Opinion

Une journée lumineuse, exaltée et imparfaite en Israël, deux ans après la pire

Non, la guerre n'est pas finie, le Hamas n'est pas anéanti et tous les otages ne sont pas rentrés ; mais Donald Trump a sauvé 20 mondes ; espérons que ce ne soit que le début

Montage photos dans le sens des aiguilles d’une montre : le président américain Donald Trump s'adressant à la Knesset, le 13 octobre 2025 ; l'ex-otage libéré faisant un geste à son arrivée avec sa famille à l'hôpital Rabin-Beilinson, à Petah Tikva, le 13 octobre 2025 ; des manifestants brandissant des affiches représentant certains des otages assassinés qui n'ont pas été rendus à Israël, sur la Place Habima, à Tel Aviv, le 14 octobre 2025 ; capture d'écran d'une vidéo diffusée par la chaîne Telegram al-Aqsa TV, gérée par le Hamas, le 13 octobre 2025, montrant des terroristes armés du Hamas exécutant des hommes aux yeux bandés, ligotés et à genoux, entourés par une foule dans une rue de Gaza-City. (Crédits : Evelyn Hockstein/Pool via AP ; REUTERS/Stoyan Nenov ; Yael Gadot/Mouvement de protestation pour la démocratie ; Al-Aqsa TV/AFP)

La guerre n’est pas terminée, ni pour Israël ni pour le Hamas, peu importe le nombre de fois où l’étonnant président américain Donald Trump annonce qu’elle l’est, ou le nombre de documents contradictoires que les négociateurs israéliens et du signent solennellement. Elle n’est pas terminée, car les les deux objectifs déclarés et nécessaires d’Israël pour cette guerre n’ont pas été pleinement atteints : de nombreux otages morts n’ont pas été restitués et le Hamas n’a pas été irrémédiablement incapable de se relever à Gaza.

Et pourtant, lundi a été le jour le plus joyeux pour Israël depuis le pire jour de son histoire, il y a exactement deux ans. Pour la première fois depuis l’irruption du Hamas en Israël dans une orgie de barbarie meurtrière, un massacre de masse qui, selon lui, mènerait à notre destruction, il n’y a plus d’otages vivants retenus captifs dans les profondeurs infernales de l’État terroriste du Hamas à Gaza.

Grâce à la volonté du président américain et à la coopération prudente du Premier ministre israélien, dix-neuf otages ont pu retrouver leurs familles. Vingt vies ont été sauvées.

Scènes de salut

Ces retrouvailles étaient sans précédent. Des âmes vivantes étaient revenues des profondeurs de l’abîme. Elles étaient là, dans un état à priori normal – marchant, parlant, s’embrassant, souriant – après avoir passé sept cent trente-huit jours entre les mains de monstres.

Au cours de ces premiers instants de liberté, nos otages libérés ont défié l’entendement.

Evyatar David, otage détenu par le Hamas, filmé en train de creuser ce qu’il craint être sa propre tombe dans un tunnel à Gaza, dans une vidéo de propagande du Hamas dont sa famille a autorisé la publication le 2 août 2025. (Crédit : Autorisation)

La dernière fois que nous avions vu Evyatar David, il était décharné, contraint par ses geôliers de creuser ce qui, selon eux, serait sa propre tombe dans un tunnel de Gaza.

Et maintenant, il était là, dans un hélicoptère de l’armée israélienne, sa mère à ses côtés, calme et serein, écrivant sur un tableau blanc : « Personne n’est plus heureux que moi de revenir parmi vous, peuple d’Israël. »

L’ex-otage Evyatar David, dans un hélicoptère de l’armée israélienne après avoir été relâché des geôles du Hamas le 13 octobre 2025, tenant un tableau blanc sur lequel il a écrit : « Personne n’est plus heureux que moi de revenir parmi vous, peuple d’Israël. » (Crédit : Porte-parole de l’armée israélienne)

David et son ami Guy Gilboa-Dalal ont été conduits de force par leurs geôliers dans une camionnette pour assister, près de la scène, à la cérémonie obscène de propagande en février, au cours de laquelle Omer Shem Tov, Eliya Cohen et Omer Wenker ont été relâchés. Ils ont été filmés en train de supplier pour leur vie et leur liberté.

Guy Gilboa-Dalal, otage détenu par le Hamas, s’exprimant dans une vidéo diffusée par le groupe terroriste le 5 septembre 2025. (Crédit : Autorisation)

Et voici Guy, retrouvant sa famille à la base militaire de Reïm, saluant depuis un hélicoptère, accueillant d’autres proches à l’hôpital – lui, calme et souriant ; eux, submergés par l’émotion.

L’ex-otage Guy Gilboa-Dalal saluant à son arrivée à l’hôpital Rabin, le 13 octobre 2025 (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

Les frères Cunio, David et Ariel, enlevés avec leurs proches qui ont depuis été libérés, ont choisi de retrouver leur famille en surgissant derrière un mur de l’hôpital ! Qui sont ces personnes ?


Quant à ceux qui ont retrouvé leurs proches, leur joie et leur soulagement lors de ces premières secondes de retrouvailles se sont traduits par des cris et des hurlements déchirants, venus du plus profond de leur âme. Des larmes, un souffle coupé, une joie douloureuse. Et des étreintes si fortes qu’on craignait pour les os de ces hommes délivrés.

Ce sont là des scènes de rédemption. Pour ceux dont la vie a été sauvée. Pour les familles et les proches à qui ils ont été rendus. Et, très probablement, pour notre nation qui, dans sa grande majorité, voire à l’unanimité, a refusé de les abandonner.

Montage photos des vingt otages vivants relâchés le 13 octobre 2025 : Première rangée, de gauche à droite : Elkana Bohbot, Matan Angrest, Avinatan Or, Yosef-Haïm Ohana, Alon Ohel. Deuxième rangée, de gauche à droite : Evyatar David, Guy Gilboa-Dalal, Rom Braslavski, Gali Berman, Ziv Berman. Troisième rangée, à partir de la gauche : Eitan Mor, Segev Kalfon, Nimrod Cohen, Maxim Herkin, Eitan Horn. Dernière rangée, à partir de la gauche : Matan Zangauker, Bar Kupershtein, David Cunio, Ariel Cunio, Omri Miran (Crédits : Times of Israel ; Armée israélienne et Bureau du Premier ministre)

« Ne nous oubliez pas »

Et qu’en est-il des otages morts qui ne sont pas encore revenus ?

Qu’en est-il de leurs familles – des personnes comme Ruby Chen, père du défunt soldat otage Itay, qui a supplié la nation mercredi matin : « Ne nous oubliez pas » ; qui a demandé aux Israéliens de revenir samedi soir sur la Place des Otages pour un nouveau rassemblement, car il s’avère que celui de la semaine dernière, avec les discours poignants de Steve Witkoff et de Jared Kushner, n’était finalement pas le dernier ; qui nous a suppliés de ne pas retirer nos pins jaunes dédiés aux otages, comme l’a fait solennellement le président de la Knesset lors de son interminable discours devant Trump lundi après-midi ?

Ruby Chen, père d’Itay Chen, soldat otage israélien assassiné, participant à une manifestation pour réclamer la libération des otages détenus par les terroristes du Hamas dans la bande de Gaza, devant l’ambassade américaine, à Tel Aviv, le 4 juillet 2025. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Et qu’en est-il de ces familles d’otages non récupérés qui partagent actuellement un sort insoutenable : attendre désespérément un appel qui leur confirmera la pire des nouvelles ?

Lundi soir, Yael Adar, la mère de Tamir, a accusé le gouvernement d’avoir trahi sa famille et les autres personnes toujours consignées dans un limbe infernal, en ne parvenant pas à imposer des conditions qui obligeraient le Hamas à restituer tous les corps qu’il pourrait localiser.

Et quelque part entre le plan de paix initial de Trump pour Gaza, en vingt points, présenté le 29 septembre, et l’accord de cessez-le-feu et de libération des otages signé par Israël et le Hamas à Charm el-Cheikh le 9 octobre, on a manifestement laissé passer quelque chose.

Yaël Adar, mère de l’otage Tamir Adar détenu dans la bande de Gaza, lors d’une conférence de presse, à Tel Aviv le 4 décembre 2023. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Le document du 29 septembre stipulait simplement : « Dans les 72 heures suivant l’acceptation publique de cet accord par Israël, tous les otages, vivants et morts, seront rendus. Une fois tous les otages relâchés, Israël libérera 250 prisonniers condamnés à perpétuité ainsi que 1 700 Gazaouis arrêtés après le 7 octobre 2023, dont toutes les femmes et tous les enfants détenus dans ce cadre. Pour chaque dépouille d’otage israélien restituée, Israël libérera les dépouilles de quinze Gazaouis morts. »

Cependant, l’accord du 9 octobre, dans l’une de ses clauses complexes, donnait au Hamas la possibilité de ne pas restituer tous les otages morts dans les 72 premières heures, mais simplement de transférer, pendant cette période, « toutes les informations qu’il avait obtenues concernant les otages morts restants ».

Il était largement entendu que le Hamas ne serait pas en mesure de localiser et de récupérer rapidement toutes les dépouilles des otages décédés. Mais, comme l’a souligné Adar, l’accord du 9 octobre a renoncé au moyen de pression nécessaire pour garantir que le Hamas ferait tout son possible pour les retrouver et les restituer. Il est important de noter qu’Israël n’a pas conditionné la libération des terroristes et des détenus au retour de tous les otages morts que le Hamas pouvait raisonnablement restituer. En effet, la libération de 2 000 prisonniers a eu lieu dès que les vingt derniers otages encore en vie ont été relâchés et ont pris le chemin du retour, lundi, alors qu’il était déjà évident que le Hamas n’avait l’intention de restituer que quatre corps ce jour-là.

On s’attendait à ce que 7 à 15 des 28 défunts ne soient pas rapatriés dans le délai imparti de 72 heures, mais personne n’avait évoqué publiquement la possibilité que le Hamas n’en renvoie que quatre.

Il faut également reconnaître que, mardi, Trump a insisté sur le fait que « le travail n’est pas terminé », car les corps des otages « n’ont pas été rendus comme promis ». Netanyahu et Trump ont menacé le Hamas de représailles violentes si cette situation n’était pas rapidement réglée. D’autres corps sont actuellement en cours de restitution. Cependant, comme l’a fait savoir Israël par l’intermédiaire des médiateurs de l’accord, le Hamas sait exactement qui il est en mesure de restituer et se joue manifestement d’Israël et des États-Unis.

Des Gazaouis accusés de collaboration avec Israël, les yeux bandés quelques instants avant leur exécution par des terroristes armés du Hamas, dans une rue de Gaza-City, le 13 octobre 2025. (Crédit : Capture d’écran/X)

De la même manière, la décision malavisée d’Israël de suspendre l’aide à Gaza entre mars et mai pour faire pression sur le Hamas, ainsi que la décision incompréhensible de Trump d’autoriser temporairement le Hamas à contrôler Gaza, provoquant une vague d’exécutions sommaires et d’autres meurtres, témoignent d’une incapacité persistante à intégrer pleinement le fait que le Hamas est une organisation terroriste islamiste extrémiste déterminée à éliminer Israël et à tuer les Juifs.

Trump a résolument interprété la réponse conditionnelle du Hamas à ses vingt points comme la preuve que le groupe terroriste était désormais « prêt pour une paix DURABLE », ignorant les réserves exprimées dans la réponse du Hamas. Et heureusement, il a utilisé cette réponse pour conclure l’accord qui a sauvé ces vingt vies.

Mais le Hamas n’est pas prêt, loin s’en faut, à accepter un accord de paix durable. Il vit pour tuer.

Une occasion manquée de normaliser les relations

Nous ne savons toujours pas exactement pourquoi Netanyahu a choisi de ne pas accepter l’invitation de dernière minute et à contrecœur du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi à participer, lundi soir, au sommet des dirigeants mondiaux à Charm el-Cheikh.

Il est peu probable que le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui exècre Israël et soutient le Hamas, et qui aurait survolé l’Égypte en refusant d’atterrir si Netanyahu s’y rendait, ait réellement préféré rentrer chez lui plutôt que de partager la même salle de conférence que lui. Mais si c’est le cas, bon débarras.

Il est également peu probable que la présence de Netanyahu à un tel événement lors de Simhat Torah, susceptible d’interrompre la fête, ait déclenché une crise de coalition générée par les ultra-orthodoxes, comme l’ont suggéré certains médias, car un tel voyage pouvait à juste titre être considéré comme susceptible de sauver de nombreuses vies au passage.

Il est toutefois tout à fait possible que le Premier ministre, constamment effrayé par les menaces incessantes de « départ » proférées par ses partenaires d’extrême droite au sein de la coalition, ait craint que son gouvernement ne s’effondre s’il était vu en train de discuter avec un autre invité de dernière minute : le dirigeant de l’Autorité palestinienne (AP), Mahmoud Abbas.

Le président américain Donald Trump (à gauche) et le dirigeant de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, lors du sommet pour la paix à Gaza à Charm el-Cheikh, en Égypte, le 13 octobre 2025. (Crédit : Yoan Valat, Pool via AP)

La déclaration officielle du bureau du Premier ministre était que le sommet tombait pile au moment de Simhat Torah, le deuxième anniversaire du massacre perpétré par le Hamas selon le calendrier hébraïque.

Mais cette absence aura été une opportunité manquée. Une occasion ratée qui n’avait pas tant à voir avec la contribution israélienne à la déclaration de Gaza adoptée et signée lors du rassemblement, aussi bien intentionnée que puisse être ce morceau de papier. Il s’agissait plutôt d’une rare occasion de normaliser la présence d’Israël aux côtés des dirigeants arabes et musulmans avec lesquels l’État hébreu souhaite établir des relations.

Le mois dernier, à l’occasion de l’Assemblée générale des Nations unies, Trump avait interdit à Abbas de se rendre aux États-Unis, l’obligeant à prononcer son discours par vidéoconférence. Pourtant, à Charm el-Cheikh, il a posé pour une photo et a eu une brève conversation amicale avec lui, le réintégrant ainsi publiquement dans le giron et signalant l’implication de l’Autorité palestinienne dans l’avenir de Gaza. Netanyahu, lui, coincé chez lui, a exclu Israël de ce rôle parmi les dizaines de dirigeants régionaux et mondiaux présents.

La mission inachevée de Trump

Ce président américain est une force de la nature.

Il s’est fixé pour objectif de libérer les otages et de mettre fin à la guerre à Gaza, et il a réalisé des progrès sans précédent dans ces deux domaines. Il a poussé les forces en conflit à s’aligner grâce à sa seule volonté présidentielle et s’est engagé à utiliser sans relâche le pouvoir de sa fonction jusqu’à ce qu’elles y parviennent pleinement.

Son discours à la Knesset a été une preuve publique extraordinaire de sa personnalité, de ses efforts pour réécrire l’histoire alors même qu’elle se déroule, de son humour et de son imprévisibilité.

Il a proclamé que « le monde aime à nouveau Israël », alors que les manifestations, les boycotts, l’inefficacité des gouvernements occidentaux et la flambée de l’antisémitisme prouvent incontestablement le contraire.

Le président américain Donald Trump s’adressant à la Knesset, le 13 octobre 2025. (Crédit : Evelyn Hockstein/Pool via AP)

Il a affirmé que l’Iran ne relance pas et ne relancerait pas son programme nucléaire, et qu’il savait mieux que le régime iranien que celui-ci souhaitait en réalité la paix. « Même s’ils disent : ‘Nous ne voulons pas conclure d’accord’, je peux vous assurer qu’ils veulent conclure un accord. D’accord ? Ils le veulent. Ils veulent conclure un accord. Et nous verrons si nous pouvons faire quelque chose », a-t-il affirmé devant la Knesset. « Rien ne serait plus bénéfique pour cette région du monde que de voir les dirigeants iraniens renoncer au terrorisme, cesser de menacer leurs voisins, arrêter de financer leurs mandataires militants et enfin reconnaître le droit d’Israël à exister. Ils doivent le faire… Et cela va se produire. »

Il a déclaré que les dirigeants arabes et musulmans qu’il s’apprêtait à rencontrer en Égypte deviendraient les partenaires, voire les amis d’Israël, même s’il avait dû intervenir personnellement plus tôt dans la journée pour persuader Sissi d’inviter Netanyahu à se joindre à eux, et que le président indonésien, pris de doutes, renonçait à se rendre en Israël le lendemain, comme cela était prévu.

Il a réussi à reprocher à Netanyahu d’avoir combattu trop longtemps à Gaza, tout en le félicitant d’avoir su qu’il était temps d’arrêter et d’avoir eu le courage de mettre fin à une guerre dont le Premier ministre israélien n’a pas encore déclaré la fin.

Je viens de lire ce passage extraordinaire, dont une partie, je suppose, provient de son texte préparé, et une autre partie est improvisée :

« J’ai dit à Bibi : ‘Tu sais, le monde est grand, il est fort et… au final, c’est le monde qui gagne.’ Et pour l’instant, nous n’avons pas à nous inquiéter à ce sujet. Mais il y a eu une période, ces derniers mois, où le monde et Israël voulaient la paix. Tout le monde voulait la paix. Tout le monde. »

« Et quelle victoire, n’est-ce pas ? Quelle victoire ! Si vous aviez continué à vous battre pendant trois ou quatre ans de plus, ça aurait mal tourné. Ça commençait à s’envenimer. Le timing est parfait. »

« Et j’ai dit : ‘Bibi, on se souviendra beaucoup plus de toi pour cela que si tu avais continué à faire durer les choses, à tuer, tuer, tuer. Ce ne serait pas la même chose.’ »

« Et je tiens simplement à te féliciter d’avoir eu le courage de dire : ‘Ça y est. Nous avons gagné, maintenant profitons de la vie, reconstruisons Israël, rendons-le plus fort, plus grand et meilleur que jamais. C’est ce que nous allons faire.’ Il fallait beaucoup de courage pour cela. »

Ce que le Times of Israel a résumé dans le titre de la transcription du discours du président : « Israël a gagné la guerre. Vous ne pouvez pas vaincre le monde. Il est désormais temps de faire la paix. »

Il ne fait aucun doute que le président est déterminé à forger un nouveau Moyen-Orient dans lequel Israël occuperait une place normalisée et prospérerait en toute sécurité. « J’aime Israël. Je vous soutiens sans réserve », a-t-il déclaré avec une concision éloquente, pour conclure son discours.

Il est impossible de ne pas remarquer l’importance particulière qu’il accorde à la « paix », un mot tombé en désuétude et discrédité, issu d’une autre époque, qu’il s’efforce aujourd’hui de réhabiliter avec détermination. Witkoff et Kushner l’ont invoqué à maintes reprises samedi sur la Place des Otages, et Trump l’a utilisé plus de vingt fois à la Knesset.

Le président américain Donald Trump lors du Sommet international pour la paix à Gaza, à Charm el-Cheikh, en Égypte, le 13 octobre 2025. (Crédit : Yoan Valat, Pool via AP)

Cependant, sa vision déclarée, à savoir « de nouveaux liens d’amitié, de coopération et de commerce uniront Tel Aviv à Dubaï, Haïfa à Beyrouth, Jérusalem à Damas, Israël à l’Égypte, l’Arabie saoudite au Qatar, l’Inde au Pakistan, l’Indonésie à l’Irak, la Syrie à Bahreïn, la Turquie à la Jordanie, les Émirats arabes unis à Oman et l’Arménie à l’Azerbaïdjan », ne peut être réalisée et maintenue uniquement grâce à la volonté présidentielle et à l’habileté des négociateurs. Elle nécessite un changement fondamental de la façon de penser, une tolérance envers les mentalités opposées, l’abandon du terrorisme et un engagement renouvelé de la région tout entière en faveur du caractère sacré de la vie.

Et cela doit commencer par l’éducation, domaine dans lequel la volonté indomptable de Trump pourrait être mise à profit de manière très utile : exiger, comme condition à l’alliance avec la seule superpuissance mondiale, la réforme de l’éducation dans les pays et les organes des Nations unies qui, depuis des décennies, encouragent l’intolérance, l’extrémisme religieux et la violence. Il faudrait commencer par le Qatar, en faisant clairement comprendre à ce pays qu’il n’est pas un allié des États-Unis tant que sa chaîne Al-Jazeera continue d’injecter du poison dans l’esprit de centaines de millions de personnes dans le monde.

« La guerre est finie, si vous le voulez », chantaient John et Yoko il y a plus d’un demi-siècle. Non, ça ne marche pas comme ça.

Trump le sait bien. Il a sauvé vingt mondes lundi. Espérons que ce ne soit qu’un début.

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