1941 est une année charnière dans la politique de la « solution finale ». On passe, comme le rappelle le Mémorial de la Shoah, de la « politique des otages » à la déportation en vue du génocide.

« Le 12 décembre 1941, 743 personnalités juives françaises, dont René Blum, le frère de Léon, Pierre Masse, sénateur et ancien ministre, Jean-Jacques Bernard fils de Tristan, furent parmi les victimes de cette rafle, dite des Notables, ou de l’Ecole Militaire » rappelle François Heilbronn, vice-président du Mémorial de la Shoah.

Il cite de longs passages du livre Le gardien de nos frères d’Ariane Bois qui retrace le quotidien dans le camp de Royallieu, près de Compiègne où la vie est rythmé par ses hommes cultivés et malgré tout encore optimistes :

« Les avocats internés entretenaient ‘leur moral et leur morale’ en rejouant de grandes affaires criminelles, plaidant les cas Stavisky, Landru, Bonnot ou Caillaux dans ‘des baraquements transformés en cours d’assises’. Il y avait là des chefs d’industrie, des économistes, des historiens, et l’on improvisait une sorte d’école où chacun tour à tour était maître et élève ».

Déportés par le 1er convoi en partance pour Auschwitz, la plupart ne reviendront pas.

Une conférence autour de cet événement est organisé au Mémorial de la Shoah le 18 décembre à 14h30 (réservation obligatoire) autour de Serge Klarsfeld, Thomas Fontaine et Antoine Grande.