Plus de deux douzaines d’Israéliens sont encore portés disparus à Barcelone vingt-quatre heures après un attentat terroriste meurtrier au camion-bélier, mais aucun d’entre eux ne figurerait parmi les dizaines de victimes, a fait savoir un responsable du ministère des Affaires étrangères vendredi matin.

Selon le ministère, le nombre d’Israéliens à Barcelone encore « hors contact » s’élève à 28 après les efforts livrés au cours de la nuit pour s’assurer qu’aucun ressortissant en séjour dans le pays ne manque à l’appel.

Par ailleurs, le porte-parole Emmanuel Nachshon a indiqué aux responsables de la radio israélienne que ce nombre avait chuté à 20.

Le ministère a fait savoir que le chiffre avait de prime abord augmenté après être entré en contact avec des familles d’Israéliens qui, selon ces dernières, se trouvaient à Barcelone ces derniers jours.

Toutefois, les responsables ont précisé qu’aucun israélien ne figurerait parmi les victimes – décédées ou blessées – de l’attentat.

L’envoyé israélien en Espagne, Daniel Kutner, a fait savoir à la radio israélienne qu’après l’attentat de Barcelone, des diplomates avaient été déployés dans les hôpitaux pour s’assurer qu’aucun ressortissant de l’état juif n’avait été blessé ou tué.

Selon les autorités espagnoles, 13 personnes sont mortes et plus de 100 autres ont été blessées après que le chauffeur d’une fourgonnette blanche a lancé son véhicule dans une rue bondée de touristes dans le centre de Barcelone jeudi après-midi, dans ce qui a été qualifié d’attentat terroriste.

Huit heures plus tard à Cambrils, une ville située à 120 kilomètres au sud de Barcelone, c’est le conducteur d’une Audi A3 qui a frappé les passants, blessant six civils – l’un d’eux est dans un état grave – et un agent de police, a fait savoir le gouvernement de la région espagnole de Catalogne où les deux villes sont situées.

Les forces de l’ordre ont ouvert le feu et tué quatre des attaquants de Cambrils et un cinquième est mort plus tard de ses blessures. La police a fait savoir que les cinq hommes portaient des ceintures explosives.

Le ministère des Affaires étrangères a indiqué ignorer si des Israéliens se trouvaient parmi les blessés lors de ce deuxième attentat.

La police et du personnel médical sur les lieux d'une attaque au camion-bélier sur la Rambla à Barcelone, le 17 août 2017 (Crédit : AFP / Josep LAGO)

La police et du personnel médical sur les lieux d’une attaque au camion-bélier sur la Rambla à Barcelone, le 17 août 2017 (Crédit : AFP / Josep LAGO)

Nachshon a expliqué que les responsables israéliens étaient en contact avec leurs homologues espagnols.

L’Espagne est une destination touristique très prisée des Israéliens, et des centaines de milliers d’entre eux s’y rendent au mois d’août pendant les vacances d’été.

Suite à l’attentat, Kutner a posté sur Facebook qu’Israël se tenait aux côtés du peuple espagnol, de Barcelone et de tous les touristes qui s’y trouvaient.

« Malheureusement, le fléau du terrorisme est familier à notre pays. Toutefois, nous ne permettrons pas à la violence et au mépris de la vie d’entraver notre engagement pour la démocratie et le respect de la loi », a-t-il écrit en se référant à des attentats à la voiture-bélier similaires commis par des terroristes palestiniens en Israël.

Jeudi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a transmis ses condoléances au peuple espagnol suite à l’attentat à la voiture-bélier qui a été revendiqué par l’Etat islamique.

« Israël condamne l’attaque terroriste à Barcelone. Au nom de tous les citoyens d’Israël, je fais part de mes condoléances aux familles des victimes et je souhaite un rétablissement rapide à tous ceux qui ont été blessés », a dit Netanyahu dans un communiqué.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans la salle de crise du ministère des Affaires étrangères où il a été tenu au courant des attentats terroristes de Barcelone en temps réel, le 17 août 2017 (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans la salle de crise du ministère des Affaires étrangères où il a été tenu au courant des attentats terroristes de Barcelone en temps réel, le 17 août 2017 (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

« Ce soir, nous avons encore constaté que le terrorisme peut frapper n’importe où. Le monde civilisé doit unir sa lutte pour le vaincre », a fait savoir le Premier ministre.

Le ministère des Affaires étrangères a plus tard diffusé une photo de la séance d’information sur les événements de Barcelone de Netanyahu avec notamment un appel téléphonique par vidéo avec le personnel de l’ambassade israélienne en Espagne.

Selon le gouvernement régional catalan, des ressortissants de 24 différents pays figurent parmi les victimes tuées et blessées au cours de l’attentat de Barcelone.

Des policiers et deux hommes viennent en aide à une victime après un attentat au cours duquel le conducteur d'une fourgonnette a dirigé son véhicule dans la foule, tuant au moins 13 personnes et faisant environ 100 blessés à la Rambla, à Barcelone, le 17 août 2017 (Crédit : Nicolas CARVALHO OCHOA/AFP PHOTO)

Des policiers et deux hommes viennent en aide à une victime après un attentat au cours duquel le conducteur d’une fourgonnette a dirigé son véhicule dans la foule, tuant au moins 13 personnes et faisant environ 100 blessés à la Rambla, à Barcelone, le 17 août 2017 (Crédit : Nicolas CARVALHO OCHOA/AFP PHOTO)

Les autorités ont indiqué qu’un Belge et une femme grecque avaient été blessés. L’Australie a confirmé que trois de ces citoyens l’ont également été ; deux autres sont des taïwanais et l’un est de Hong Kong, des informations transmises par les gouvernements respectifs. L’Allemagne est actuellement en train de tenter de déterminer si l’un de ses ressortissants figure parmi les victimes. La France a indiqué qu’elle comptait 26 blessés dont 11 grièvement.

Alors que l’attentat a eu lieu à proximité du restaurant casher Maccabi dans le quartier de Las Ramblas à Barcelone, un secteur très fréquenté par les touristes israéliens et d’ailleurs, le conducteur n’aurait pas ciblé les Juifs ou les Israéliens.

Barak Ben Gal, guide touristique israélien à Barcelone et témoin de l’attentat a déclaré à la Deuxième chaîne : « Les gens sont tombés à terre, il y avait des blessés. Il y avait des douzaines de blessés. La zone est complètement évacuée. La police est partout. Il y a des hélicoptères dans le ciel ».

Il a ajouté que « cela fait quatorze ans que je vis ici et c’est la première fois que je vois quelque chose comme ça ».

L’attentat survenu dans le quartier Las Ramblas de la ville en fin d’après-midi a laissé les victimes affalées sur le sol de cette rue historique, couvertes de sang ou assaillies par la douleur, les membres cassés. D’autres ont été emmenés dans les boutiques environnantes par les policiers, arme au poing, ou se sont enfuis, en proie à la panique, hurlant et portant leurs enfants dans leurs bras.

« Il s’agit clairement d’un attentat terroriste qui visait à tuer autant de monde que possible », a dit Josep Lluis Trapero, haut-responsable de la police de la région espagnole de Catalogne aux journalistes jeudi dans la soirée.

Le groupe de l’Etat islamique a revendiqué l’attentat, affirmant dans un communiqué transmis par son agence de presse Aamaq que ce dernier avait été commis par des « soldats de l’Etat islamique » en réponse aux appels lancés par le groupe extrémiste à viser les pays qui ont participé à la coalition intervenue en Syrie et en Irak pour l’éradiquer.

Le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy a qualifié les meurtres d' »attentat terroriste sauvage » et a fait savoir que les espagnols « ne sont pas seulement unis dans le deuil, mais en particulier dans la détermination ferme de venir à bout de ceux qui veulent nous dépouiller de nos valeurs et de notre mode de vie ».