Quand une alarme de sirène pour une roquette lancée retentit, les Israéliens connaissent la procédure : se précipiter vers l’abri le plus proche ou, si vous êtes sur la route, vous allonger au sol avec vos mains pour protéger votre tête.

Ce que les politiciens mentionnent comme une « bruine » de roquettes est devenu un élément courant dans le sud d’Israël, même si presque toutes les zones du pays ont fait l’expérience de la menace des roquettes, à un moment donné.

Avant et pendant les sept semaines du conflit entre Israël et Gaza en 2014, le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a tiré des milliers de missiles en direction des communautés israéliennes. Le groupe terroriste du Hezbollah basé au Liban a également ciblé le nord du pays avec des roquettes.

Quand une roquette entre dans le territoire israélien, les capteurs déployés le long de la frontière, avec l’Armée de l’Air Israélienne, envoient des alertes qui précisent la source et le type de la menace qui arrive. Ces alertes entraînent des alarmes dans tout le pays, et les citoyens reçoivent des instructions à la télévision, à la radio et dans leur smartphones pour entrer dans les abris les plus proches.

Maintenant, le Centre de Commandement du Front de l’armée israélienne, en charge de la protection des civils, modernise son système de sirènes pour lui permettre d’être plus sélectif sur les personnes qu’il alerte et à qui il va demander de s’abriter pendant une attaque de roquettes.

Parmi les nouveautés qui sont déployées, on trouve un mélange de systèmes de sirène qui peut être attaché à des haut-parleurs dans les espaces publics, comme les gares, les écoles, les centres commerciaux, les maisons de particuliers pour fournir un autre niveau d’avertissement.

Un système additionnel, déjà en place, correspond à un système de sirènes mobiles qui peuvent être déployées dans des champs ou des zones qui n’étaient pas couvertes par les alarmes auparavant.

Si, à une époque, les habitants d’une région relativement grande se précipitaient pour se protéger, maintenant, les alarmes résonnent dans les zones spécifiques ciblées par les roquettes, a déclaré la lieutenant colonel Yehudit Halifa, la chef de la Branche d’Alerte du Centre de Commandement du Front.

« Nous pourrons donner l’alerte à un niveau de précision pour des villes seules, jusqu’à quelques kilomètres, a déclaré Halifa dans un entretien. Les systèmes disposent d’alertes sélectives, et nous déployons maintenant les systèmes à travers le pays ».

Le système, totalement automatisé, peut aussi diffuser en plusieurs langues, comme le russe ou l’ahmarique ; donc par exemple, les stations radio en ahmarique donneront directement l’instruction aux auditeurs, en ahmarique, d’entrer dans les abris.

Le nouveau système a été développé en coopération par les « meilleurs de cerveaux » avec l’association de l’armée et d’entreprises privées, a déclaré Halifa.

A l’avenir, ces systèmes pourraient être utilisés pour avertir d’autres menaces, comme des tremblements de terre, et même distinguer automatiquement différentes formes de menaces.

« Ce type d’alerte n’existe pas pour le moment ; nous y travaillons », a-t-elle déclaré.