Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président russe Vladimir Poutine ont évoqué le conflit syrien lors d’un entretien téléphonique passé dans l’après-midi de mercredi, quarante-huit heures après que des avions chasseurs israéliens ont bombardé une batterie anti-aérienne à proximité de Damas, a fait savoir le Kremlin.

Les deux dirigeants ont également parlé de l’accord sur le nucléaire iranien et du Kurdistan irakien, selon Moscou.

« Il y a eu une discussion approfondie sur les moyens de résoudre la crise syrienne, la situation qui entoure le programme sur le nucléaire iranien et les résultats du référendum au Kurdistan irakien », a indiqué le communiqué de Moscou.

Selon le communiqué, l’appel téléphonique a été initié par Israël. Aucun commentaire n’a encore été rendu public par le bureau du Premier ministre.

La Russie est l’un des plus forts soutiens du président syrien Bashar Assad et Jérusalem s’est heurté à Moscou en raison des craintes de l’Etat juif que l’Iran n’utilise le chaos en Syrie pour s’implanter aux portes d’Israël.

Mercredi après-midi, les sirènes d’alerte à la roquette ont été déclenchées sur les bases de l’armée israélienne du plateau du Golan, à proximité de la frontière de l’Etat juif avec la Syrie. Tandis que les alarmes ont été activées par des combats de l’autre côté de la frontière, elles ont souligné les tensions qui atteignent actuellement des sommets dans la zone.

Sergueï Choïgou, le ministre russe de la Défense, à gauche, Avigdor Liberman, au centre, ministre de la Défense, et Gadi Eizenkot, chef d'état-major de Tsahal, à Tel Aviv, le 16 octobre 2017. (Crédit : Ariel Hermoni/ministre de la Défense)

Sergueï Choïgou, le ministre russe de la Défense, à gauche, Avigdor Liberman, au centre, ministre de la Défense, et Gadi Eizenkot, chef d’état-major de Tsahal, à Tel Aviv, le 16 octobre 2017. (Crédit : Ariel Hermoni/ministre de la Défense)

S’exprimant peu de temps après les sirènes, le ministre de la Défense Avigdor Liberman a affirmé qu’Israël « dispose de tous les outils pour gérer » les défis induits par la présence de l’Iran en Syrie.

« Les Iraniens tentent de prendre le contrôle de la Syrie pour devenir la puissance dominante là-bas », a-t-il expliqué.

Dans la matinée de mercredi, le chef de l’armée iranienne a menacé Israël alors qu’il se trouvait en visite à Damas, disant que Téhéran ne tolérerait aucune violation de la souveraineté syrienne par l’Etat juif.

Liberman, qui a rencontré cette semaine le ministre russe de la Défense Sergey Choïgou à Tel Aviv, a ajouté que ces menaces soulignaient la justesse des avertissements répétés de l’Etat juif que l’Iran cherche à établir une présence permanente en Syrie et à prendre pour cible Israël, précisant que l’Etat juif ne le permettra pas.

La Russie est entrée dans la guerre civile syrienne en 2015 pour soutenir le régime du président syrien Bashar al-Assad, bombardant les groupes rebelles qui s’opposent à Damas. Assad est également appuyé par l’Iran qui a fourni de l’argent, des hommes et du matériel au chef syrien assiégé.

Lundi, des avions chasseurs israéliens ont bombardé une batterie antiaérienne à proximité de Damas après qu’un avion effectuant une mission de reconnaissance au Liban a essuyé des tirs, selon l’armée israélienne. La Russie a été tenue informée de l’action israélienne en temps réel, ont ajouté les militaires.

Mercredi également, le chef d’Etat major iranien a averti que Téhéran ne tolérerait pas de violations de la souveraineté syrienne par Israël et a juré que les deux pays combattraient conjointement les ennemis de la Syrie.

« Il n’est pas acceptable que le régime sioniste vienne faire des violations en Syrie quand l’envie lui en prend », a déclaré le général Mohammad Bagheri au cours d’une rare visite à Damas qui a commencé mardi soir.

Le président russe Vladimir poutine, à gauche, avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu avant leur réunion à Sotchi, le 23 août 2017. (Crédit : Alexey Nikolsky/Sputnik/AFP)

Le président russe Vladimir poutine, à gauche, avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu avant leur réunion à Sotchi, le 23 août 2017. (Crédit : Alexey Nikolsky/Sputnik/AFP)

Au mois d’août, Netanyahu avait rencontré pendant trois heures le leader russe dans la ville touristique de la mer Noire de Sochi, lui disant qu’Israël voulait agir pour prévenir une présence continue de l’Iran en Syrie.

Suite à cette réunion, Netanyahu avait indiqué que « la majorité de la discussion a été consacrée à la tentative iranienne de s’établir en Syrie, aux endroits où l’EI a été vaincu et qu’il est en train de quitter ».

Selon un communiqué du bureau du Premier ministre publié à ce moment-là, Netanyahu s’entretient régulièrement avec Poutine.

« Il faut noter qu’au cours des deux dernières années, le Premier ministre Netanyahu a rencontré le président Poutine tous les deux ou trois mois pour débattre des problèmes bilatéraux et régionaux avec l’intention de prévenir tout affrontement entre les forces aériennes israélienne et russe en Syrie, jusqu’à présent avec succès », avait dit le communiqué.