Pour de nombreux universitaires internationaux venus à l’université de Haïfa au début du mois, l’occasion de réseauter avec d’autres spécialistes de leur domaine a représenté une rare opportunité.
Les chercheurs ont déclaré que la conférence sur l’antisémitisme contemporain, qui s’est tenue du 7 au 9 juillet, leur a apporté un sentiment de fraternité et de soutien (renforcé par les vues panoramiques sur la côte méditerranéenne depuis le sommet du mont Carmel), alors même que de nombreux membres du monde académique préfèrent ignorer ou nier le problème de l’antisémitisme.
Certains ont affirmé avoir été victimes de harcèlement anti-juif et anti-Israël – un harcèlement qui a explosé sur les campus universitaires depuis le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023. D’autres ont vu leurs travaux rejetés parce que les universitaires considèrent les études sur l’antisémitisme comme un domaine « secondaire », ou parce que les gens craignent les sensibilités politiques, a expliqué l’organisateur de la conférence, Jacob Dallal, directeur général du Comper Center for the Study of Antisemitism and Racism à l’université de Haïfa.
Les organisateurs ont également lancé la Contemporary Antisemitism Studies Association (CASA), une initiative académique internationale dédiée à l’avancement de la recherche sur l’antisémitisme contemporain et au développement d’un réseau professionnel pour les chercheurs qui l’étudient.
Le Times of Israel est allé écouter quelques-uns des principaux penseurs du domaine échanger leurs idées sur cette haine antijuive qui a explosé à travers le monde au cours des trois dernières années.
« C’est une conférence dangereuse à bien des égards, et je pense que les gens sont ici pour parler d’idées qui sont parfois taboues dans les milieux académiques », a déclaré Sara Hirschhorn, chercheuse senior au Centre Comper, qui a aidé à organiser l’événement.
« Il y a de nombreuses conférences académiques sur l’antisémitisme médiéval ou sur la Shoah, mais lorsqu’il s’agit d’antisémitisme contemporain, il y a beaucoup de choses qu’on n’a généralement pas le droit de dire tout haut. »
De nombreuses réflexions nouvelles et percutantes ont émergé sur l’antisémitisme alors que cette haine s’intensifie à l’échelle mondiale, notamment la théorie dite du « fer à cheval », les appels à repenser l’éducation juive et la création de coalitions, les analyses du paradigme de l’antisionisme, les craintes liées à l’influence musulmane et l’examen de la culpabilité post-Shoah.
Cependant, certains chercheurs ont exprimé la crainte que les universitaires ne fassent que « tourner en rond ».
« Nous travaillons tous très dur pour combattre l’antisémitisme ici et sauver les Juifs », a déclaré Dov Maimon, chercheur senior au Jewish People Policy Institute (JPPI). « Mais je ne suis pas sûr que nous réussissions vraiment ou que nous changions grand-chose. »
Suivez l’argent
Gerald Steinberg, politologue à l’université Bar-Ilan et fondateur du groupe de vigilance NGO Monitor, a estimé qu’environ 80 % de l’antisémitisme observé dans le monde était le produit de campagnes très chèrement financées et organisées par des institutions anti-Israël. Steinberg a déclaré que ses recherches sur les réseaux de financement montraient qu’une très faible part seulement provenait, en réalité, d’individus isolés.
« Derrière toutes ces idées qui circulent, il y a toujours d’importantes sommes d’argent », a-t-il déclaré.
« Ces actions contre les Juifs après le 7 octobre n’ont pas été spontanées. Elles ont toutes été minutieusement préparées à l’aide d’un manuel stratégique (*playbook*) qui a évolué au cours des deux dernières décennies au moins. »
Steinberg a pointé du doigt un large éventail d’organisations internationales, allant des ONG aux organes des Nations unies. Il a particulièrement mis en cause Human Rights Watch, Amnesty International et Médecins Sans Frontières (MSF) dans le cadre de « la poussée coordonnée », a-t-il dit, qui a visé à qualifier les actions d’Israël à Gaza de « génocide » au mois de décembre 2024.
« En l’espace de deux semaines et demie, ces trois organisations massives ont toutes publié de grands rapports et lancé d’importantes campagnes médiatiques proclamant qu’Israël commettait un génocide à Gaza », a-t-il déclaré.
« Ces rapports semblent très détaillés et scientifiques, avec beaucoup de notes de bas de page, mais ils sont tous faux. »
Ces organisations ont rejeté les accusations selon lesquelles leurs critiques à l’égard d’Israël étaient antisémites.
Pendant ce temps, des groupes universitaires comme le groupe militant américain anti-Israël Students for Justice in Palestine (SJP) sont des structures bien financées, qui emploient de nombreux militants permanents qui ont été chargés de gérer des « campements de violences de foule » sur plus de 200 campus à travers les États-Unis, a déclaré Steinberg. Et à l’ONU, la rapporteuse spéciale des Nations unies sur les Territoires palestiniens, Francesca Albanese, utilise les fonds dont elle dispose pour soutenir des positions idéologiques hostiles à Israël, a-t-il ajouté.
La piste de l’argent, que Steinberg a suivie pendant une grande partie de sa carrière, mène à un mélange d’États du Golfe et de fondations ou d’institutions anti-occidentales, a-t-il indiqué.
Pour SJP et d’autres réseaux universitaires, le financement provient probablement du Qatar et d’autres États musulmans, mais « c’est très difficile à tracer », a déclaré Steinberg.
Aux États-Unis, la Fondation Ford, les Open Society Foundations de George Soros et le Rockefeller Brothers Fund figurent parmi les principales sources de financement « d’ONG et de mouvements politiques anti-occidentaux et anti-capitalistes », a-t-il affirmé.
Dans leur cadre idéologique, qui présente l’Occident comme intrinsèquement oppressif et les groupes non occidentaux comme des victimes automatiques, « Israël est la lance qui est pointée sur le cœur des victimes de l’impérialisme occidental », a-t-il ajouté.
Ces institutions utilisent leurs vastes ressources pour porter au premier plan de l’actualité des accusations infondées selon lesquelles Israël commettrait un « génocide » et pour faire de la diabolisation d’Israël un thème dominant dans le monde académique, a déclaré Steinberg. La plupart des étudiants et des militants n’ont pas conscience de cette influence organisationnelle, a-t-il ajouté.
« Les étudiants pensent faire la promotion d’une cause morale et éthique, mais en réalité, ils propagent la haine, la diabolisation et l’antisémitisme, qui financent l’ensemble de leurs affiches et de leurs rassemblements », a-t-il dit.
La fin du judaïsme français ?
Maimon, chercheur senior au JPPI et expert du judaïsme français, a dit qu’il pensait avoir déterminé la date à laquelle des pogroms éclateront contre les Juifs de France : mai 2027.
Une prédiction qu’il a fondée sur des tendances politiques, et non sur des renseignements spécifiques. Mais l’auteur du livre (en français) La Fin du judaïsme français a estimé que les mutations démographiques dans le pays et la radicalisation croissante au sein de pans de sa population musulmane ont placé la communauté juive du pays, forte de 400 000 personnes, dans une position pire qu’il n’y paraît en surface.
Selon les recherches de Maimon, les chiffres officiels sous-estiment considérablement la population musulmane en France. Alors qu’il est communément admis qu’environ 5 à 6 millions de personnes, sur les 69 millions d’habitants du pays, s’identifient comme musulmanes, Maimon affirme que les statistiques sur les prénoms de naissance, les ventes de nourriture halal et les enquêtes sur la pratique religieuse indiquent que le chiffre réel est compris entre 9 et 12 millions, et qu’il augmente rapidement.
Parmi eux, environ 28 %, soit 3,5 millions de personnes, adhèrent à des idées politiques islamistes opposées aux valeurs occidentales, a déclaré Maimon, ajoutant : « Chez les jeunes, c’est encore plus élevé. »
Les tensions dans le pays vont exploser avant l’élection présidentielle d’avril prochain, selon Maimon.
Si le bloc mené par Marine Le Pen l’emporte lors d’un second tour début mai, comme prévu, les islamistes et d’autres vont « descendre dans la rue », a-t-il prédit.
« Pour eux, il est légitime et moral de lutter contre ce qu’ils considèrent comme du fascisme », a déclaré Maimon.
« Il y aura des émeutes, et les Juifs seront les premières cibles. »
Même si ce scénario ne se réalise pas, l’avenir ne semble pas prometteur pour la communauté juive, a déclaré Maimon.
L’évolution démographique mènera finalement le pays à l’un des trois scénarios suivants : la « soumission » à l’islam politique, une « reconquista » nationaliste (la réappropriation de l’identité européenne face à l’influence musulmane), ou une guerre civile – et « aucun de ces scénarios n’est bon pour les Juifs », a-t-il dit.
Bien que la vie juive à Paris semble aujourd’hui vibrante, avec des centaines de restaurants casher et d’institutions religieuses, « la pérennité d’une communauté ne dépend pas de l’intensité de sa vie juive, comme nous l’avons clairement vu avec les communautés d’avant-guerre en Pologne en 1939 », a déclaré Maimon.
« Ce qui est important, c’est de savoir si le gouvernement central va vous protéger contre les gens qui ne vous aiment pas. Et dans l’ensemble, les gens ont clairement fait savoir qu’ils ne seraient pas en mesure de le faire. »
L’antisémitisme pour les féministes
L’antisémitisme est depuis longtemps une influence pernicieuse dans de nombreuses sphères, y compris, selon certains, au sein du mouvement féministe. Aujourd’hui, des éléments anti-Israël sont sur le point de faire reculer de plusieurs années le militantisme pour les droits des femmes, a déclaré Kara Jesella, autrice du nouveau livre controversé Feminist Antisemitism: An Intellectual History.
Jesella soutient que l’idée de présenter les Juifs comme faisant partie d’un patriarcat privilégié a été présente dès les premières années du mouvement américain et qu’elle a ressurgi à la suite des violences sexuelles commises par le Hamas le 7-Octobre.
« C’est une idée choquante pour beaucoup de monde, parce que de nombreuses figures majeures du féminisme, comme Betty Friedan et Gloria Steinem, étaient juives », a déclaré Jesella.
Au fil du temps, soutient Jesella, les attitudes antijuives se sont ancrées dans certaines parties de la théorie féministe à travers des concepts tels que les études sur la blancheur – whiteness studies -, l’intersectionnalité et l’antisionisme queer, qui ont contribué à percevoir les Israéliens comme des « Blancs » privilégiés.
Les courants de la culture « woke » moderne ont été présents « presque dès le début », le livre de Friedan, publié en 1963, La Femme mystifiée, « ayant suscité des réactions négatives de la part de féministes socialistes, de femmes de couleur radicales et de féministes noires radicales », a-t-elle noté.
Ainsi, alors qu’une grande partie du mouvement #MeToo de ces dernières années insistait sur l’importance de croire les femmes qui signalent des agressions sexuelles, certains cercles de militantes et d’universitaires féministes ont remis en question ou minimisé les violences sexuelles commises par le Hamas, malgré des preuves et une documentation abondantes.
Lors d’un discours d’ouverture à la conférence, Cochav Elkayam-Levy, une juriste qui a travaillé sans relâche pour documenter ces atrocités, a déclaré que les efforts généralisés visant à nier ou à ébranler la crédibilité des témoignages et des preuves des victimes représentaient une « crise de la vérité ».
« Elles pensent que dénoncer les viols nuira aux ‘communautés de couleur’ comme les Palestiniens, et que les protéger est plus important que de prendre en compte le vécu des femmes israéliennes », a déclaré Jesella.
« Quand ces personnes disent qu’elles ne sont pas sûres que [les viols] aient eu lieu, ce qu’elles veulent dire en réalité, c’est qu’elles s’en fichent que cela soit arrivé. »
Mais Jesella a averti que rejeter les accusations de viol portées par les femmes israéliennes risquait d’ébranler des décennies de sensibilisation féministe aux violences sexuelles.
« Je pense que beaucoup de ces décisions auront des conséquences à long terme pour les victimes de violences sexuelles », a-t-elle déclaré.
« Elles créent des précédents qui vont nuire aux femmes mêmes qu’elles sont censées soutenir. »
Apprendre des refuzniks
Le « nouvel antisémitisme » qui se propage à travers les institutions occidentales n’a rien de nouveau, affirme Izabella Tabarovsky, chercheuse senior au Centre Comper.
« Tout ce mouvement existait déjà en Union soviétique de 1967 jusqu’à l’effondrement de l’URSS », a-t-elle déclaré.
« Ce n’étaient pas les slogans actuels ‘Free, free Palestine’, mais ils assimilaient le sionisme au racisme, au colonialisme, à l’apartheid, au génocide, à l’impérialisme et au fascisme. Tout y était déjà. »
L’antisionisme soviétique, qui a évolué depuis l’hostilité bolchevique initiale jusqu’à la propagande conspirationniste de Staline, a systématiquement recadré le sionisme comme un rassemblement de péchés politiques, a expliqué Tabarovsky, ce qui a créé un mouvement qui a fait boule de neige et qui a mené à la marginalisation, à la haine, à la violence et à l’exclusion des domaines académiques et professionnels.
« Je sais qu’il est tard pour faire des prédictions maintenant, mais cela fait des années que je dis que les Juifs américains seront confrontés aux mêmes choses », a-t-elle déclaré.
Pour riposter, a expliqué Tabarovsky, les jeunes Juifs devraient s’inspirer de la méthode des refuzniks, ces Juifs soviétiques qui avaient protesté contre le communisme et qui avaient finalement contribué à accélérer la chute du bloc soviétique. Son livre, Be a Refusenik: A Jewish Student’s Survival Guide, juxtapose les histoires de dirigeants juifs russes et celles d’étudiants juifs qui dirigent aujourd’hui des mouvements sur les campus.
« Les Juifs réussissent le mieux lorsqu’ils se réapproprient leur sionisme alors même que leur environnement leur demande de l’abandonner », a déclaré Tabarovsky.
« Si vous faites simplement ce que votre environnement hostile vous demande, il y aura de plus en plus d’exigences, et quoi que vous fassiez, ce ne sera jamais suffisant. »
Une lettre ouverte qui avait été rédigée par des étudiants juifs de l’université Columbia lors des campements de 2024 correspond de manière « incroyablement précise » à un essai qui avait été écrit par un refuznik en 1969, dans lequel l’auteur proclamait son refus de renier ses déclarations antérieures sur Israël et le sionisme, malgré une pression immense venant de ce qui ressemble dorénavant à l’ensemble du pays, a noté Tabarovsky.
Tabarovsky a exhorté les étudiants juifs à s’instruire sur Israël, à développer des partenariats avec d’autres « compagnons d’armes » et à « créer l’inattendu » lors des manifestations publiques.
« Je ne dis pas que vous devez détourner un avion [comme cela avait été tenté à Léningrad en 1970], mais vous devez trouver un moyen de rendre votre message public. »
Enfin, a déclaré Tabarovsky, les Juifs doivent éviter de se définir à travers une « mentalité de victime », en approfondissant leur identité juive au lieu de s’en détourner. Elle a cité un message qu’elle avait entendu de la bouche de l’ancien leader refuznik Natan Sharansky : « Ce n’est que lorsque j’ai découvert mon identité que j’ai trouvé la force de me battre pour ma propre liberté et pour celle des autres. »
Le problème de l’intelligence artificielle
Pour David Barak-Gorodetsky, responsable du Centre Comper et directeur du programme Ruderman d’études juives américaines de l’université de Haïfa, les forces les plus importantes qui redéfinissent le paysage de la lutte contre la haine des Juifs sont les nouvelles technologies.
« L’impact combiné de l’IA et des réseaux sociaux a entraîné une transformation majeure dans la manière dont l’antisémitisme se propage », a déclaré Barak-Gorodetsky. L’IA permet en effet la création de volumes considérables de contenus antisémites « synthétiques », tandis que les réseaux sociaux permettent de les partager instantanément à travers le monde.
Ces dernières années, les groupes de veille de l’antisémitisme se sont de plus en plus orientés vers le plaidoyer en faveur d’une plus grande modération dans ces domaines. L’Anti-Defamation League (ADL), par exemple, a fait pression sur Meta, propriétaire de Facebook et d’Instagram, pour renforcer la protection contre les contenus à caractère haineux et contre les campagnes d’influence menées par des États, demandant égaement de mieux surveiller les biais de l’IA.
Compte tenu de l’ampleur et de la portée du problème, l’une des solutions les plus efficaces consiste, selon Barak-Gorodetsky, à ce que des plateformes telles que Meta et X continuent de développer des outils de conformité autonomes capables de supprimer automatiquement les contenus offensants avant qu’ils ne se propagent. Or, au lieu de recourir davantage à ce type de technologie pour éliminer les discours de haine, Meta a en réalité pris des mesures pour affaiblir son système de modération.
Un défi à plus long-terme consiste à s’assurer que des contenus à caractère haineux ne seront pas utilisés pour entraîner les systèmes d’IA, ce qui « polluerait » concrètement les grands modèles de langage (LLM) pour les futurs utilisateurs. Dans ce domaine, un travail politique et juridique est mené pour inciter les développeurs d’IA à être plus prudents quant aux ensembles de données qu’ils utilisent pour traiter l’information, a indiqué Barak-Gorodetsky.
Inverser les tendances dans le milieu académique
Après les turbulences auxquelles les universités ont été confrontées depuis le 7-Octobre, Dallal, l’organisateur de la conférence, a estimé que le monde académique se trouvait peut-être à un tournant.
« Lors des flambées précédentes au Moyen-Orient, les incidents antisémites connaissaient généralement un pic temporaire, puis les choses revenaient plus ou moins à la normale », a déclaré Dallal.
« Mais ces dernières années, nous avons senti le sol se dérober sous nos pieds, avec le sentiment d’être en territoire inconnu, sans savoir où nous allons finir. »
Rétrospectivement, a déclaré Dallal, les dirigeants juifs ont mal interprété ou ignoré les signaux d’alarme sur les campus.
« Nous avons eu ces théories postcoloniales qui ont fermenté dans l’université au cours des 20 ou 30 dernières années, et personne n’y a prêté attention », a-t-il dit. « Dans le même temps, le mouvement anti-Israël Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) a pris le contrôle des départements d’études du Moyen-Orient dans presque toutes les universités. Et tout cela s’est produit littéralement sous le nez de Juifs qui faisaient des dons à ces institutions ».
« Cette autosatisfaction a été complètement volée en éclats après le 7-Octobre. »
Ce qui se passera ensuite dans le monde universitaire aura d’immenses répercussions sur la société dans son ensemble, a déclaré Dallal. Il est nécessaire de mieux éduquer les gens sur Israël, mais la tâche la plus importante consiste à construire un cadre intellectuel et moral de contrepoids pour contester l’air du temps hostile sur les campus – plutôt que de simplement réagir à ses dangers.
« Lorsque les courants idéologiques sont totalitaires dans leur mode de pensée, les Juifs en font toujours les frais », a déclaré Dallal.
« Cette vision du monde ne permet ni les différences ni les contradictions, or les Juifs sont toujours différents et remplis de contradictions. »
Ce qui est nécessaire à la place, a-t-il dit, c’est un mouvement vaste et à long-terme vers une façon de penser plus dynamique et intrinsèquement libérale, qui encourage les gens à créer des espaces pour d’autres idées concurrentes avec lesquelles ils ne sont pas d’accord.
« Cela n’a rien à voir directement avec les Juifs ou Israël, mais c’est crucial pour l’avenir de l’Occident », a-t-il affirmé.
« Le monde académique est l’endroit d’où ces changements se diffuseront dans l’ensemble de la société », a déclaré Dallal.
« Aujourd’hui, c’est nous les dissidents. »
la Communauté du Times of Israël !
