Le Premier ministre palestinien Rami Hamdallah a annoncé tard vendredi qu’un accord avait été conclu pour qu’Israël reverse à l’Autorité palestinienne les taxes qu’il collecte pour son compte et qu’il avait gelées en rétorsion à son adhésion à la Cour pénale internationale (CPI).

Israël s’est engagé à reverser aux Palestiniens quatre mois –de décembre à mars– de versement, soit près d’un demi-milliard de dollars à l’issue d’une rencontre entre responsables israéliens et palestiniens, dont le chef des services de renseignements palestiniens, Majed Farraj, et le ministre des Affaires civiles, Hussein al-Cheikh, selon un communiqué du bureau de M. Hamdallah.

Selon les médias israéliens, Israël versera en début de semaine 1,8 milliard de shekels à l’Autorité palestinienne, correspondant aux taxes collectées pour son compte depuis décembre.

Israël avait récemment reversé une partie de cette somme aux Palestiniens, qui l’avaient refusée tant qu’elle n’était pas versée dans son intégralité.

Une source proche du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait alors affirmé que l’Autorité palestinienne devait plus de 500 millions de dollars à des compagnies d’eau et d’électricité israéliennes, incluant également dans cette somme les frais de santé des Palestiniens soignés en Israël.

Les Palestiniens refusent que ces dettes soient prélevées sur les taxes qu’Israël lui reverse et conteste ces chiffres.

« Une commission conjointe israélo-palestinienne, et non Israël tout seul » étudiera les dettes palestiniennes, affirme ainsi M. Hamdallah, précisant que la plupart, notamment celles d’électricité, sont dues par des municipalités ou des compagnies privées « et pas le gouvernement ».

Une fois les fonds débloqués, ajoute le Premier ministre, « le gouvernement paiera les salaires des fonctionnaires pour le mois d’avril sans aucune ponction ».

En revanche, alors que les 180.000 fonctionnaires de l’Autorité ne percevaient depuis décembre que 60 % de leurs salaires, les impayés depuis décembre seront reversés « au plus vite », dit-il, sans donner de calendrier.

Lors de la création il y a plus de 20 ans de l’Autorité palestinienne, Israël s’est engagé à collecter en son nom les taxes et les droits de douanes sur les marchandises destinées aux Palestiniens transitant obligatoirement par Israël.

Aujourd’hui, cette somme représente près de 110 millions d’euros par mois, soit les deux tiers des recettes budgétaires propres de l’Autorité palestinienne.