx et l’agence artistique Creative Artists Agency ont également rompu leurs liens avec l’artiste.

Kanye West, deuxième à partir de la droite, avant la présentation de la collection automne 2015 Kanye West-Adidas lors de la Fashion Week, à New York, le 12 février 2015. (Crédit : AP Photo/Bebeto Matthews)

Ari Emanuel, super-agent hollywoodien juif de Endeavor, a appelé Spotify et Apple Music à cesser de proposer les albums de Ye en streaming, écrivant dans le Financial Times que « ceux qui continuent à faire des affaires avec West donne une audience à sa haine. Il ne devrait y avoir de tolérance nulle part pour l’antisémitisme de West ».

Le directeur-général de Spotify, Daniel Ek, a condamné les propos de Ye mais a indiqué que l’éventuelle décision de la suppression des albums du rappeur sur la plate-forme ne pouvait être prise que par son ancien label, Def Jam.

Un enseignant juif qui travaillait à la Donda Academy, l’école privée fondée par Ye aux abords de Los Angeles, a également démissionné le 11 octobre avant la fermeture soudaine et inattendue de l’école.

Si Ye a éloigné de lui de nombreux fans juifs (qui sont susceptibles aujourd’hui de se qualifier « d’anciens fans), il a également perdu un soutien considérable parmi les non-Juifs. Alex Toussaint, célèbre instructeur sportif sur la plate-forme Peloton, a annoncé lundi qu’il ne diffuserait plus de chansons de West pendant ses cours. « Vous n’entendrez plus cet artiste dans mes cours, je vous le promets », a-t-il expliqué. « Je ne soutiens pas les discours de haine quels qu’ils soient, mes petits choux. » Deux jours plus tard, Peloton a émis un communiqué de presse disant que la plate-forme avait suspendu « jusqu’à nouvel ordre » les titres de Ye.

Sur la station de radio new-yorkaise de hip-hop Hot 97, le DJ Peter Rosenberg a indiqué que les démonstrations de soutien à l’égard de la communauté juive, en ligne, lui avaient fait chaud au cœur.

« Précisément suite à cette polémique, j’ai vu plus de non-Juifs, que ça n’avait été le cas auparavant, se dresser contre ce qui s’était passé. Je vous en remercie et vous en suis reconnaissant », a-t-il dit. « Black Twitter a très largement considéré ces propos comme immondes et je l’ai bien remarqué. Ce ne sont pas seulement les Juifs qui se sont sentis offensés ». (Black Twitter désigne une communauté informelle d’utilisateurs afro-américains du réseau social).

Le DJ Rosenberg a aussi évoqué au micro la mort de membres de sa famille pendant la Shoah et le camp de personnes déplacées où sa mère était restée en Allemagne. Sur Twitter, son frère, Nick Rosenberg, a partagé une image de leur grand-oncle polonais, Abraham, aperçu en vie pour la dernière fois dans le ghetto de Lwów, en 1942. La légende accompagnant la publication disait en partie « J’adore Ye, et ce depuis la sortie de son album « College Dropout ». Mais ce à quoi il s’attaque aujourd’hui.. ça, ce n’est pas un jeu ».

La non-Juive la plus célèbre à avoir dénoncé Ye a certainement été son ex-épouse, Kim Kardashian – même si cela a été fait sans le nommer directement. Elle a ainsi écrit sur Twitter à l’intention de ses 73,9 millions d’abonnés que « les discours de haine ne sont jamais acceptables ni excusables. Je me tiens aux côtés de la communauté juive et j’appelle à ce que les terribles violences, et la rhétorique haineuse à leur encontre, cessent immédiatement ».

Dans une interview avec Lex Fridman, présentateur de podcast, Ye a reconnu que ses paroles ont pu blesser et a présenté ses excuses à Fridman – lui-même Juif – ainsi « qu’à tous les Juifs à qui il a fait du mal ». Il a également déclaré que les Juifs étaient « [ses] frères ». « Je considère que je suis également lié au Christ, je le ressens ainsi » (Kanye West est chrétien et par ces paroles, il faisait probablement référence au fait que Jésus était Juif). « J’ai le sentiment qu’il est important – pour les fils d’Abraham, peu importe comment il le formule – de se rassembler et de rassembler nos talents pour servir Dieu collectivement », avait-il ajouté.

Yitz Jordan, rappeur juif afro-américain connu sous le nom de Y-Love, a confié à la JTA avoir trouvé ces excuses inappropriées – Ye ayant répété plusieurs tropes antisémites durant le podcast.

Yitz Jordan, connu sous le nom de Y-Love, ancien fan de la musique de Ye. (Crédit : Jordan via JTA)

« Si vous ajoutez [dans la suite de l’interview] que les Juifs contrôlent les médias et qu’ils doivent vous considérer comme Juif, cela annule toute bonne intention de départ », a déclaré Jordan.

Sur Twitter, puis dans un épisode du podcast « Drink Champs » au début du mois, Ye avait exprimé sa conviction que les Noirs sont en fait des Juifs qui descendent des tribus perdues d’Israël. Jordan a déclaré qu’il trouvait cette idée, qui a vu le jour à la fin du XIXe siècle et qui est un principe du mouvement spirituel des Black Hebrew Israelites, offensante et incompatible avec la foi chrétienne professée par Ye. Il a également fait valoir qu’une grande partie des commentaires de Ye sur les Juifs révèle en fait un « amalgame entre Juif et blanc » dans son esprit.

« Je voudrais lui rappeler que tout ce qu’il dit sur les Juifs, il le dit aussi sur les Noirs », a déclaré Jordan. « Où est cette frontière qui te permet de parler des Juifs sans potentiellement pointer du doigt certains de tes propres congénères ? ».

Rappeur chevronné, connu pour se produire en hébreu, en yiddish, en araméen et en anglais, Jordan a déclaré que la musique de Ye faisait partie de sa culture musicale à la fin des années 2000. Mais, à présent, « sa marque est toxique, un vrai déchet », a déclaré le résident de Columbus. « Je n’en ferai rien. »

« Il a vraiment affecté négativement la vie de beaucoup de gens à ce stade, donc la téchouva sera un processus en plusieurs étapes. Ce ne sera pas facile. Mais la première personne envers qui il doit faire téchouva, c’est lui-même, et cela signifie obtenir l’aide dont il a besoin », a répondu Jordan lorsqu’on lui a demandé s’il pensait qu’il serait possible pour Ye de faire téchouva – un processus juif de repentance – et de revenir dans les bonnes grâces de ses anciens fans juifs.

En Israël, où Ye s’est rendu par le passé, le « pétage de plomb » du rappeur a été un sujet de conversation dans les médias – bien qu’à quelques jours d’une nouvelle élection nationale, Ye ne figurait probablement pas au premier plan des préoccupations des Israéliens. Pourtant, le président israélien Isaac Herzog a déclaré à CNN qu’il était « extrêmement heureux, en tant qu’Israélien, en tant que Juif, et en tant qu’être humain » de la « vive réaction » face aux remarques du rappeur.

Noah Shufutinsky est un oleh hadash – nouvel immigrant en Israël – qui a émigré des États-Unis en juillet. Artiste hip-hop noir et juif qui travaille avec l’organisation Israël StandWithUs, il a déclaré à la Jewish Telegraphic Agency qu’il préférait le rap de la côte ouest, qu’il écoutait en grandissant à San Diego, à la musique de Ye. « C’est ce que l’on récolte lorsque l’on a l’habitude de dire des choses insensées et racistes », a déclaré Shufutinsky. « Cela ne change en rien ma façon de considérer son art, car je ne l’ai jamais vraiment fait. »

Shufutinsky – qui se produit sous le nom de Westside Gravy – travaille sur une chanson qui reprend les commentaires de West sur les Juifs. Dans le clip de son prochain single, « Ben Bayit », il y a l’une des récentes déclarations – l’une des plus étranges – sur la façon dont les « sionistes juifs » étaient responsables de la publication d’un détail de la vie intime de Kardashian.

« Ce sont les sionistes juifs qui sont responsables de cette vie », entend-on Ye dire dans le clip. Shufutinsky, qui est âgé de 22 ans, a expliqué que cette phrase fait référence « au sérieux d’une personne dans ce qu’il entreprend ». Il a décidé d’utiliser cette citation dans la chanson qui parle de sa nouvelle vie en Israël, comme s’il répondait à Ye. « C’est une façon de montrer que les sionistes juifs sont fiers de leurs racines et sérieux lorsqu’il s’agit de représenter qui nous sommes et de s’opposer à la haine », a-t-il déclaré. « Il est important de nous définir et de raconter notre propre histoire. »

Un autre rappeur basé en Israël, Ben Blackwell, s’est montré plus clément envers Ye. Né et élevé dans la communauté des Black Hebrew Israelites de Dimona, Blackwell considère l’homme comme un génie, bien qu’il traverse « une période difficile » en ce moment. « Ce n’est pas à Blackwell de le juger », a-t-il dit.

« Il sait comment utiliser sa plate-forme et sa langue, et on ne sait jamais s’il le fait pour attirer l’attention ou si c’est simplement ce qu’il ressent à l’égard des Juifs qu’il a rencontrés dans sa vie », a déclaré Blackwell. « Il y a du bon et du mauvais dans chaque religion, dans chaque nationalité. »

Blackwell, qui est âgé de 29 ans, a connu un grand succès avec la dernière chanson « Israel We Go Hard » de son premier album, il y a dix ans. En tant que membre de la communauté des Black Hebrew Israelites, il a déclaré qu’il n’était pas d’accord avec l’affirmation de Ye selon laquelle les Noirs sont les vrais Juifs.

« Je ne me qualifierais jamais de Juif parce que le mot ‘juif’ vient de la tribu de Juda », a-t-il déclaré. « Il y avait 12 tribus [d’Israël], et je ne saurais dire de quelle tribu je suis issu ». Les membres de la communauté des Black Hebrew Israelites en Israël s’identifient comme des descendants de la tribu de Juda, en général, et mènent un style de vie basé sur la Torah. Ils ne sont, cependant, pas reconnus comme des Juifs selon la halakha, ou loi juive orthodoxe.

« Au lieu de boycotter Ye, nous devrions essayer de comprendre l’origine de ses maux et lui venir en aide », a déclaré Blackwell.

L’Anti-Defamation League (ADL), dans un billet de blog publié le 20 octobre, a rapporté que des groupes extrémistes des Black Hebrew Israelites ont félicité Ye pour avoir « diffusé leurs enseignements » et « lutté contre le contrôle juif ». La communauté des Black Hebrew Israelites à laquelle appartient Blackwell n’est pas liée à de tels groupes.

De retour aux États-Unis, Rami Even-Esh, le rappeur Kosha Dillz, a décidé de ne pas diffuser la musique de Ye pour le moment. « Nous vivons à une époque où il y a plein de grands artistes que nous pouvons écouter », a-t-il déclaré.

Even-Esh se souvient avoir vu Ye interpréter « Jesus Walks » à l’université Rutgers, dans le New Jersey, au début des années 2000, alors qu’il y était étudiant. Il n’avait jamais pensé qu’il sortirait un diss contre le rappeur. Et pourtant, c’est exactement ce qu’il a fait avec « Death Con 3 ». La vidéo avait déjà été vue 86 000 fois le 28 octobre au soir.

« Nous avons essayé de trouver une paire de Yeezy pour les brûler face caméra en signe ultime de manque de respect », a-t-il déclaré. « Mais je n’ai pas pu avoir une paire à temps. »

En tant que membre de l’émission d’improvisation « Wild N Out », Even-Esh travaille avec l’animateur Nick Cannon, qui a lui-même fait face à un scandale pour antisémitisme en 2020. Lors d’une conversation avec le rappeur Professor Griff sur son podcast, « Cannon’s Class », Cannon avait fait l’éloge du leader antisémite de Nation of Islam, Louis Farrakhan, et avait promu des théories du complot sur la prétendue richesse juive et la famille Rothschild. Il avait également qualifié les Noirs de « vrais Hébreux ». ViacomCBS a, depuis, coupé les ponts avec lui.

Contrairement à Ye, Cannon s’était rapidement excusé et avait invité le rabbin Abraham Cooper du Centre Simon Wiesenthal sur son podcast. « Nick est un bon gars », a déclaré Even-Esh. « Ses faux pas ne sont rien comparés à ceux de Kanye. »

« Si vous pensez être à l’abri d’une offense, vous vous ferez contrôler. Peu importe la taille que vous faites », a-t-il ajouté.

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