Quatre de ses anciens chefs s’opposent à la nomination de Zini à la tête du Shin Bet
Nadav Argaman, Ami Ayalon, Yoram Cohen et Carmi Gillon ont envoyé des lettres à la commission des nominations après une mise en garde de 260 fonctionnaires, qui craignent que Zini nuise à la démocratie
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Quatre anciens chefs du Shin Bet ont exhorté la commission des nominations du gouvernement à disqualifier le général de division David Zini au poste de prochain chef de l’agence de sécurité.
Selon les médias israéliens, des informations qu’ils ont relayées dans la journée de mercredi, Nadav Argaman, Ami Ayalon, Yoram Cohen et Carmi Gillon ont soumis des objections distinctes à la commission consultative en charge des nominations de haut-rang. Aucun détail n’a été donné sur le contenu de ces courriers.
Zini est une personnalité controversée qui revendique des points de vue « messianiques ».
Zini a également indiqué, lors de discussions privées avec d’anciens hauts-responsables de la sécurité, que « le système judiciaire est une dictature qui gouverne l’État d’Israël ».
Les quatre lettres ont été envoyées au lendemain d’une mise en garde adressée à la commission par 260 anciens responsables du Shin Bet. Ils ont averti que Zini, qui a été choisi par le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour occuper ce poste, était susceptible de porter atteinte aux valeurs démocratiques s’il devait être nommé.
Dans une missive que la chaîne d’information N12 a mentionnée mardi, les 260 responsables ont averti la commission qu’ils pensaient que Zini ne respecterait pas l’État de droit en cas de conflit potentiel entre la Cour suprême et le gouvernement, s’appuyant sur ses déclarations faites, dans le passé, sur l’autorité judiciaire.
En tant que chef du Shin Bet, Zini « pourrait porter atteinte à l’équilibre qui existe entre les besoins en matière de sécurité et la préservation des valeurs démocratiques de l’État d’Israël », ont affirmé les anciens responsables.
« Le chef du Shin Bet est tenu de faire preuve de loyauté à l’égard du public et il n’a, par ailleurs, aucune loyauté personnelle envers le ministre qui l’a nommé ou envers toute autre personnalité appartenant à la sphère politique. Il doit, bien sûr, montrer l’exemple et il doit être un modèle dans sa conduite vis-à-vis des lois du pays et des institutions de l’État », note la missive.
« Chacune de ces trois obligations, dans la mesure où elles s’avèrent être fondées, constitue une raison de disqualifier la candidature de Zini à ce poste », ont écrit les responsables. « Le Shin Bet est l’agence la plus importante s’agissant du maintien de la puissance d’Israël, tant en termes de sécurité que de démocratie, et nuire à ce tissu délicat pourrait causer d’énormes dommages à l’État d’Israël ».
Zini occupait jusqu’à récemment le poste de chef du Commandement de la formation et du corps d’état-major de Tsahal. Il s’est également impliqué, dans le passé, dans les efforts livrés en faveur du recrutement des soldats ultra-orthodoxes au sein de l’armée.
Il a été renvoyé de l’armée il y a plusieurs mois après avoir discuté de sa possible nomination à la tête du Shin Bet avec Netanyahu sans avertir au préalable le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, de cet entretien.
Selon certaines informations, plusieurs responsables du Shin Bet auraient menacé de démissionner si Zini devait dorénavant prendre la barre de l’agence.
Netanyahu a soumis, jeudi dernier, le nom de Zini à la Commission consultative des nominations de haut niveau, une commission qui est dirigée par l’ancien président de la Cour suprême Asher Grunis.
Zini avait été nommé par le Premier ministre à la tête de l’agence au mois de mai dernier – une nomination qui avait entraîné la polémique dès le début en raison du limogeage controversé de l’ancien chef du Shin Bet, Ronen Bar, par le Premier ministre.
Bar avait été démis de ses fonctions par un vote du cabinet en date du 21 mars – Netanyahu avait alors fait savoir qu’il avait perdu confiance en sa capacité à remplir ses fonctions après le pogrom commis dans le sud d’Israël, le 7 octobre. Il a depuis été remplacé par son ancien adjoint, connu sous le nom de « Shin », à titre provisoire, jusqu’à ce que Zini ou une autre personne soit officiellement nommée à ce poste.
Des groupes de veille du gouvernement ont déposé un recours auprès de la Haute Cour pour dénoncer la décision controversée qui a été prise par le gouvernement s’agissant du licenciement de Bar. Ils ont déclaré que l’homme avait été démis de ses fonctions en raison de son opposition au Premier ministre sur plusieurs questions déterminantes, et non sur la base de ses qualités et de ses aptitudes professionnelles.
La Haute Cour a statué au mois de mai que Netanyahu avait agi de manière illégale en recommandant au cabinet de licencier Bar, affirmant que les enquêtes menées par le Shin Bet sur les proches collaborateurs du Premier ministre – des investigations lancées dans le cadre du scandale du « Qatargate » et dans le sillage de la fuite de documents classifiés auprès des médias – signifiaient qu’il avait eu un conflit d’intérêts dans cette décision, et que le chef de gouvernement n’aurait pas dû s’impliquer. Les délibérations de la Cour ont toutefois été interrompues lorsque Bar a démissionné à la mi-juin.
Le débat sur la nomination d’un chef, au Shin Bet, a suscité une énorme controverse publique, les opposants au gouvernement affirmant que Netanyahu tentait de supprimer les enquêtes qui ont été lancées par l’agence sur ses proches collaborateurs, tandis que la coalition et ses partisans ont soutenu que la procureure-générale et la Cour outrepassaient leurs pouvoirs et qu’ils essayaient d’usurper l’autorité du gouvernement élu.
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