La Cour suprême rejette la disqualification d’Ibtisam Mara’ana aux élections
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La Cour suprême rejette la disqualification d’Ibtisam Mara’ana aux élections

Dans une décision à 8 contre 1, les juges ont statué qu'il n'y avait "aucune base probante suffisante" pour interdire à la candidate de se présenter malgré ses propos litigieux

Ibtisam Maraana, membre du Parti travailliste, lors d'une première réunion du parti avec les nouveaux élus à Tel Aviv, le 2 février 2021. (Avshalom Sassoni/Flash90)
Ibtisam Maraana, membre du Parti travailliste, lors d'une première réunion du parti avec les nouveaux élus à Tel Aviv, le 2 février 2021. (Avshalom Sassoni/Flash90)

La Cour suprême a statué dimanche que la candidate travailliste Ibtisam Mara’ana était autorisée à se présenter lors des prochaines élections, renversant une décision de la commission centrale électorale, qui l’avait jugée inapte à se présenter en raison de certains propos considérés par certains comme étant anti-sionistes.

Les juges ont voté à huit voix contre une en faveur de Mara’ana. Seul le juge David Mintz a voté contre.

« Le tribunal a déterminé que bien que les propos de Mara’ana, tels que présentés dans la requête, soient scandaleux, aucune base probante suffisante n’a été présentée – quantitativement ou qualitativement – qui justifie la récusation de Mara’ana pour les raisons sur lesquelles la [décision] de la Commission électorale centrale était fondée », ont écrit les juges dans leur décision.

De son côté Mintz a cité les commentaires de Mara’ana dans une interview de 2008 appelant à la destruction de la ville de Zichron Yaakov, au nord du pays, disant que cette remarque était un « appel explicite à détruire les gens qui s’y trouvent ». Il a également critiqué ses excuses comme étant « faibles » et a déclaré qu’il n’y avait aucune preuve qu’elle ne « soutenait plus ces objectifs inappropriés ».

Mara’ana a salué la décision du tribunal.

« Mettons-nous au travail pour la démocratie, les femmes, la coopération judéo-arabe, les droits de l’homme, sans distinction de sexe, de nationalité ou d’orientation sexuelle », a-t-elle écrit sur Facebook.

Le président d’Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir, s’adresse aux médias au siège du parti à Jérusalem, le soir des élections, le 2 mars 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

L’une des demandes de disqualification de Mara’ana a été déposée par le parti d’extrême droite Otzma Yehudit, qui se présente aux élections du 23 mars dans la liste du sionisme religieux. Itamar Ben Gvir, le chef d’Otzma Yehudit, a attaqué le tribunal à propos de cette décision.

« Le tribunal prouve à nouveau qu’il est incapable de disqualifier un partisan du terrorisme », a déclaré Ben Gvir dans une déclaration vidéo.

Le président de la Knesset, Yariv Levin, un allié du Premier ministre Benjamin Netanyahu au sein du Likud et détracteur de longue date de la Cour suprême, s’en est également pris aux juges.

« La Cour suprême a une fois de plus échoué sur le plan éthique et moral à défendre les valeurs les plus fondamentales de l’État d’Israël », a écrit Levin sur Facebook. « C’est une nouvelle preuve que les tribunaux ont besoin d’un changement fondamental et d’une réforme globale, avant tout dans la méthode de sélection des juges ».

Le tribunal a précédemment annulé les décisions de la Commission centrale électorale qui avait disqualifié des candidats. Elle s’est dernièrement prononcée contre le bannissement de la députée de la Liste arabe unie Heba Yazbak. Yazbak avait partagé des messages sur les réseaux sociaux qui semblaient faire l’éloge des terroristes.

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