La commission consultative valide la nomination de David Zini à la tête du Shin Bet
Le cabinet devrait confirmer le choix de Netanyahu après que la commission a écarté les doutes sur l’aptitude de l’ancien général de l’armée israélienne à diriger l’agence
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Jeudi, la commission consultative pour les nominations à des postes de haut niveau a approuvé la candidature de l’ancien général de l’armée israélienne David Zini au poste de directeur du Shin Bet, ouvrant la voie à sa nomination.
Avec cet aval, le cabinet peut désormais voter pour entériner le choix du Premier ministre Benjamin Netanyahu.
Dans une lettre de six pages publiée jeudi soir, signée par l’ancien président de la Cour suprême Asher Grunis, président de la commission, ainsi que par deux autres membres seniors, la commission a indiqué qu’aucun conflit d’intérêts disqualifiant ne s’opposait à la nomination de Zini.
Elle a rejeté l’argument selon lequel Netanyahu ne pouvait proposer de candidat alors que le Shin Bet enquêtait activement sur ses conseillers pour leurs liens présumés avec le Qatar.
La commission a également estimé que, même si Netanyahu avait proposé le poste à Zini dans sa voiture sans avoir au préalable consulté le chef d’état-major de l’armée, une entorse aux usages, cela ne constituait pas pour autant « une atteinte à l’intégrité ».
Elle a reconnu que Netanyahu avait, dans certains cas, « demandé à des candidats au poste de chef du Shin Bet de mener des actions incompatibles avec un système de gouvernement démocratique ». Néanmoins, a rappelé la commission, la prérogative de proposer un candidat revient au Premier ministre.
« La commission a conclu à l’unanimité qu’il n’y avait aucun obstacle d’ordre éthique ni de conflit d’intérêts à la nomination du général de division (à la retraite) David Zini à la tête du Shin Bet et a confirmé que le Premier ministre était légalement habilité à le proposer », a-t-elle déclaré.
La commission a également rejeté les allégations selon lesquelles les propos controversés tenus par le passé par Zini et les membres de sa famille le rendaient inapte à occuper ce poste.
Ces propos incluaient notamment des déclarations de son père, le rabbin Yosef Zini, diffusées début septembre par la Treizième chaîne, où il disait espérer que la Haute Cour de justice « explose ».
Jeudi soir, Ynet a rapporté que la police du district sud avait demandé l’autorisation d’enquêter sur le rabbin, soupçonné d’avoir proféré des menaces. La décision finale reviendra au chef du département des enquêtes et du renseignement de la police, Boaz Blatt, et au bureau du procureur.
Selon le média, des policiers s’étaient rendus au domicile du rabbin jeudi soir pour l’informer, mais il a été décidé à la dernière minute de ne pas encore le convoquer.
L’approbation de cette nomination controversée intervient malgré les objections de quatre anciens directeurs du Shin Bet, qui avaient adressé la semaine dernière des lettres séparées à la commission pour avertir que Zini n’était pas apte à diriger l’agence de sécurité intérieure.
Les quatre anciens chefs – Nadav Argaman, Ami Ayalon, Yoram Cohen et Carmi Gillon – ont mis en garde contre une influence excessive des liens personnels de Zini avec Netanyahu et contre sa « vision du monde extrême », susceptible de fragiliser l’agence de l’intérieur.
Gillon a indiqué que les positions de Zini, telles qu’exprimées dans les écrits et déclarations de ce dernier, « traduisent une vision du monde extrême, bien au-delà du consensus social et politique sur lequel s’est construit l’État d’Israël et dont découlent ses lois ».
Zini, figure controversée, se décrit lui-même comme porteur d’opinions « messianiques ». Il aurait également affirmé en privé devant d’anciens responsables de la sécurité que « le système judiciaire est une dictature qui gouverne l’État d’Israël ».
Selon certaines informations, plusieurs responsables du Shin Bet ont menacé de démissionner si Zini était nommé.
Le chef d’état-major, le lieutenant-général Eyal Zamir, a cependant félicité Zini jeudi soir après la déclaration de la commission, selon un communiqué militaire.
Lors d’un appel téléphonique avec Zini, Zamir s’est dit « convaincu que Zini mettra ses capacités personnelles, son leadership et son expérience de commandant de combat de l’armée israélienne au service du Shin Bet ».
Zamir a en outre souligné que « la coopération entre les organisations est essentielle à la sécurité de l’État et que l’armée israélienne, ainsi que lui-même, le soutiendront autant que nécessaire pour qu’il réussisse dans ses fonctions ».
Zini aurait, lui, remercié Zamir pour ses années de service au sein de l’armée israélienne sous son commandement, selon l’armée, qui a précisé que les deux hommes avaient convenu de se rencontrer prochainement. Zini avait auparavant été écarté de l’armée par Zamir pour avoir négocié avec Netanyahu au sujet du poste de chef du Shin Bet sans l’en informer.
Vendredi, le ministre de la Défense Israel Katz a déclaré avoir lui aussi félicité Zini.
« L’armée israélienne a perdu un général de division exceptionnel, et le Shin Bet a gagné un dirigeant remarquable qui, j’en suis convaincu, saura, avec l’aide de ses équipes, conduire cette organisation essentielle avec talent et détermination dans la période difficile que nous traversons », a déclaré Katz. « Nous avons convenu de travailler ensemble pour la sécurité de l’État d’Israël. »
Le Shin Bet a fait savoir que le chef par intérim de l’agence avait félicité Zini et lui avait souhaité bonne chance dans ses nouvelles fonctions, ajoutant qu’il « lui apporterait toute l’aide nécessaire à sa formation, afin qu’il puisse endosser au mieux ce rôle primordial ».
L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.
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