BERLIN, Allemagne – L’un des plus grands groupes allemands, Siemens, a financé la publication en allemand des mémoires d’un juif qui avait été forcé à travailler dans l’usine Siemens d’Auschwitz.

Marcel Tuchman, 95 ans, médecin connu de New York, était à Berlin cette semaine pour marquer la publication de la traduction de son autobiographie, Remember: My Stories of Survival and Beyond (Souvenir : mes histoires de survie et plus). La version originale a été publiée par Yad Vashem en 2010 ; l’édition allemande est publiée par Metropol.

S’adressant à un groupe de lycéens allemands, polonais et autrichiens au Centre de documentation du travail forcé nazi de Berlin, Tuchman a déclaré qu’il n’aurait pas survécu s’il n’avait pas pensé que « le monde entier saurait ce qu’il se passait. Cela nous a donné de la force. »

Tuchman est né en Pologne en 1921. Il avait 21 ans quand son père et lui ont été sélectionnés à Auschwitz, parmi 100 autres personnes, pour construire puis travailler dans l’usine Siemens Bobrek, située à l’extérieur du camp principal.

Des prisonniers à la libération du camp Auschwitz-Birkenau en janvier 1945. (Crédit : gouvernement russe/domaine public)

Des prisonniers à la libération du camp Auschwitz-Birkenau en janvier 1945. (Crédit : gouvernement russe/domaine public)

Les SS ont évacué les travailleurs pendant la marche de la mort d’Auschwitz en janvier 1945, puis ils ont été transférés de Buchenwald à Berlin. Quelques mois après, la guerre était terminée. Marcel et son père ont survécu.

A Berlin, Tuchman a rencontré la direction de Siemens et des lycéens, qui participaient à un programme d’une semaine sur l’histoire du travail forcé pendant la période nazie.

Le voyage de Tuchman a été payé par le sénat de Berlin, qui fait venir des survivants pour retracer le passé et rencontrer la jeune génération d’aujourd’hui. Il était accompagné par son fils, le réalisateur de documentaires américain Jeffrey Tuchman, et par l’historien berlinois Thomas Irmer.