Israël en guerre - Jour 226

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Le chef de la mission de l'Union européenne auprès de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, Sven Kühn von Burgsdorff (C), accompagné du directeur général du Waqf (dotation) islamique Azzam al-Khatib (à sa droite), visite l'enceinte de la mosquée Al-Aqsa au sommet du mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 18 janvier 2023. (Crédit : AHMAD GHARABLI / AFP)
Le chef de la mission de l'Union européenne auprès de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, Sven Kühn von Burgsdorff (C), accompagné du directeur général du Waqf (dotation) islamique Azzam al-Khatib (à sa droite), visite l'enceinte de la mosquée Al-Aqsa au sommet du mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 18 janvier 2023. (Crédit : AHMAD GHARABLI / AFP)
Interview

Envoyé sortant de l’UE : Je n’accuse pas Israël d’apartheid, mais on peut en parler

Dans un entretien, l’ambassadeur sortant auprès de l’AP déplore la non-tenue d’élections par Abbas et propose le vote à distance comme solution pour les votes à Jérusalem-Est

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

L’entretien a été publié le 2 août dernier.

L’ambassadeur de l’Union européenne (UE) auprès de l’Autorité palestinienne (AP), Sven Kühn von Burgsdorff, prend sa retraite en beauté, en effectuant le mois dernier le premier vol en parapente au-dessus de la bande de Gaza.

« Une fois que la Palestine et la bande de Gaza seront libres, vous pourrez faire la même chose, et c’est la raison pour laquelle je l’ai fait – pour vous montrer ce que le futur vous réserve si vous vous y attelez », a déclaré Kühn von Burgsdorff, qui a officiellement clôturé ses trente ans de carrière en tant que diplomate européen mardi.

Son geste a néanmoins touché un point sensible en Israël, où le ministère des Affaires étrangères a qualifié cette action de « provocation ».

« Cela fait longtemps que le diplomate européen a oublié qu’il représentait l’UE et ses États membres », a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères. « Il continue à relayer le narratif palestinien et à servir d’outil de propagande pour les organisations terroristes qui contrôlent la bande de Gaza ».

Comme l’indique clairement ce communiqué de presse, Israël a eu plusieurs accrochages avec Kühn von Burgsdorff au cours des trois ans et demi qu’il a passés à la tête de la mission de l’UE à Jérusalem-Est, car ce diplomate allemand de 65 ans a souvent profité de sa position pour attirer l’attention sur la situation des Palestiniens.

Il est allé plus loin dans sa critique d’Israël que n’importe quel représentant occidental, accusant notamment Tsahal, le mois dernier, d’avoir fait un usage disproportionné de la force contre les Palestiniens lors d’un raid antiterroriste dans le camp de réfugiés de Jénine. En mai, il a déclaré à des centaines de personnes assistant à une Journée de l’Europe organisée par sa mission que « l’inquiétude croissante face à ce que de plus en plus de gens dans le monde considèrent comme un crime d’apartheid continuera à placer la cause palestinienne non résolue en tête de l’agenda international ».

Sven Kühn Von Burgsdorff (C), chef de la mission de l’UE en Cisjordanie et à Gaza, agite le drapeau palestinien au large de la ville de Gaza, lors d’une campagne de nettoyage des plages organisée par la mission, le 14 septembre 2022. (Crédit : MOHAMMED ABED / AFP)

Kühn von Burgsdorff n’a pas précisé s’il considérait que ce terme politiquement chargé décrivait correctement la réalité en Cisjordanie, mais lors d’une interview avec le Times of Israel, il a insisté sur le fait que « l’on ne devrait pas interdire le débat sur la question de savoir si ce que nous observons sur le terrain constitue un crime d’apartheid ».

Mais, l’ambassadeur de l’UE n’a pas non plus hésité à se montrer critique à l’égard de l’AP, et ce, à plusieurs reprises. Suite aux mesures prises par son président Mahmoud Abbas pour réduire la marge de manœuvre de ses opposants politiques, des groupes représentant les intérêts communautaires et des journalistes, Kühn von Burgsdorff a été l’un des premiers à s’exprimer et même à rendre des visites de solidarité à ceux qui étaient visés par l’AP.

Lors de l’entretien de la semaine dernière, Kühn von Burgsdorff s’est dit particulièrement déçu par le refus d’Abbas d’organiser des élections présidentielles depuis qu’il a été élu pour un mandat de quatre ans en 2005. Le président de l’AP a refusé d’organiser des élections sans l’engagement explicite d’Israël d’autoriser le vote depuis Jérusalem-Est annexée par Israël, mais l’envoyé de l’UE a trouvé la justification de Ramallah insatisfaisante et a proposé une solution pour que Ramallah organise un vote afin qu’il « rétablisse [sa] légitimité démocratique ».

Une mission loin d’être accomplie

La franchise de ce diplomate chevronné était évidente lors de son séjour à Jérusalem-Est, où il a servi de facto de plus haut représentant du monde occidental auprès des Palestiniens après la rupture des liens américano-palestiniens survenue sous la présidence de Donald Trump. Le président américain Joe Biden s’est efforcé de rétablir les relations avec l’AP, mais le fait qu’il n’ait pas donné suite à plusieurs promesses de campagne visant à annuler les mesures prises par son prédécesseur a profondément désillusionné Ramallah à l’égard de Washington.

Kühn von Burgsdorff a tenté de combler ce vide, en rencontrant régulièrement les dirigeants palestiniens, en s’entretenant chaque semaine avec le Premier ministre de l’AP, Mohammed Shtayyeh, et en conduisant des délégations composées de dizaines de diplomates pour visiter divers points chauds à Jérusalem-Est, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Ils étaient souvent accompagnés de fonctionnaires américains, mais c’est Kühn von Burgsdorff qui était au centre de l’attention, et il en a profité pour implorer à plusieurs reprises les dirigeants israéliens et palestiniens de prendre des mesures en vue d’une réconciliation.

Toutefois, comme il l’a reconnu lors de son discours à l’occasion de la Journée de l’Europe, l’ambassadeur de l’UE quitte son poste « avec le sentiment d’une mission loin d’être accomplie ».

Au cours de l’entretien, Kühn von Burgsdorff a indiqué que « pendant toute la durée de ma mission, j’ai pu observer une détérioration de la situation dans toutes les données statistiques – que ce soit en termes d’expansion des implantations, de violence de la part des habitants des implantations, de démolitions, d’expulsions ou d’usage excessif de la force létale contre des civils et d’autres Palestiniens ». Il a ajouté avoir « constaté une forte augmentation et une poursuite des violations des droits des Palestiniens ».

« Nous avons également constaté une forte augmentation du nombre de victimes du côté israélien à la suite de violences perpétrées par des Palestiniens – très souvent en représailles directes aux facteurs susmentionnés. Ce déversement de violence est exacerbé par cette combinaison de facteurs », a-t-il ajouté.

Des véhicules blindés israéliens sont vus lors d’un raid militaire dans le camp de réfugiés d’Askar, à l’est de Naplouse, en Cisjordanie, le 24 juillet 2023. (Crédit : Zain JAAFAR / AFP)

Israël a pour sa part justifié l’intensification de ses opérations militaires en Cisjordanie – où 162 Palestiniens ont été tués depuis le début de l’année, la plupart lors d’affrontements avec les forces de sécurité ou en perpétrant des attentats, mais il y a aussi, parmi les morts, des civils non impliqués et d’autres dont les circonstances sont obscures – en soulignant la recrudescence des attentats terroristes palestiniens meurtriers visant des Israéliens, qui a commencé l’année dernière et qui a fait 25 morts jusqu’à présent en 2023. Jérusalem affirme que l’échec de l’AP à sévir contre les groupes terroristes n’a pas laissé d’autre choix à Tsahal que d’opérer seul dans les villes palestiniennes, où la probabilité de pertes est plus élevée.

Soulignant la croissance « exponentielle » de la population palestinienne et l’expansion record des implantations israéliennes en Cisjordanie, Kühn von Burgsdorff a affirmé que « de plus en plus de personnes [palestiniennes] sur de moins en moins de terres avec de moins en moins de ressources… c’est la recette d’un désastre ».

Dans son discours à l’occasion de la Journée de l’Europe, l’ambassadeur a tenu à souligner le nombre croissant de voix qui s’élèvent dans le monde pour qualifier la situation en Cisjordanie d’apartheid, mais il a pris soin de ne pas se compter parmi elles.

« J’ai mon avis personnel sur la question, mais je suis encore diplomate jusqu’au 31 juillet et je dois représenter mon administration sur la question. Je serais toutefois du bon côté de l’histoire si je disais qu’il ne faut pas interdire le débat sur la question de savoir si ce que nous voyons sur le terrain constitue ou non un crime d’apartheid ».

Kühn von Burgsdorff a néanmoins insisté sur le fait que c’était aux tribunaux internationaux, et non aux hommes politiques, de trancher cette question.

Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères d’Israël a décliné une demande de commentaire.

Le représentant de l’UE auprès des Palestiniens, Sven Kühn von Burgsdorff, entouré par des activistes israéliens au cours d’une visite dans le quartier controversé le Givat Hamatos, à Jérusalem-Est, le 16 novembre 2020. (Crédit : Raphael Ahren/TOI)

L’aube d’une ère post-deux États ?

Le diplomate européen a expliqué que les « facteurs négatifs » qui se développent sur le terrain lui donnent, malgré tout, des raisons d’être optimiste parce que, selon lui, ces facteurs laissent les parties sans autre option que celle d’une « coexistence pacifique ».

« Je doute que, dans trois générations, vos arrière-petits-enfants soient encore chargés de vérifier, dans des postes militaires, si un Palestinien transporte ou non du matériel qui pourrait être utilisé à des fins illégales. J’espère que le chemin vers une solution ne sera pas parsemé de beaucoup de souffrance et de violence, et je ne peux pas vous dire combien de temps cela prendra, mais il y aura une solution », a prédit Kühn von Burgsdorff.

Quant au cadre d’une telle solution, l’envoyé de l’UE a affirmé qu’il appartiendrait aux parties de décider si elles veulent vivre « ensemble avec des droits égaux pour tous ou côte à côte » dans des États distincts.

Lors de son intervention à l’occasion de la Journée de l’Europe, il a soigneusement évité de mentionner la solution à deux États, solution officiellement privilégiée par Bruxelles. Interrogé pour savoir si c’était intentionnel, Kühn von Burgsdorff a admis que c’était bien le cas, compte tenu des conditions actuelles sur le terrain.

Rappels à la réalité

Bien qu’il n’ait pas réussi à apporter le moindre changement sur certains des aspects les plus persistants du conflit, l’ambassadeur de l’UE affirme avoir contribué à améliorer la façon dont ces aspects sont perçus dans les capitales européennes.

« J’ai contribué à une meilleure compréhension de ce qui se passe ici et du caractère désastreux des politiques israéliennes – en particulier celles du gouvernement actuel – pour les intérêts d’Israël et ceux des Palestiniens », a déclaré Kühn von Burgsdorff. « Plus les gens seront conscients de cela, plus les hommes politiques en Europe et à l’étranger voudront s’impliquer ».

Il a mentionné sa décision de présenter les récents saccages d’Israéliens dans les villes palestiniennes de Huwara et Turmus Ayya comme des actes de « terrorisme perpétrés par les habitants des implantations », lors de remarques faites aux médias alors qu’il faisait visiter aux membres d’une délégation de l’UE cette dernière localité.

Kühn von Burgsdorff se considère comme le premier diplomate occidental à utiliser une rhétorique aussi dure pour décrire ce que l’on appelle depuis longtemps la violence des habitants des implantations. Il note que le terme a été repris dans une déclaration ultérieure de Josep Borrell, le responsable de la politique étrangère de l’UE, suggérant ainsi que sa déclaration avait engendré un changement de politique plus important.

C’est l’un des nombreux « rappels à la réalité » que Kühn von Burgsdorff dit avoir été contraint de faire, « pour expliquer aux capitales européennes que le simple fait de faire des déclarations qui ne sont pas suivies par des actes nuit à notre crédibilité et fait de nous une cible facile pour ceux qui nous accusent de pratiquer une politique de deux poids deux mesures ».

Lorsqu’on lui a demandé de nommer les mesures européennes qu’il a contribué à promouvoir dans le cadre du conflit israélo-palestinien, l’ambassadeur a expliqué que de telles mesures prennent du temps, car elles requièrent le soutien des 27 pays de l’UE.

Sven Kuhn von Burgsdorff, chef de la mission de l’Union européenne en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, réagit à l’intérieur d’un bâtiment détruit lors d’une visite avec une délégation diplomatique dans le village de Turmus Ayya, près de la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 23 juin 2023, au lendemain d’une attaque menée dans ce village par des résidents d’implantations israéliennes. (Crédit : AHMAD GHARABLI / AFP)

Les mêmes critères pour juger l’AP

Alors qu’il a eu du mal avec Israël, Kühn von Burgsdorff a eu plus de facilité à exercer son influence sur les dirigeants palestiniens, compte tenu de son champ d’action.

L’ambassadeur de l’UE auprès des Palestiniens a déclaré qu’il avait maintenu un « dialogue actif » avec les plus hauts responsables de l’AP sur les mesures de répression prises par Ramallah à l’encontre des journalistes, des groupes de défense des droits de l’homme et des manifestants, dans un contexte d’allégations de corruption de longue date.

Il a affirmé que le contrôle israélien sur la Cisjordanie et la montée des factions palestiniennes rivales ont sapé la crédibilité de l’AP, la conduisant à « se rallier à ce qu’elle a comme base de pouvoir ».

Kühn von Burgsdorff a déclaré trouver cette situation « regrettable, car au lieu d’ouvrir la société et de la rendre plus inclusive, participative et démocratique, c’est le contraire qui se produit. Cette situation nous préoccupe et nous l’avons fait savoir de manière très claire aux dirigeants politiques de tous les niveaux en Palestine ».

Des manifestants avec des photos de Nizar Banat, critique de l’Autorité palestinienne, pendant un rassemblement dénonçant sa mort à Ramallah, en Cisjordanie, le 24 juin 2021. (Crédit : AP Photo/Nasser Nasser)

Lorsque Nizar Banat, militant bien connu et critique d’Abbas, a été tué alors qu’il était détenu par la police de l’AP en 2021, Kühn von Burgsdorff a conduit une délégation d’émissaires européens qui ont rendu visite à la famille de la victime et ont demandé une enquête indépendante sur ce décès.

Lorsqu’on lui a demandé si ses critiques à l’égard de l’AP avaient compliqué ses relations avec les dirigeants de Ramallah, le diplomate européen a rappelé que Abbas lui avait remis la semaine précédente l’Étoile de Jérusalem, la plus haute décoration qu’un envoyé étranger puisse recevoir.

« Je suppose qu’ils ont vu en moi un homme de principe en ce qui concerne l’occupation et la critique d’Israël. Ils m’ont vu défendre le droit international et les droits de l’homme fondamentaux [dans ces affaires], et ils ont accepté que j’utilise les mêmes critères pour eux, comme je l’ai fait dans l’affaire Nizar Binat…. C’était inacceptable, emprisonner des journalistes est inacceptable, restreindre le champ d’action de la société civile est inacceptable », a déclaré Kühn von Burgsdorff.

Faire passer l’intérêt partisan avant le bien de la population

Le projet le plus important de Kühn von Burgsdorff en tant qu’ambassadeur de l’UE auprès des Palestiniens a sans aucun doute été de pousser Abbas à organiser des élections.

« C’est dans l’intérêt du Président Abbas d’assurer une transition et une succession bien gérées. Il a 88 ans et il est absolument nécessaire pour tout dirigeant palestinien de rétablir la légitimité démocratique », a déclaré l’envoyé. « Les dernières élections présidentielles ont eu lieu il y a 18 ans. Cela n’augure rien de bon pour [Abbas qui peut dire qu’il est] le véritable représentant du peuple palestinien, puisque 55 % des Palestiniens n’ont jamais voté lors d’une élection nationale ».

Kühn von Burgsdorff a exprimé l’espoir que les rencontres entre les chefs de factions palestiniennes dimanche au Caire aboutiraient à un gouvernement intérimaire d’unité qui serait mieux en mesure d’organiser ensuite des élections nationales, mais les informations émanant de la rencontre organisée par l’Égypte indiquent que peu de progrès ont été accomplis.

Mahmoud Abbas (à gauche), Recep Tayyip Erdogan et Ismail Haniyeh réunis à Ankara, le 26 juillet 2023. (Crédit : Présidence turque)

« Avec cette menace existentielle qui vient du gouvernement israélien, on aurait pu penser que les Palestiniens se rallieraient autour du drapeau et diraient : ‘Oublions nos différences, faisons de l’unité palestinienne le principal objectif politique’, mais cela n’est pas le cas. Le Hamas et le Fatah [parti] d’Abbas semblent croire qu’ils peuvent encore se sortir de cette situation, en faisant passer leurs intérêts partisans étroits avant le bien de la population », a déclaré l’ambassadeur de l’UE.

Se souvenant de ses conversations avec Abbas sur la question, Kühn von Burgsdorff a déclaré qu’il avait dit au dirigeant de l’AP : « Il est dans votre intérêt, Monsieur le Président, d’être perçu comme le père de la démocratie palestinienne… Or, être le père de la démocratie signifie également… courir le risque de perdre les élections ».

L’envoyé de l’UE déplore qu’Abbas n’ait jamais donné de réponse

Une élection ratée

Abbas soutient depuis longtemps qu’il n’organisera pas d’élections tant que les Palestiniens de Jérusalem-Est ne seront pas autorisés à y participer, et il a cité le refus d’Israël de signer ce point lorsqu’il a annoncé un report indéfini des élections à avril 2021. Israël n’a jamais officiellement réagi à ce sujet, mais il prend depuis longtemps des mesures pour empêcher toute activité de l’AP à Jérusalem-Est, qu’il considère comme faisant partie de sa capitale souveraine.

Il faut toutefois noter qu’Israël a autorisé la tenue d’élections palestiniennes à Jérusalem-Est en 1996, 2005 et 2006.

Selon les analystes, la décision d’Abbas en avril 2021 avait peu à faire avec Israël, mais était plutôt motivée par la crainte que des factions rivales telles que le Hamas remportent une victoire significative si un scrutin était organisé.

Pour contourner l’éventuelle opposition israélienne à la tenue d’élections officielles à Jérusalem-Est, Kühn von Burgsdorff avait proposé de permettre aux 350 000 résidents palestiniens de la ville de voter par courrier, ce qui aurait été tout à fait conforme aux accords d’Oslo.

Sur cette photo d’archives du 20 octobre 2012, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas montre son doigt taché d’encre après avoir voté lors des élections locales, dans un bureau de vote de la ville de Ramallah, en Cisjordanie. (Crédit : AP Photo/Majdi Mohammed, Dossier)

Même si faire campagne aurait été plus compliqué, Kühn von Burgsdorff a suggéré que les candidats utilisent les réseaux sociaux pour se rapprocher des électeurs de Jérusalem-Est, comme ils le font déjà.

Il a reconnu qu’Israël n’allait probablement jamais officiellement s’engager à autoriser des élections palestiniennes à Jérusalem-Est, mais il a également rejeté l’idée qu’Israël était en mesure d’empêcher les Palestiniens de participer par courrier, car cela nécessiterait de surveiller les bureaux de poste dans toute la ville pendant toute la durée du scrutin.

« Ce que je reproche au président Abbas, c’est d’avoir donné à Israël un droit de veto sur le droit à l’autodétermination politique, où et quand vous le souhaitez ».

« Les dirigeants palestiniens acceptent à contrecœur que les accords d’Oslo soient violés [par Israël]. L’AP s’oppose à ces violations, mais sans toutefois se résoudre à annuler complètement les accords », poursuit Kühn von Burgsdorff.

« Mais sur ce point particulier, où les Palestiniens ont réellement la possibilité d’exercer leur pouvoir, ils font fi de leurs principes et décident d’annuler les élections nationales ? Cela n’a aucun sens et c’est contre-productif ».

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