Le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir a appelé jeudi au désarmement de l’organisation terroriste du Hezbollah, avertissant le groupe que des efforts sont en cours dans la région pour expulser ses membres et sympathisants du gouvernement libanais.

Lors d’une conférence de presse dans la capitale saoudienne de Ryad, al-Jubeir a dénoncé le Hezbollah, le qualifiant « d’outil des Gardiens de la Révolution iranienne » et « d’organisation de première catégorie utilisée par l’Iran pour déstabiliser le Liban et la région ».

« Le Hezbollah a kidnappé le système libanais », a-t-il dit.

Al-Jubeir a ajouté que des « consultations et une coordination entre les pays amoureux de la paix et les pays amoureux du Liban sont en cours pour tenter de trouver un moyen qui permettrait de restaurer la souveraineté au Liban et de réduire les actions négatives que mène le Hezbollah dans ce pays ».

Les propos du ministre surviennent alors que le royaume a rejeté certaines informations qui l’accusaient de détenir contre son gré le Premier ministre libanais à Ryad suite à sa démission au début du mois.

L’ancien Premier ministre libanais Saad Hariri donne sa première interview télévisée le 12 novembre 2017, huit jours après avoir annoncé sa démission (Crédit : Capture d’écran)

« L’accusation selon laquelle le royaume détiendrait un Premier ministre ou un ex-Premier ministre n’est pas vraie, en particulier dans le cas d’un allié politique comme » Hariri, a déclaré al-Jubeir lors d’une conférence de presse aux côtés de son homologue français Jean-Yves Le Drian.

« Je ne connais pas la source de ces accusations. Mais nous les rejetons car elles sont sans fondement et qu’elles ne sont pas vraies », a ajouté al-Jubeir, ajoutant que Hariri se trouve en Arabie saoudite de son plein gré et qu’il « partira lorsqu’il le souhaitera ».

Hariri se trouve à Ryad depuis une déclaration faite le 4 novembre à la télévision dans laquelle il a indiqué démissionner de son poste parce qu’il craint pour sa vie, accusant également l’Iran, ennemi juré de l’Arabie saoudite, et son allié libanais du Hezbollah de déstabiliser le Liban.

Mais le président libanais Michel Aoun a refusé d’accepter sa démission depuis l’étranger, affirmant que les autorités saoudiennes « détiennent » Hariri à Ryad contre sa volonté.

Lors de la conférence de presse de jeudi, il a été annoncé que Hariri a accepté une invitation à se rendre en France dans les prochains jours.

Le ministre des Affaires étrangères libanais Gebran Bassil
lors d’une conférence de presse à Paris, le 14 novembre 2017 (Crédit : AFP/Lionel BONAVENTURE)

Aoun a confirmé que Harir et sa famille arriveraient samedi en France, « où il se reposera pendant quelques jours », avant de revenir à Beyrouth pour prendre « une décision concernant sa démission ».

Il a salué la décision de Hariri d’accepter l’invitation française, disant qu’elle « ouvre la porte à une résolution » à la crise politique au Liban.

« J’attends le retour du président (du conseil des ministres) Hariri pour décider de la prochaine initiative au sujet du gouvernement », a indiqué Aoun aux journalistes.

Séparément, jeudi, le ministre des Affaires étrangères libanais Gibran Bassil, lors d’une tournée européenne sur la crise, a indiqué aux journalistes que « notre inquiétude est que (Hariri) puisse revenir et prendre la décision qu’il voudra ».

Bassil s’est exprimé lors d’une conférence de presse à Berlin avec le ministre allemand des Affaires étrangères Sigmar Gabriel, qui a qualifié la situation de « très dangereuse ».

Il a averti les autres pays de ne pas intervenir ou de faire quoi que ce soit qui puisse menacer l’unité et la stabilité du Liban en disant que « toute attaque aura l’inverse que prévu et fera souffrir la région entière ».