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À peine en poste, le nouveau chef du Mossad limoge son directeur adjoint très expérimenté

"Aleph" renvoyé après 22 ans de service alors que Roman Gofman "met en place une nouvelle équipe de direction" ; cette décision aurait été critiquée en interne, le nouveau chef manquant d'expérience et ayant besoin d'être guidé

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) serrant la main du nouveau chef de l'agence de renseignement du Mossad, Roman Gofman, lors d’une cérémonie de bienvenue, le 2 juin 2026. (Crédit : Haïm Zach/Bureau de la presse gouvernementale)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) serrant la main du nouveau chef de l'agence de renseignement du Mossad, Roman Gofman, lors d’une cérémonie de bienvenue, le 2 juin 2026. (Crédit : Haïm Zach/Bureau de la presse gouvernementale)

Le nouveau directeur du Mossad, Roman Gofman, a annoncé samedi avoir limogé le directeur adjoint de l’agence de renseignement, identifié uniquement par son initiale en hébreu « Aleph », dans le cadre de la première mesure d’envergure qu’il a prise pour remanier la direction des services de renseignement.

Dans un communiqué publié par le bureau du Premier ministre au nom du Mossad, Gofman a déclaré qu’il mettait fin au contrat d’Aleph, car il « cherche à constituer l’équipe de direction qui l’accompagnera pour relever les défis et atteindre les objectifs auxquels l’organisation sera confrontée dans les années à venir ».

Gofman a pris ses fonctions mardi, mettant ainsi fin aux longues procédures judiciaires auxquelles il était confronté depuis que le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait annoncé sa nomination en décembre 2025. Il occupait précédemment le poste de secrétaire militaire de Netanyahu.

Selon le communiqué, au cours de ses 22 années de service, Aleph a été à l’avant-garde des activités opérationnelles de l’organisation au sein de trois divisions différentes, en a commandé deux et a mené une série d’opérations novatrices. Pour ses réalisations, il a reçu cinq prix de la sécurité d’Israël.

Gofman a remercié Aleph pour ses services et ce dernier lui a souhaité plein succès dans ses nouvelles fonctions, indique le communiqué.

Aleph était connu au sein de l’agence de renseignement du Mossad comme un « bibiste » – un partisan de Netanyahu – mais il était également le candidat préféré du prédécesseur de Gofman, David Barnea, pour prendre la relève, a déclaré une source bien informée à la chaîne N12.

Roman Gofman (à gauche), succédant à David Barnea (à droite) à la tête de l’agence de renseignement du Mossad, lors d’une cérémonie en présence du Premier ministre Benjamin Netanyahu, le 2 juin 2026. (Crédit : X)

Gofman a écarté Aleph pour mettre un terme à cette « saga », a déclaré la source.

Sa décision de limoger Aleph a été critiquée en interne, car le nouveau chef du Mossad, qui ne parle par ailleurs pas anglais, n’a aucune expérience en matière de renseignement et ne connaît pas bien l’agence, selon le site d’information Ynet. Les membres de l’agence de renseignement auraient préféré qu’Aleph reste au moins pour aider Gofman à prendre ses fonctions.

Selon Ynet, des sources au sein du Mossad ont également émis l’hypothèse qu’Aleph aurait pu compliquer la tâche de Gofman, puisqu’Aleph était considéré comme le successeur légitime de Barnea.

Barnea se serait opposé à la nomination de Gofman.

Ori Elmakayes assistant à une audience de la Haute Cour de justice concernant un recours contre la nomination du général de division Roman Gofman au poste de prochain chef de l’agence de renseignement du Mossad, le 12 mai 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Gofman devrait choisir un agent du Mossad comme adjoint, ont indiqué des sources à Ynet.

La décision de limoger Aleph est intervenue près d’une semaine après que la Haute Cour de justice a rejeté les recours visant à annuler la nomination de Gofman, ainsi que les allégations selon lesquelles, alors qu’il occupait un poste de commandant supérieur au sein de l’armée israélienne, il aurait agi de manière contraire aux normes de conduite éthique requises pour les hauts fonctionnaires de l’État.

En 2022, alors qu’il était commandant de la 210ᵉ division régionale « Bashan » sur le plateau du Golan, Gofman avait approuvé le recours au blogueur Ori Elmakayes, âgé de 17 ans, pour mener une campagne d’influence en langue arabe contre le régime iranien, ainsi que contre, les groupes terroristes chiite libanais du Hezbollah et palestinien du Hamas.

Elmakayes avait été chargé par son responsable, surnommé le capitaine Tzur, de publier des informations sur sa chaîne Telegram, car celle-ci était lue par des éléments ennemis en Syrie.

Cependant, Elmakayes a été arrêté et interrogé par l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet et, selon ses dires, torturé au cours de cette procédure. Il a été maintenu à l’isolement pendant deux mois, puis a été soumis à différentes formes de détention pendant environ 18 mois, jusqu’à ce que les charges soient finalement abandonnées, après que ses avocats ont réussi, tardivement, à prouver qu’il travaillait en fait pour l’armée israélienne.

Une enquête de Tsahal menée en mai 2022 sur cette affaire a révélé que Gofman avait déclaré ne pas connaître l’identité d’Elmakayes ni les détails de l’opération. Cette enquête lui a valu une note disciplinaire dans son dossier, car il n’avait pas obtenu l’autorisation d’utiliser la chaîne Telegram d’Elmakayes dans le cadre de la campagne d’influence.

Elmakayes a déposé un recours contre la nomination de Gofman à la tête du Mossad, car il avait omis d’alerter les forces de l’ordre qu’il travaillait en coopération avec Tsahal, ce qui constituait une violation éthique majeure ayant entraîné le long calvaire judiciaire d’Elmakayes.

L’ONG Mouvement pour un gouvernement de qualité (MQG) avait également déposé un recours, accusant Gofman d’avoir menti lors d’une enquête militaire sur cette affaire, ce qu’elle qualifiait de grave violation éthique.

Illustration: Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) et son secrétaire militaire, le général de division Roman Gofman, dans un hélicoptère, le 30 juin 2024. (Crédit : Maayan Toaf/Bureau de la presse gouvernementale)

La Cour a finalement rejeté les recours, lundi, par une décision prise à deux voix contre une, estimant que, bien qu’il y ait eu des manquements dans la manière dont Gofman avait géré l’incident au cœur des recours déposés contre lui, il n’avait pas délibérément induit l’enquête en erreur ni « abandonné » Elmakayes.

Elmakayes a déclaré accepter la décision du tribunal de ne pas intervenir et penser que Gofman ferait preuve d’une plus grande retenue à la suite de la bataille juridique qu’il avait menée contre sa nomination.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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