Et c’est reparti pour un tour : guide des 37 partis en lice pour ce 4e scrutin
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Des feuilles portant des bulletins tout juste imprimés à l'imprimerie de Palphot de Karnei Shomron, en préparation pour les prochaines élections générales, le 12 février 2020 (Crédit : Flash90)
Des feuilles portant des bulletins tout juste imprimés à l'imprimerie de Palphot de Karnei Shomron, en préparation pour les prochaines élections générales, le 12 février 2020 (Crédit : Flash90)

Et c’est reparti pour un tour : guide des 37 partis en lice pour ce 4e scrutin

Des fidèles de Netanyahu à ceux qui sont décidés à l’évincer en passant par les anti-vax, voici tout ce qu’il y a à savoir sur les partis qui se présentent aux élections de mardi

La 23e Knesset s’est officiellement dissous lorsque les douze coups de minuit ont sonné le 23 décembre et que le délai pour approuver un budget pour l’année 2020 a expiré. Trois mois plus tard, le 23 mars 2021, les Israéliens se rendront aux urnes pour la quatrième fois en moins de deux ans.

Cette incapacité à adopter un budget a été actée sept mois seulement après la prestation de serment du « gouvernement d’union » entre le Likud et Kakhol lavan. Les deux partis, qui se sont âprement affrontés lors des trois élections sans issue en 2019 et 2020, avaient convenu de former un gouvernement basé sur le partage du pouvoir, avec une rotation du poste de Premier ministre entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le chef du parti Kakhol lavan Benny Gantz en mai.

Mais malgré les promesses formulées pour mettre de côté leurs différences afin de lutter contre la pandémie de coronavirus, la tourmente politique les a constamment suivis au sein du gouvernement, les deux dirigeants affirmant rapidement que l’autre rompait les accords de coalition.

En vertu de l’accord de partage du pouvoir qui sous-tendait la coalition, l’absence d’adoption d’un budget était la seule échappatoire qui permettait à Netanyahu d’éviter de devoir céder le poste de premier ministre à Gantz en novembre 2021.

Mais aucun budget n’a été adopté dans les délais impartis et de nouvelles élections ont donc inévitablement été organisées.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu à la Knesset à Jérusalem, le 22 décembre 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Après trois mois de ruptures et d’accouplements politiques, de sorties et d’entrées, de hausses et de baisses inattendues, lorsque les 6,57 millions d’électeurs israéliens éligibles se rendront aux urnes mardi, ils devront faire un choix entre 38 factions. Et 12 d’entre elles ont régulièrement dépassé le seuil électoral de 3,25 % permettant d’entrer, avec un minimum de quatre sièges, à la Knesset.

Pour les électeurs et les observateurs qui ne savent pas ce que représentent réellement les partis, après plusieurs semaines d’actualité politique déconcertante, voici le regard du Times of Israël sur chacun des partis politiques en lice : les têtes d’affiche, les nouvelles alliances, les partis bien établis qui risquent de passer sous le seuil électoral et de tomber dans l’oubli politique, les inconnus sérieux mais sans espoir, et les provocateurs excentriques.

Une remarque concernant les sondages d’opinion inclus dans ce résumé : bien que les chaînes israéliennes diffusent des sondages plusieurs fois par semaine, ces derniers se sont avérés (vraiment) inexacts par le passé et doivent être considérés comme une indication générale de l’humeur du public plutôt que comme un indicateur fiable. (Avant les élections de 2015, par exemple, les sondages plaçaient systématiquement l’Union sioniste devant le Likud, qui a finalement émergé avec un avantage de six sièges). Et avec tant de petits partis qui flirtent avec le seuil électoral, comme l’avait  écrit David Horovitz, rédacteur en chef du Times of Israël, « prédire leurs résultats est une mission masochiste – si ce n’est une course folle ».

Ainsi, quel que soit le candidat que vous souhaitez voir devenir le prochain Premier ministre d’Israël, voici une introduction à tous les grands partis, ainsi qu’à certains partis pour le moins inattendus.

— Raoul Wootliff

Les responsables comptent les bulletins de vote des élections à la Knesset de Jérusalem, le 4 mars 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi / Flash90)

Cliquez sur le nom d’un parti pour en savoir plus :

Likud
Yesh Atid
Yamina
Tikva Hadasha
Liste arabe unie
Yisrael Beytenu
Shas
Yahadout HaTorah
Parti travailliste
Sionisme religieux
Kakhol lavan
Meretz
Raam

Petits partis

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Likud

Lettres sur le bulletin de vote : מחל

Ce que le parti propose : Le Likud, aux commandes d’Israël depuis 13 ans, n’a pas présenté de programme officiel depuis 2015. Son dernier programme [en hébreu] mettait l’accent sur des politiques économiques libérales, des réformes de la réglementation foncière comme moyen de faire face à la hausse des coûts du logement, et des efforts agressifs pour combattre le crime organisé, entre autres.

Dans la course actuelle, la campagne du Likud a fait deux promesses constantes : la priorité à la reprise économique après la pandémie et l’élargissement du cercle des traités de paix déjà signés avec quatre nations arabes au cours de l’année dernière pour inclure jusqu’à quatre pays supplémentaires.

Un juif orthodoxe marche près d’une affiche de campagne électorale montrant Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 2 avril 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

L’élection, comme les trois précédentes, est largement considérée comme un référendum sur Netanyahu, dans le contexte de son procès en cours pour corruption, ainsi que sur la gestion par son gouvernement de la pandémie de COVID-19.

A LIRE – Etat d’Israël vs. Netanyahu : détails de l’acte d’accusation du Premier ministre

Netanyahu a placé la campagne de vaccination d’Israël, l’une des plus rapides au monde par habitant, au premier plan de sa campagne, affirmant que sous sa direction, Israël est devenu le premier pays au monde à vaincre la pandémie.

Principaux visages du parti : La personnalité publique la plus en vue du Likud est, bien entendu, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui dirige Israël depuis 2009 et qui est maintenant le Premier ministre le plus pérenne de l’histoire du pays.

Aux côtés de Netanyahu, en tête de la liste du parti à la Knesset, figurent le ministre de la Santé, Yuli Edelstein, ancien dissident soviétique et ex-président de la Knesset, et le ministre des Finances, Israël Katz, qui a occupé pendant des années de hautes fonctions au sein du cabinet, notamment en tant que ministre des Affaires étrangères et ministre des Transports.

Ce que vous ne saviez peut-être pas : Le Likud (et son parti prédécesseur, le Herut, sur lequel il a été formé) n’a eu que quatre dirigeants au cours des 73 années écoulées depuis la fondation d’Israël : Menachem Begin, Yitzhak Shamir, Ariel Sharon et Benjamin Netanyahu.

— Haviv Rettig Gur

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Yesh Atid

Lettres sur le bulletin de vote : פה

Ce que le parti propose : Yesh Atid, qui se décrit comme un parti « centriste », a publié et mis à jour un programme qui est l’un des plus complets parmi ceux publiés par tous les partis qui se sont présentés ces dernières années, offrant des propositions sur des questions allant de la lutte contre la corruption et le rapport entre la religion et l’État, en passant par les petites entreprises et les programmes de durabilité environnementale.

Parmi les très nombreuses propositions du programme, citons le renforcement du contrôle de la Knesset sur le cabinet et la limitation du nombre de ministres, la limitation de la durée du mandat du Premier ministre, la séparation d’Israël et des Palestiniens, la rédaction d’une constitution, l’instauration du mariage civil, le renforcement des règles anti-corruption au sein du gouvernement, la réduction et la rationalisation de la réglementation gouvernementale sur le secteur des affaires, l’extension des heures de cours l’après-midi dans les écoles, l’augmentation des investissements dans le secteur des hautes technologies, l’élargissement des possibilités de travail pour les minorités, l’incitation au passage aux véhicules électriques, l’investissement massif dans les énergies renouvelables, l’autonomie accrue des écoles et la suppression de la plupart des examens de fin d’études secondaires.

Le député Yair Lapid à la Fondation des alliés d’Israël, le 9 décembre 2019 (Crédit : Avi Hayun)

Principaux visages du parti : Le fondateur Yair Lapid, un ancien chroniqueur et animateur de talk-show populaire, est le visage public du parti et la personnalité la plus influente, qui a toute latitude pour placer des candidats sur la liste du parti. La tentative infructueuse d’Ofer Shelah, ancien élu du parti, de forcer la tenue d’une primaire pour la direction du parti l’année dernière s’est soldée par le départ de Shelah pour créer son propre parti, qui s’est finalement retiré après avoir obtenu de mauvais résultats.

Parmi les autres personnalités politiques du parti figurent Orna Babivai, première femme à avoir atteint le rang de général de division au sein de l’armée israélienne, Karine Elharrar, militante pour les droits des personnes handicapées, et Mickey Levy, ancien chef de la police de Jérusalem.

Ce que vous ne saviez peut-être pas : Lors de sa première participation à une élection parlementaire en 2013, Yesh Atid a réussi à obtenir le plus grand nombre de députés au Parlement, avec un nombre inattendu de 19 sièges. La seule liste plus importante, la faction conjointe Likud-Yisrael Beytenu comptait 31 sièges, était composée de deux partis, et allait se diviser à mi-parcours, laissant un Likud à 18 sièges à la tête d’un gouvernement dans lequel Yesh Atid, avec ses 19 sièges était hiérarchiquement plus bas… La magie de l’arithmétique de la coalition !

— Haviv Rettig Gur

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Yamina

Lettre sur le bulletin de vote : ב

Ce que le parti propose : « Le gagne-pain ou rien ». C’est devenu la rengaine du président de Yamina, Naftali Bennett, des mois avant même le lancement de la quatrième campagne électorale du pays en deux ans. Ce slogan s’est avéré particulièrement efficace lorsque le nombre de chômeurs a dépassé le million en raison de la pandémie.

Le parti d’opposition nationaliste religieux, qui n’a remporté que six sièges lors des précédentes élections, a tenté de se positionner comme le foyer des électeurs de droite frustrés par la gestion de la crise du coronavirus par le gouvernement. Bennett s’est presque uniquement concentré sur le message selon lequel lui seul sait comment sortir Israël de la pandémie.

Le parti a également refusé de s’aligner sur les blocs pro ou anti-Netanyahu, ce qui en fait l’un des rares véritables poids lourds de l’élection.

Sans le bagage d’extrême-droite des autres partis sionistes religieux, Yamina a cherché à attirer un public plus large, en présentant Bennett comme un candidat au poste de Premier ministre, tout en restant fidèle à ses principes de droite. Outre son plaidoyer en faveur d’une réduction des impôts et de politiques économiques de ruissellement, Yamina a clairement indiqué qu’il soutenait toujours l’annexion de la Cisjordanie et l’adoption d’une réforme judiciaire visant à imposer des contrôles plus stricts au système judiciaire.

Naftali Bennett arrive pour une réunion de cabinet au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 18 novembre 2018. (Abir Sultan/Pool via AP)

Principaux visages du parti : À l’exception de quelques nouveaux venus et de quelques changements dans le classement, on retrouve essentiellement la même équipe qui formait le noyau de HaBayit HaYehudi il y a moins d’un an, avec Bennett en tête de liste suivi d’Ayelet Shaked, au sein du parti Yamina. Deux nouveaux venus notables sont Alon Davidi, maire de Sderot, et Abir Kara, chef de file des protestations des commerçants.

Ce que vous ne saviez peut-être pas : À la fin de l’année dernière, Bennett a écrit et publié un livre intitulé « How to Beat an Epidemic » (Comment vaincre une épidémie). Selon la jaquette du livre, cet ouvrage « décrit ce qui s’est passé dans les coulisses de la bataille sanitaire et économique et explique que si nous voulons gagner, la bureaucratie doit ouvrir la voie à l’esprit d’entreprise ».

.– Jacob Magid

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Tikva Hadasha

Lettre sur le bulletin de vote : ת

Ce que le parti propose : Longtemps membre du Likud, le leader du parti Tikva Hadasha, Gideon Saar, a fait valoir qu’il n’était pas Benjamin Netanyahu et qu’il avait perdu confiance dans le Premier ministre.

Depuis le début de sa campagne, Gideon Saar a juré à plusieurs reprises de ne pas siéger dans un gouvernement dirigé par Netanyahu. Le parti affirme que sa « principale promesse électorale consiste à remplacer Netanyahu après 15 ans au pouvoir, et à restaurer un leadership respectueux et responsable pour Israël ».

Le parti affirme qu’il donnera la priorité aux implantations en Cisjordanie et à la réforme du système judiciaire, ce qui le place résolument à droite de l’échiquier politique israélien. Il s’engage à « réaliser les droits naturels et historiques du peuple juif sur la terre d’Israël », à améliorer les écoles et à réduire les écarts en matière d’éducation, à soutenir une économie de marché libre avec « une promesse équitable d’opportunités pour tous » et à défendre les « valeurs d’Israël en tant qu’État national du peuple juif, qui protège les droits de l’homme et pratique l’égalité des droits individuels. »

Le programme du parti comprend un large éventail de réformes politiques, notamment la limitation du mandat de Premier ministre à huit ans, la modification du système électoral pour inclure certains représentants élus par district, l’augmentation de l’aide aux immigrants, l’augmentation du nombre de caisses de soins de santé publics et des réformes profondes du système éducatif et du recrutement des enseignants.

Une affiche de campagne du parti Tikva Hadasha de Gideon Saar à Tel Aviv, avant les élections générales israéliennes, le 18 mars 2021. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Principaux visages du parti : Saar a recruté une liste d’anciens ou d’actuels députés, dont Benny Begin, le fils de l’ancien Premier ministre du Likud Menachem Begin, l’ancien confident de Netanyahu Zeev Elkin, la présidente de la commission de la Knesset sur le coronavirus, Yifat Shasha-Biton, et plusieurs autres législateurs du Likud. Les députés de la faction Derech Eretz, Yoaz Hendel et Tzvi Hauser, alignés avec Kakhol lavan lors des trois dernières élections, ont également rejoint Tikva Hadasha

Ce que vous ne saviez peut-être pas : Pendant son temps libre, Saar aime jouer les DJ, vestige de son parcours étudiant à l’université de Tel Aviv.

— Raoul Wootliff

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Liste arabe unie

Lettres sur le bulletin de vote : ודעם

Ce que le parti propose : La Liste arabe unie est une coalition de partis essentiellement arabes : Hadash, parti communiste arabo-juif, Balad, parti nationaliste, et Taal, le parti d’Ahmad Tibi. Le bloc est né d’une alliance de pure nécessité formée en 2015, lorsqu’une nouvelle loi relevant le seuil électoral a menacé les partis politiques arabes. En tant que telle, la Liste arabe unie couvre toute la gamme idéologique, allant des communistes progressistes instruits aux nationalistes palestiniens socialement conservateurs, en passant par une petite minorité de membres juifs de gauche.

Néanmoins, les Arabes israéliens partagent un certain nombre de priorités clés que la Liste arabe unie a déclaré vouloir faire avancer à la prochaine Knesset. La priorité absolue des électeurs arabes est de mettre fin à la vague de violence et de criminalité organisée qui a déferlé sur leurs villes et villages ces dernières années.

A LIRE : Plongée dans les communautés arabes israéliennes minées par la criminalité

Les députés de la Liste arabe unie se sont également engagés à atténuer la crise du logement dans les villes arabes en combattant la législation qui, selon eux, cible les constructions illégales dans les villes arabes. Ils ont également déclaré qu’ils combattront la loi de 2018 sur l’État-nation qui définit Israël comme l’État-nation du peuple juif et rétrograde le statut officiel de la langue arabe. De nombreux Arabes israéliens – notamment les Druzes de Galilée, qui servent dans l’armée israélienne – considèrent cette loi comme insultante et discriminatoire.

Ayman Odeh, leader de la Liste arabe unie, s’exprime lors d’une manifestation contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu sur la place Rabin à Tel Aviv, le 19 avril 2020. (Tomer Neuberg/Flash90)

Principaux visages du parti : Le numéro un de la liste de Hadash-Taal est Ayman Odeh (Hadash), un ancien membre du conseil municipal de Haïfa qui s’est aventuré pour la première fois dans la politique nationale en 2015.

Le numéro deux est Ahmad Tibi (Taal), un législateur chevronné qui a été conseiller de feu Yasser Arafat, président de l’Organisation de libération de la Palestine. Le troisième parti, Balad, est dirigé par l’universitaire Sami Abou Shehadeh, basé à Jaffa, qui a déjà siégé au conseil municipal de Tel Aviv.

Sa coalition comprenait auparavant le parti islamiste conservateur Raam, dirigé par le député arabe rebelle Mansour Abbas. La scission entre les deux partis a gravement porté atteinte à la façade d’unité de la communauté arabe d’Israël, qui avait contribué à l’augmentation du taux de participation de leur base.

Ce que vous ne saviez peut-être pas : Odeh parle roumain, une langue qu’il a apprise pendant ses études de droit à Budapest dans les années 90.

— Aaron Boxerman

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Yisrael Beytenu

Lettre sur le bulletin de vote : ל

Ce que le parti propose : Yisrael Beytenu est un parti de droite laïque créé en 1999 par Avigdor Liberman, qui le dirige encore aujourd’hui. Au fil des ans, le parti a tenu une rhétorique anti-arabe et a plaidé pour une solution à deux États dans laquelle les villes à prédominance arabe feraient partie d’un État palestinien et leurs résidents perdraient leur citoyenneté israélienne.

Ces dernières années, Yisrael Beytenu a mis l’accent sur sa position laïque, hissant la lutte contre l’influence des ultra-orthodoxes au sommet de ses priorités. Il a notamment plaidé en faveur du mariage civil et de la généralisation du recrutement obligatoire dans l’armée israélienne chez les ultra-orthodoxes. Le parti dispose d’une base solide d’immigrants russophones, dont beaucoup sont de droite, mais laïques.

Autrefois proche allié du Likud et des partis ultra-orthodoxes, Yisrael Beytenu s’est brouillé avec Netanyahu et a déclaré depuis 2019 qu’il refusait de rejoindre des coalitions dirigées par Netanyahu ou comprenant le Shas ou Yahadout HaTorah.

Le président du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, visite l’hôpital Assuta à Ashdod, le 23 février 2021. (Flash90)

Principaux visages du parti : Avigdor Liberman est le principal décideur au sein du parti et il a un contrôle total sur sa liste électorale. Ancien membre du Likud et directeur général du bureau du Premier ministre sous Netanyahu dans les années 1990, il a fait l’objet de nombreuses enquêtes pour corruption, qui ont abouti à la condamnation de membres du parti, mais il a été acquitté.

A LIRE : Une ex-procureur déplore l’échec de l’inculpation de Liberman

Les législateurs actuels du parti comprennent également le président de la faction Oded Forer, qui dirige la commission de la Knesset sur le statut des femmes et l’égalité des sexes, l’ancien diplomate et homme d’affaires Eli Avidar, qui a fait la une des journaux en annonçant qu’il refusait de recevoir le vaccin contre la COVID-19, et l’activiste sociale Yulia Malinovsky.

Ce que vous ne saviez peut-être pas : Liberman est un démissionnaire récidiviste. Au fil des ans, il a démissionné cinq fois de ses fonctions ministérielles – quatre fois en raison d’un désaccord politique avec la politique du gouvernement, et une fois parce qu’il a été mis en examen pour corruption (puis acquitté).

— Michael Bachner

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Shas

Lettres sur le bulletin de vote : שס

Ce que le parti propose : Le parti Shas d’Aryeh Deri fait campagne sur les valeurs juives orthodoxes et espère que le souvenir de son défunt chef spirituel, le rabbin Ovadia Yosef – décédé en 2013, mais dont le visage apparaît toujours dans les vidéos et publicités de campagne – permettra de conserver sa base traditionnelle.

Le parti s’enorgueillit de ses politiques économiques favorables à la société et s’engage à aider les Israéliens les plus touchés par la pandémie, mais il a également décidé de mettre en avant sa dévotion à l’égard des Juifs sépharades. Il s’engage également à maintenir le monopole orthodoxe sur les affaires religieuses et à empêcher la profanation du Shabbat. Comme le parti ultra-orthodoxe Yahadout HaTorah, Shas a signé la promesse de loyauté de Netanyahu en février, s’engageant à ne pas rejoindre de manière indépendante un gouvernement dirigé par un autre parti que le Likud après les élections du 23 mars.

Deri, qui a été condamné et emprisonné pour corruption il y a plusieurs dizaines d’années, doit être mis en examen par le procureur général pour des délits fiscaux, dans le cadre d’une enquête au cours de laquelle les soupçons de corruption, de fraude et d’abus de confiance ont été abandonnés.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, (à gauche), avec le président du parti Shas, le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri, le 4 mars 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Principaux visages du parti : Aryeh Deri, un proche allié de Netanyahu, est le chef du parti depuis 2015, après un précédent passage en tant que président de 1990 à 1999. Il détient le portefeuille du ministère de l’Intérieur depuis une décennie. Parmi les autres législateurs de premier plan figurant sur la liste il y a le député chevronné Yaakov Margi, qui a siégé depuis 2003 dans des dizaines de commissions parlementaires, et l’actuel vice-ministre de l’Intérieur Yoav Ben Tzur.

Ce que vous ne saviez peut-être pas : Le parti Shas a écopé d’une amende après les élections de mars 2020 pour avoir distribué des amulettes qui, selon lui, protégeraient ses partisans de la COVID-19, en violation des lois sur les campagnes électorales qui interdisent d’offrir des prières et des amulettes en échange de votes.

— Marissa Newman

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Yahadout Hatorah/strong>

Lettre sur le bulletin de vote : ג

Ce que le parti propose : Sur fond de pandémie de COVID-19, Yahadout HaTorah entre en campagne électorale plus meurtri que jamais. Parmi ses électeurs normalement fidèles de la communauté ultra-orthodoxe, les partisans de la ligne dure sont furieux de la fermeture des synagogues et des yeshivot ordonnée par le gouvernement pendant la pandémie et d’autres sont déçus de l’incapacité de leurs représentants à faire comprendre la gravité de la crise sanitaire et à condamner les violations généralisées. Mais les politiciens ultra-orthodoxes espèrent que le sentiment anti-haredi croissant dans le pays à cause de la pandémie incitera les membres de la communauté à les réélire comme rempart et que le taux de participation restera élevé.

Comme toujours, le parti s’engage à défendre la tradition juive orthodoxe, en particulier sur les questions du Shabbat et des conversions au judaïsme, notamment en promettant d’annuler, par le biais d’une législation de la Knesset, la décision de la Haute Cour de justice reconnaissant les conversions non orthodoxes effectuées en Israël.

Le président du parti Yahadout HaTorah, le député Moshe Gafni, et d’autres membres du parti en compagnie du rabbin Baruch Mordechai Ezrachi lors d’une tournée de campagne électorale à Beit Shemesh, le 14 mars 2021. (Yaakov Lederman/Flash90)

Le parti est résolument engagé auprès du Premier ministre Benjamin Netanyahu et a exclu un gouvernement qui ne serait pas dirigé par lui. Son nouveau chef de parti, le député Moshe Gafni, a également déclaré qu’il ne rejoindrait pas un gouvernement qui ne s’engagerait pas à faire passer une loi permettant à la Knesset de passer outre la Haute Cour de justice, afin de renverser les décisions relatives à la religion et à l’État.

Le parti haredi est également désireux d’entrer dans la coalition gouvernementale pour faire adopter la loi sur la conscription des ultra-orthodoxes en sa faveur avant l’échéance de juillet.

Principaux visages du parti : Pour la première fois en 18 ans, le parti Yahadout HaTorah est dirigé par le député Moshe Gafni, après que l’ancien président Yaakov Litzman a quitté son poste de dirigeant. Élu à la Knesset en 1999, Litzman a été le chef de facto du ministère de la Santé pendant plus de dix ans, en tant que ministre de la Santé adjoint ou titulaire de 2009 à la mi-2020. Il a démissionné l’année dernière, en pleine pandémie, pour protester contre la fermeture des yeshivot et des synagogues et après avoir lui-même contracté la COVID-19. Gafni, qui est législateur depuis 1988, préside depuis 2009 la puissante commission des Finances de la Knesset.

Ce que vous ne saviez peut-être pas : Au début du mois, le blogueur saoudien pro-Netanyahu Mohammed Saud a publié une vidéo de lui en train de chanter le jingle de la Yahadout HaTorah – avec des expressions yiddish et des mouvements de danse raides qui feraient la fierté des vieux juifs ashkénazes – tout en exhortant les électeurs haredi à rester fidèles au parti. (Saud a également posté le jingle du Parti sioniste religieux, l’allié d’extrême-droite de Netanyahu, bien qu’il ne soit pas aussi entraînant).

— Marissa Newman

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Parti travailliste

Lettres sur le bulletin de vote : אמת

Ce que le parti propose : La nouvelle chef du parti travailliste Merav Michaeli, a promis « une révolution des cols roses », car elle cherche à distinguer son parti du reste du peloton, dominé par les hommes, grâce à une série de propositions liées à l’égalité des sexes dans de nombreux domaines.

Elle a récemment décrit la crise du COVID-19 comme « une année entière, pendant laquelle les écoles ont à peine ouvert, pendant laquelle la plupart des femmes ont été licenciées. Nous aurons besoin d’une révolution des cols roses pour sortir de cette crise pour les femmes éducatrices, les infirmières, les travailleurs sociaux, les psychologues publics, les enseignants de maternelle, ce sont les travailleurs au service de notre société ».

Le manifeste des travaillistes prévoit un congé maternité payé d’un an pour la mère ou le père, la gratuité de l’enseignement de la naissance à l’université et une vaste réforme juridique de la manière dont les autorités traitent les délits sexuels, la maltraitance des enfants et le harcèlement sexuel.

Merav Michaeli, membre du Parti travailliste, vote dans un bureau de vote du Parti travailliste à Tel Aviv, le 24 janvier 2021. (Miriam Alster/Flash90)

Michaeli a maintenu l’approche de base des travaillistes en ce qui concerne la solution à deux États, soutenant la création d’un État palestinien démilitarisé aux côtés d’Israël. Son parti émet également des critiques virulentes sur la gestion des affaires étrangères par Netanyahu, en particulier sur les relations tendues avec les administrations démocrates aux États-Unis et sur l’incapacité à contenir le programme nucléaire iranien.

Le parti travailliste s’engage également à modifier la Loi fondamentale de l’État-nation en y ajoutant une clause d’égalité pour tous les citoyens ; à légaliser la marijuana ; à mettre en œuvre l’accord sur le mur Occidental ; à reconnaître le mariage homosexuel et à favoriser la gestation pour autrui pour les couples homosexuels ; à autoriser des transports publics « limités et organisés » le jour du Shabbat ; et à soutenir un projet de loi visant à limiter le mandat de Premier ministre à deux.

Michaeli ne rejette pas l’idée de siéger dans un gouvernement avec des partis de droite tels que Yamina, Tikva Hadasha et Yisrael Beytenu, mais a exclu de se joindre à Netanyahu. L’année dernière, elle a choisi de rester en dehors du « gouvernement d’unité » de Netanyahu, désobéissant à l’ancien chef du parti travailliste Amir Peretz, ce qui a fait d’elle la seule femme d’opposition au sein du parti travailliste.

Principaux visages du parti : Michaeli est une ancienne présentatrice de télévision, chroniqueuse et militante féministe qui s’est fait connaître par ses critiques acerbes de la misogynie et des violences domestiques. Elle a remporté la primaire pour la direction du parti plus tôt cette année, revigorant la faction qui avait atteint son plus bas niveau de soutien.

Le parti compte également parmi ses membres l’ancien député Omer Bar Lev, un colonel à la retraite qui a servi comme commandant de l’unité commando d’élite Sayeret Matkal et qui cherche à réintégrer la Knesset ; Gilad Kariv, un rabbin réformé et un activiste social ; Ibtisam Mara’ana-Menuhin, une cinéaste arabo-israélienne qui a été critiquée par certains fidèles du parti pour des commentaires jugés anti-israéliens.

Suzi Kastner (au centre) allume une bougie à la Knesseten mémoire de son père Israel Rudolf Kastner lors de Yom HaShoah, en présence de sa fille, la députée travailliste Merav Michaeli, (Crédit : bureau du porte-parole de la Knesset/Yonatan Sindel)

Ce que vous ne saviez peut-être pas : Michaeli est la petite-fille d’Israël Rudolf Kastner, un ancien dirigeant sioniste de Budapest qui a sauvé près de 1 700 Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale en négociant avec les nazis. Il a été assassiné en 1957 à Tel Aviv après avoir été accusé publiquement d’être un collaborateur des nazis qui avait « vendu son âme au diable », bien qu’il ait été innocenté à titre posthume par la Cour suprême d’Israël.

— Tal Schneider

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Parti sioniste religieux

Lettre sur le bulletin de vote : ט

Ce que le parti propose : Le parti est une version remaniée de l’Union nationale, un parti d’extrême-droite qui a été le pivot de la série de partenariats avec l’extrême-droite.

Si le parti n’a pas dirigé sa propre liste depuis plus de dix ans, cette fois-ci, le chef du parti, Bezalel Smotrich, trône au sommet de la pyramide et n’est même plus le député le plus extrémiste de la liste du parti à la Knesset.

Smotrich s’est associé au parti néo-kahaniste Otzma Yehudit et à la faction Noam, ouvertement anti-LGBT. Cette alliance hétéroclite est le résultat d’une forte pression de la part de Netanyahu, qui est depuis longtemps prêt à tout pour s’assurer qu’aucune voix du bloc de droite ne soit perdue.

Itamar Ben Gvir (à droite), membre du parti Otzma Yehudit, et Betzalel Smotrich, chef de la faction Union nationale, lors d’un évènement de campagne à Bat Yam, le 6 avril 2019. (Flash90)

N’étant pas encombré par Yamina, le Parti sioniste religieux n’a même pas besoin d’essayer de faire appel au secteur nationaliste religieux. Son programme appelle à la création d’implantations dans toutes les collines de Cisjordanie, à la suppression de l’Autorité palestinienne, au maintien du monopole du rabbinat orthodoxe sur les conversions et à la limitation de l’indépendance des tribunaux.

Le programme du parti indique qu’il exigera que tous les plaignants d’agressions sexuelles ou de violences domestiques signent une déclaration dans laquelle ils s’engagent à ne pas faire de fausse déclaration. Cette position a suscité la colère des défenseurs des victimes d’abus qui affirment qu’elles seront moins nombreuses à se manifester.

Le parti dit qu’il a l’intention de rejoindre un gouvernement dirigé par Netanyahu.

Smotrich a été salué comme un administrateur efficace grâce à son court mandat de ministre des Transports, au cours duquel il a réussi à mener à bien un certain nombre de réformes et à répondre aux innombrables demandes de citoyens frustrés.

Principaux visages du parti : Bezalel Smotrich, qui est enfin sorti de l’ombre de Naftali Bennett, est devenu tristement célèbre pour avoir organisé la « Beast Parade », une manifestation visant à protester contre la gay pride de Jérusalem en 2006. Il est le seul membre senior du parti à avoir une expérience à la Knesset.

Le président d’Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir, disciple du rabbin extrémiste Meir Kahane, a rejoint Smotrich sur la liste. Il a passé de nombreuses heures au tribunal en tant qu’accusé avant de passer le barreau et de représenter des juifs ultra-nationalistes accusés d’avoir perpétré des attaques à caractère raciste contre des Arabes et des Palestiniens. Le parti Noam est représenté par Avi Maoz, un ancien porte-parole du gouvernement qui s’oppose aux droits des personnes LGBT.

Ce que vous ne saviez peut-être pas : Ophir Sofer, membre du parti, s’est vu proposer la 28e place sur la liste du Likud dans le cadre d’un accord permettant au Parti sioniste religieux de se présenter avec Otzma Yehudit.

— Jacob Magid

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Kakhol lavan

Lettres sur le bulletin de vote : כן

Ce que le parti propose : Officiellement connue sous le nom de Hossen leYisrael, la faction Kakhol lavan était initialement une alliance politique de trois partis politiques – Hossen leYisrael sous la direction de Benny Gantz, Yesh Atid sous la direction de Yair Lapid, et Telem sous la direction de Mohse Yaalon. L’alliance était focalisée sur la défaite du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Cependant, elle s’est effondrée après les élections de mars 2020, lorsque Gantz a décidé de négocier avec Netanyahu pour former un gouvernement de coalition.

Le parti Kakhol lavan se présente comme un parti centriste qui vise à unir la société israélienne. Il plaide pour une limitation du mandat des Premiers ministres à huit ans, et soutient Israël en tant qu’État juif et démocratique qui équilibre son identité juive avec la liberté individuelle. Il promet de protéger la majorité démographique juive d’Israël dans le cadre de sa politique de sécurité nationale.

Affiches de campagne électorale montrant le leader du parti Kakhol lavan, Benny Gantz,à Tel Aviv, le 14 mars 2021. (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

Kakhol lavan soutient le renforcement des principaux blocs d’implantations et la garantie d’une « vie quotidienne normale » pour les Israéliens dans toutes les implantations. Parallèlement, il plaide en faveur du développement économique des zones palestiniennes et d’une plus grande liberté de mouvement, afin de préparer le terrain pour un éventuel accord de paix à l’avenir. Le parti propose un nouveau dispositif de service national dans lequel ceux qui ne servent pas dans l’armée effectueront un service civil dans des organismes de sécurité, d’application de la loi, de sauvetage et d’agriculture.

Le parti Kakhol lavan soutient la limitation des transports publics le jour du Shabbat et la réforme des autorités chargées de la casheroute et de la conversion. Il s’engage à investir massivement dans l’éducation, en particulier dans la périphérie mal desservie d’Israël. Le parti est favorable à un partenariat légalement reconnu pour les couples homosexuels et à la gestation pour autrui pour les couples homosexuels. Il s’engage également à investir dans la protection sociale, les infrastructures et la santé.

A LIRE – Gantz: Que veut Israël de ses dirigeants ? Intégrité ou mensonges et manœuvres ?

Principaux visages du parti : Après le président du parti Benny Gantz, qui a été le 20e chef d’état-major général de Tsahal de 2011 à 2015, la liste Kakhol lavan est composée de la ministre de l’Alyah et de l’Immigration Pnina Tamano-Shata, première femme d’origine éthiopienne à la Knesset, de l’ancien maire de Yeruham et actuel ministre des Affaires stratégiques Michael Biton, du ministre de la Culture et des Sports Chili Tropper et de la ministre du Tourisme Orit Farkash-Hacohen.

Le chef du parti Kakhol lavan, Benny Gantz, assiste à une conférence de la Douzième chaîne à Jérusalem, le 7 mars 2021. (Yonatan Sindel/Flash90)

Ce que vous ne saviez peut-être pas : Si ces élections n’aboutissent pas à la formation d’un gouvernement et que les prochaines ne le font pas non plus, Gantz deviendra Premier ministre par intérim en novembre, quels que soient ses résultats aux élections, grâce à l’accord de partage du pouvoir qu’il a conclu avec Netanyahu l’année dernière (en supposant qu’aucune faille ne soit trouvée). Il sera la première personne qui ne s’appelle pas Netanyahu à accéder à ce poste depuis 2009.

— Lazar Berman

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Meretz

Lettres sur le bulletin de vote : מרצ

Ce que le parti propose : Le Meretz est le seul parti traditionnel à se définir comme étant de gauche, offrant un soutien inconditionnel à un État palestinien ainsi qu’aux droits des minorités et au pluralisme religieux en Israël.

Le parti, dirigé par l’ancien journaliste Nitzan Horowitz, se bat une fois de plus pour franchir le seuil électoral de 3,25 % et tente d’encourager la participation en prévenant ses électeurs qu’il est proche de l’extinction politique.

En plus d’appeler à des négociations immédiates avec l’Autorité palestinienne et à l’assouplissement des restrictions imposées à la fois à la bande de Gaza et aux Palestiniens vivant en Cisjordanie, le parti dispose également d’un vaste programme de propositions intérieures progressistes. Seul parti à réclamer ouvertement une augmentation des impôts sur les hauts revenus, Meretz souhaite augmenter considérablement les budgets de l’éducation et de la santé afin de fournir de meilleures infrastructures et d’augmenter considérablement les salaires des enseignants et des infirmières. Il demande notamment l’introduction de la gratuité de l’enseignement dès l’âge d’un an et le recalibrage du budget de la santé afin d’augmenter les investissements dans la médecine publique.

Le chef du parti d’extrême gauche Meretz, Nitzan Horowitz, assiste à une conférence de presse de la Douzième chaîne à Jérusalem, le 7 mars 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Défenseur de la séparation entre la religion et l’État, le programme de Meretz appelle à l’introduction du mariage civil complet pour les Juifs et les non-Juifs, les religieux et les laïcs, les orthodoxes et les progressistes, les couples hétérosexuels et homosexuels. Consacrant la plus longue section de sa plateforme aux droits des LGBT, Meretz souhaite également introduire un budget pour les activités des organisations de la communauté gay, un soutien financier pour les accords de maternité de substitution et des services d’adoption pour la communauté transgenre. Un chapitre spécial de la plate-forme est consacré à la répression de la violence au sein de la communauté arabe.

Le parti refuse de se joindre à un gouvernement dirigé par Netanyahu.

Principaux visages du parti : Nitzan Horowitz est à la tête du parti depuis 2019, date à laquelle il a remporté une primaire à l’issue du premier tour des élections. L’ancienne dirigeante du parti, Tamar Zandberg, est deuxième sur la liste du parti. La liste comprend également l’ancien chef d’état-major adjoint de Tsahal Yair Golan, la militante pacifiste Raida Rinawi-Zoabi et l’ancien député Issawi Frej.

Ce que vous ne saviez peut-être pas : Nitzan Horowitz est le premier chef d’un parti politique à être ouvertement gay. Il n’est que le deuxième membre de la Knesset ouvertement homosexuel a avoir été élu, après son collègue du parti Meretz, Uzi Even, qui a siégé au Parlement israélien de 2002 à 2003.

— Tal Schneider

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Ra’am

Lettre sur le bulletin de vote : ר

Ce que le parti propose : La faction est avant tout un parti islamique socialement conservateur. Connu en hébreu sous l’acronyme Ra’am, qui signifie « tonnerre, le parti est la branche politique du Mouvement islamique d’Israël.

Comme la Liste arabe unie, Ra’am estime que la montée de la violence et du crime organisé dans les communautés arabes israéliennes sont la priorité. Ils souhaitent également faire annuler la loi de 2018 sur l’État-nation qui définit Israël comme l’État-nation du peuple juif et rétrograde le statut officiel de la langue arabe.

Le président du parti Raam et député de la Liste arabe unie Mansour Abbas à la Knesset à Jérusalem, le 11 novembre 2020. (Hadas Parush/Flash90)

Le parti demandera également l’abrogation d’une loi de 2017 qui a fait drastiquement augmenter les pénalités pour les constructions illégales arabes. De nombreux électeurs de Ra’am sont bédouins et vivent à 60 % dans des villages non reconnus par Israël. Certains villages, considérés illégaux par Israël, font l’objet de démolitions.

Ra’am est conservateur sur les questions de droits des homosexuels et a voté contre une loi interdisant les thérapies de conversion l’été dernier.

A LIRE – Homosexualité : La « thérapie de conversion » est loin d’avoir disparu en Israël

Cependant, au-delà de ses politiques controversées, Abbas et ses collègues ont fait sensation pour la façon dont ils comptent arriver à leurs fins.

Ra’am n’a pas exclu de siéger dans la coalition de Netanyahu. « Nous ne sommes dans la poche ni de la droite ni de la gauche », ont martelé les représentants du parti dans les interviews. Abbas a été jusqu’à suggérer qu’il voterait en faveur de l’immunité pour Netanyahu, face à ses déboires juridiques, dans le cadre d’une négociation.

Principaux visages du parti : Le chef de Ra’am Mansour Abbas est passé de l’obscurité aux feux de la rampe en quelques mois. Dentiste de formation et originaire de la ville de Maghar, majoritairement druze, Abbas est entré à la Knesset pour la première fois en 2019.

Il a promis d’ouvrir une nouvelle voie dans la politique arabe israélienne, afin de permettre aux Arabes israéliens d’être véritablement influents dans le processus décisionnel israélien. Ses partisans le décrivent comme pragmatique et il affirme être décidé à mettre en œuvre des accomplissements législatifs tangibles pour le commun des mortels. Ses détracteurs le disent dénué de principes, ténébreux et assoiffé de pouvoir.

Ce que vous ne saviez peut-être pas : Traditionnellement, l’Union des étudiants arabes de l’Université hébraïque est contrôlée par le parti communiste arabo-juif Hadash. Récemment, un seul étudiant politique a renversé le règne de Hadash dans la plus ancienne université d’Israël : le dirigeant de Ra’am, Mansour Abbas.

— Aaron Boxerman

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Affiches de campagne du Likud, de Yesh Atid et de Liverman à Bnei Brak, le 14 mars 2021. (Crédit : AP Photo/Oded Balilty)

Petits partis

Nouvelle économie [יז] — Ancien comptable et fervent détracteur des politiques de Netanyahu, Yaron Zelekha a créé son parti en décembre pour « sauver Israël de la destruction économique ».

Yaron Zelekha visitant un supermarché, dans le documentaire (crédit : Youtube)

Zelekha, qui brigue le ministère des Finances dans le prochain gouvernement, a fustigé la gestion du volet économique de la crise sanitaire face aux confinements en série qui ont vu la fermeture de nombreuses entreprises et les taux de chômage monter en flèche.

Le Bloc de la Bible ou Gush Hatanachi [יק], se présente comme la première liste judéo-chrétienne à la Knesset. Le parti comprend des représentants des deux religions, y compris un Juif messianique, David Friedman (qui n’est que l’homonyme de l’ancien ambassadeur américain). Le parti souhaite la préservation des « valeurs judéo-chrétiennes » qui, dit-il, sont menacés par l’islam radical et promet de lutter en faveur de la population chrétienne en Israël, sous-représentée, dans laquelle sont compris les immgrants non-juifs de l’ex-URSS.

Toi et Moi (Ani VeAta) [כך] appelle à la création d’une plateforme qui permettra au public de contribuer plus directement au processus démocratique « afin de rompre le lien illicite entre la politique et l’argent qui a pris le contrôle de notre démocratie ». Le parti attribue au « règne d’extrême-droite » et « la faible opposition » le fait qu’Israël soit devenu une « ploutocratie » et veut rendre le pouvoir au peuple.

Les Pirates (HaPiratim) [ףז] – Les dirigeants de la branche israélienne du parti pirate définissent leurs objectifs comme la promotion de la liberté d’expression, de la science, de l’individu et du droit de prendre du matériel protégé par le droit d’auteur, ainsi que « le développement et la promotion du secteur pirate » et une démocratie directe. Le parti est connu pour ses farces idiotes, comme leurs déguisements pour déposer l’enregistrement, mais a également défendu l’utilisation d’Internet dans la démocratisation de la société. Cette question a pris une autre tournure cette année, quand il a failli manquer de s’inscrire à cette élection parce que le président du parti Ohad Shem-Tov était coincé à l’étranger et les autorités ont rejeté une demande lui demandant de s’enregistrer par Zoom. En fin de compte, le parti a trouvé un membre de la liste dans le pays qui pourrait déposer au nom de Shem-Tov.

Les représentants du Parti Pirate enregistrent leur liste pour l’élection du 2 mars 2020 à la commission centrale électorale à la Knesset, le 15 janvier 2020. (Raoul Wootliff/The Times of Israel)

Le parti des pirates se présente à toutes les élections israéliennes depuis 15 ans. Il n’a jamais gagné de siège à la Knesset.

Kevod Ha’adam (Respect pour l’Humanité) [יף] est un parti qui vise à défendre le caractère juif et démocratique d’Israël, la sécurité d’Israël, la défense des droits civiques, sociaux et culturels, l’immigration, le libre-échange et la réductions des disparités socio-économiques.

Tzomet (Jonction) [זץ] — Lors des élections d’avril 2019, après que le député du Likud Oren Hazan a essuyé une défaite cuisante aux primaires du parti, l’enfant (vraiment) terrible de la Knesset a créé sa faction en reprenant le nom d’un parti qui avait intégré la Knesset en 1988 mais était en sommeil après avoir échoué aux élections de 1999. Hazan a depuis quitté le parti mais la faction se présente toujours avec un programme « pro-implantation et agriculture ».

Arieh Avni. (Capture d’écran : YouTube)

Rappeh (Guérison) [ר] est un parti politique dirigé par un ancien médecin Arieh Avni, qui a récemment perdu son droit de pratiquer après qu’il a diffusé des théories complotistes au sujet des vaccins contre la COVID-19 sur les réseaux sociaux. Il possède un site plébiscité par les anti-vax où il publie une multitude d’articles sur la pandémie et la campagne de vaccination en Israël et y fustige les autorités sanitaires israéliennes. Il dirige également la page Facebook « Correct Medicine: Dr. Arieh Avni ».

Halev HaYehudi (Le cœur juif) [כ] est dirigé par Eli Yosef, un militant des droits de l’homme connu pour son action contre les ventes d’armes israéliennes aux dictatures. Il affirme que son parti « fera payer Israël pour ses crimes et apportera la réparation et la guérison ».

Seder Hadash (Nouvel ordre) [קך] vise à réformer le système électoral en une démocratie représentative basée sur les circonscriptions, dans laquelle les régions votent pour des candidats pour les représenter à la Knesset.

HaBilti Efshari Efshari (L’Impossible est Possible) [ק]cherche à permettre une vaste expansion des investissements étrangers sur les marchés israéliens, faisant valoir que les prélèvements sur ces accords et les développements futurs qu’ils produisent rapporteront des milliards dans les caisses d’Israël.

The Mishpat Tzedek (Procès équitable) [קץ] est un parti créé par Larissa Trimbobler-Amir. Elle demande un nouveau procès pour son mari Yigal Amir condamné et « tous les autres innocents injustement incarcérés ».

Yigal Amir, aujourd’hui âgé de 49 ans, purge une peine de prison à vie pour l’assassinat d’Yitzhak Rabin. Il est toujours en isolement, bien qu’il se soit marié en prison en 2004 après une longue bataille juridique.

Larissa Trimbobler-Amir, épouse de l’assassin d’Yitzhak Rabin, Yigal Amir, arrive à la commission centrale électorale pour enregistrer un nouveau parti en vue de sa candidature aux prochaines élections israéliennes, le 14 janvier 2020. (Yonathan Sindel/Flash90)

Shema (Écoute) [קי] est un parti dirigé par Naftali Goldman, un homme originaire de Manchester qui affirme qu’Israël est devenu « immoral » et que son parti oeuvrera « à une société morale qui censure la pornographie pour les enfants, rendra illégal le soutien à l’homosexualité et travaillera en faveur de l’harmonie de l’unité familiale ».

Daam – L’économie verte, un pays [ץ] est un parti judéo-arabe présidé par Yoav Gal Tamir qui milite pour un état socialiste binational.

Kama – Faire progresser le statut de l’individu [קץ] est un parti fondé par quatre épouses d’un chef de culte polygame qui avait été reconnu coupable de violences à l’encontre des membres de sa famille, il y a six ans. Elles vivent encore ensemble, se considèrent toujours comme ses épouses et le vénèrent. Pour les quatre femmes, l’affaire entière a été montée de toutes pièces. Elles ont pour objectif de combattre l’intervention du gouvernement dans la vie privée des Israéliens.

Des femmes du culte Ambash parlent aux journalistes à la Knesset alors qu’elles viennent présenter leur liste électorale à la commission centrale des élections, le 1er août 2019 (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

‘Hetz (Flèche) [צף] est un parti centriste laïc sioniste fondé par le député Avraham Poraz à la fin des années 2005 avec les membres du parti Shinouï qui ont démissionné du parti quand Poraz a perdu. Malgré ses neuf députés, le parti n’a pas réussi à entrer à la Knesset en 2006. En 2012, Hetz a été récupéré par Tzipi Livni pour former la base de son parti HaTnua. Il se présente cette fois-ci indépendamment sous la direction de Lior Shapira.

Democratit (Démocratiquement) [רק] est un parti formé par les chefs de file des manifestations qui se déroulent chaque semaine devant la résident de Netanyahu depuis deux ans. Ses membres appellent à la limitation des pouvoirs du gouvernement pour endiguer la corruption et entériner la liberté d’expression dans les Lois fondamentales.

Am Shalem (Nation entière) [רף] – Le chef du parti Haim Amsalem a fait scandale en 2011 quand il quitté le parti ultra-orthodoxe pour manifester son opposition au refus de la conscription des jeunes ultra-orthodoxes. Ne parvenant pas à intégrer la Knesset en 2012, Amsalem est devenu un habitué de la télévision israélienne et se présente comme un rabbin ultra-orthodoxe qui reconnait les failles de sa communauté. Lors des élections d’avril 2019, il s’est présenté avec le parti d’extrême-droite libéral Zehut, qui n’a pas franchi le seuil électoral et a choisi de ne pas se présenter aux deux scrutins qui ont suivi.

Le numéro deux du parti Zehut, le rabbin Haim Amsalem, s’adresse aux électeurs potentiels à Safed, le 9 mars 2019. (David Cohen/Flash90)

Anachnu (Nous) [נר] promet de s’attaquer à une série de questions sociales mais vise particulièrement à corriger le système électoral en Israël. Le parti affirme qu’Israël souffre d’un « sévère manque de gouvernement » et que des réformes « profondes » et immédiates sont nécessaires pour permettre une meilleure représentation de la société israélienne dans son ensemble.

Olam Hadash (Nouveau monde) [ני] veut se mettre au service des secteurs plus faibles de la société israélienne, notamment les seniors, les indépendants et les immigrants. Le parti s’est engagé à doubler le montant des retraites et siègera avec n’importe quel Premier ministre pour parvenir à ses fins.

HaMapatz HaChevrati (Révolution sociale) [י] est un parti composé de travailleurs sociaux et de militants décidés à « faire en sorte que le gouvernement israélien assume la responsabilité de ses citoyens en fournissant une aide sociale pour permettre à tous les citoyens israéliens de vivre une vie agréable ».

Atzmanu Atzmaim Liberalim (Travailleurs indépendants libéraux) [צי] a été formé après les protestation des travailleurs indépendants impactés par les restrictions liés aux confinement successifs dans le cadre de la lutte contre le coronavirus. Le parti affirme que les indépendants ont été « négligés depuis la création de l’Etat » et promet de changer le statut des petits commerçants israéliens.

Des propriétaires de commerces protestent contre le confinement national en cours à Tel Aviv, le 15 octobre 2020. (Flash90)

Tikva LeShinui (L’espoir du changement) [רנ] est un parti arabe israélien dirigé par Sheikh A’ataf Krinoway, qui dirige l’ONG Social Justice and National Service, basée dans le Negev. Le parti affirme qu’il vise « à apporter la pleine égalité aux Arabes d’Israël et à les intégrer pleinement dans la société et les institutions étatiques ».

HaIsraelim (Les Israéliens) [ז] est un petit parti qui cherche à apporter des « changements sociaux » et qui affirme que le maire de Tel Aviv Ron Huldai, qui a créé un parti – déjà inactif -, « Israelim », a pris leur nom, contrevenant au protocole électoral. Le parti, qui s’est présenté à trois élections depuis 2009, est dirigé par le guide touristique Yaron Regev.
*Ce parti a finalement abandonné la course dimanche.

Brit HaShutafim (Alliance de partenaires) [ין] est un parti chrétien israélien créé par la capitaine de bateau Bashara Shalian de Nazareth, qui cherche à mieux intégrer les minorités dans la société israélienne et à mettre fin à la discrimination.

The Manhigut Hevratit (Leadership social) [יר] est un parti dirigé par l’ancien député Ilan Meshicha, déterminé à « prendre soin de tous les Israéliens selon la tradition de nos ancêtres ». A l’élection de 2015, le parti de Meshicha avait battu le record en recevant le plus petit nombre de voix accordé à un parti s’étant présenté à la Knesset – 223 personnes avaient voté pour lui. Le précédent record était déjà tenu par Meshicha qui, lors des élections de 2013, avait obtenu 461 voix – alors le plus faible score de l’histoire d’Israël – avec son parti maintenant disparu de la Tradition des pères.

— Raoul Wootliff

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