« 722 terribles jours » : Rassemblement pour la « rédemption » des otages ; le plan Trump progresse

À l'approche de Kippour, des familles d'otages appellent les Israéliens à manifester en masse dans l'espoir que 'les jours de repentance apportent enfin la rédemption', et s'indignent contre le Premier ministre qui n'a nommé que 20 captifs à l'ONU

Des manifestants réclamant la libération des otages de Gaza, à Jérusalem, le 20 septembre 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Des dizaines de milliers d’Israéliens sont attendus samedi soir dans les rues de l’ensemble du pays. Les manifestants exigent du gouvernement qu’il accepte un accord visant à ramener tous les otages et à mettre fin à la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza. Le président américain Donald Trump a promis vendredi qu’un accord était proche.

Les familles des otages vont également souligner le sort de leurs proches à l’approche de Yom Kippour qui débute mercredi soir, le jour le plus sacré du calendrier hébraïque. Les otages croupissent depuis près de deux ans dans les geôles des groupes terroristes palestiniens à Gaza.

Le Forum des familles des otages et disparus, qui représente la plupart des familles des otages, a déclaré que son rassemblement sur la Place des Otages, à Tel Aviv, aurait pour thème « 722 terribles jours », en référence au nombre de jours écoulés depuis le pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre à Gaza, ainsi qu’aux « Dix jours de pénitence » – ou Aseret Yemei Teshuva – qui entourent les fêtes du Nouvel an juif et ont commencé cette semaine.

Le Forum a appelé les Israéliens « à participer à des rassemblements et manifestations de soutien à travers le pays, et à exiger que ces Aseret Yemei Teshuva apportent enfin la rédemption », en référence aux dix premiers jours de l’année du calendrier juif, qui culminent avec Yom Kippour.

Alors qu’Israël relance son offensive pour prendre le contrôle de Gaza-City, le Forum accuse le Premier ministre Benjamin Netanyahu d’avoir choisi « d’élargir le champ des combats et de faire échouer un accord visant à ramener » les otages.

« Agissez selon la volonté du peuple : concluez un accord global pour ramener les 48 otages et mettre fin à la guerre à Gaza », a déclaré le Forum.

Des manifestants réclamant la libération des otages à Gaza, sur la Place des Otages, à Tel Aviv, le 20 septembre 2025. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Parmi les intervenants prévus lors du rassemblement sur la Place des Otages figurent Doron Steinbrecher, ancienne otage relâchée en janvier dans le cadre du dernier accord de cessez-le-feu, Ronen Ohel, frère de l’otage Alon Ohel, Lishay Miran-Lavi, épouse de l’otage Omri Miran, Nira et Yuval Sharabi, respectivement l’épouse et la fille de l’otage assassiné Yossi Sharabi, dont le frère Eli Sharabi a été relâché dans le cadre du dernier accord de cessez-le-feu, ainsi que Maia Chmiel, cousine de l’otage Eitan Horn, dont le frère Iaïr Horn a également été relâché dans le cadre de cet accord.

Iris Shapira, mère d’un soldat, prendra également la parole, dans le cadre des efforts déployés ces dernières semaines par le Forum pour représenter les soldats qui ont combattu pendant la guerre et estiment qu’elle doit prendre fin.

D’autres rassemblements sont prévus dans plusieurs endroits, notamment à Jérusalem, Kiryat Gat et au carrefour de Shaar HaNegev dans le sud, a indiqué le Forum.

Des groupes opposés au gouvernement ont également annoncé leur intention de se rassembler à la Place de Paris à Jérusalem, à proximité de la résidence de Netanyahu, ainsi qu’à l’entrée de la rue Begin menant aux quartiers généraux de l’armée de la Kirya, à Tel Aviv. Jusqu’à récemment, cette entrée, située à un pâté de maisons de la Place des Otages, était le point de ralliement des grandes manifestations anti-gouvernement organisées chaque week-end par les familles des otages, mais celles-ci se sont depuis jointes aux rassemblements anti-gouvernement à Jérusalem.

Le groupe anti- gouvernement Hofshi B’Artzenu (Libres sur notre Terre) a déclaré qu’il manifesterait à l’entrée de la rue Begin et sur la Place des Otages « pour lutter pour le caractère démocratique de l’État d’Israël » après « une semaine au cours de laquelle la nomination du major général (Rés.) David Zini à la tête de [l’agence de sécurité intérieure] du Shin Bet a été approuvée ».

Les critiques ont attaqué Zini pour ses opinions qu’il qualifie lui-même de « messianiques ». Sa candidature, qui a fait l’objet d’importantes contestations juridiques, a été approuvée jeudi par une commission consultative statutaire, garantissant ainsi sa nomination.

Netanyahu a nommé Zini pour remplacer l’ancien chef du Shin Bet, Ronen Bar, qui a accusé le Premier ministre d’avoir fait échouer un accord de cessez-le-feu et d’avoir tenté de mettre fin à une enquête sur ses principaux collaborateurs pour leurs liens criminels présumés avec le Qatar.

Ces manifestations font suite au discours prononcé vendredi par Netanyahu devant l’Assemblée générale des Nations unies, au cours duquel il a provoqué la colère des familles des otages en ne citant que les noms des vingt otages présumés encore en vie, sans mentionner les vingt-huit autres.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’adressant à la 80ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies, au siège de l’ONU, à New York, le 26 septembre 2025. (Crédit : Timothy A. Clary/AFP)

En marge de l’Assemblée générale, Trump a rencontré des dirigeants arabes et musulmans et leur a présenté un nouveau plan américain visant à libérer tous les otages et à mettre fin à la guerre à Gaza.

Ce plan de cessez-le-feu, révélé samedi par le Times of Israel, encourage les Palestiniens à rester à Gaza et prévoit que l’Autorité palestinienne (AP) prenne finalement les rênes de la bande de Gaza, ce qui contredit les déclarations publiques de Netanyahu.

Vendredi, Trump a déclaré qu’il menait des discussions intenses avec les pays du Moyen-Orient en vue de conclure un accord de cessez-le-feu et de libération des otages à Gaza. Il a ajouté qu’Israël et le groupe terroriste du Hamas étaient au courant de ces discussions, qui, selon lui, se poursuivraient aussi longtemps que nécessaire.

Il avait auparavant déclaré aux journalistes qu’un accord visant à mettre fin à la guerre et à libérer les otages était « très proche », une prédiction qu’il a répétée à maintes reprises depuis son retour à la Maison Blanche au début de l’année.

« Je pense que nous avons un accord sur Gaza – nous sommes très proches d’un accord sur Gaza », a-t-il déclaré.

« Il semble que nous ayons un accord sur Gaza. Nous vous tiendrons informés. »

« Cet accord permettra de récupérer les otages. Ce sera un accord qui mettra fin à la guerre. Ce sera la paix », a poursuivi Trump.

« Je pense que nous avons un accord. »

Les pourparlers sur la libération des otages et le cessez-le-feu ont achoppé après que l’armée israélienne a frappé le 9 septembre les dirigeants du Hamas à Doha. Cependant, Trump a déclaré vendredi aux journalistes qu’il pensait qu’un accord à Gaza était « très proche ».

read more:
comments