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2,6 Mds de NIS de coupes budgétaires, épargnant les fonds de la coalition, alloués à la Défense

Les figures de l'opposition critiquent ce plan ; les ministères des Transports, de l'Éducation et de la Santé vont perdre à eux trois 860 M de NIS

Une salle de classe prête pour la rentrée scolaire à l'école primaire Paula Ben Gurion, à Jérusalem, le 1ᵉʳ septembre 2026. (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)
Une salle de classe prête pour la rentrée scolaire à l'école primaire Paula Ben Gurion, à Jérusalem, le 1ᵉʳ septembre 2026. (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)

Dimanche, à seulement neuf jours des élections législatives du 27 octobre, le gouvernement a approuvé 2,6 milliards de shekels de coupes budgétaires généralisées dans les budgets des ministères, afin de financer des achats urgents dans le domaine de la défense, tout en laissant intacts les fonds de la coalition…

Ces coupes de 4,9 % toucheront les ministères de l’Éducation, de la Santé, des Affaires sociales, des Transports, entre autres, malgré les avertissements des conseillers juridiques quant à leur impact sur les services publics.

Les dirigeants de l’opposition ont critiqué le gouvernement pour ne pas avoir puisé dans les fonds discrétionnaires de la coalition – des sommes allouées pour répondre aux demandes des partis lors du processus de planification budgétaire, sur la base d’accords politiques conclus lors des négociations de coalition.

La proposition indiquait que ce financement était nécessaire pour « des achats classifiés destinés à équiper le ministère de la Défense », et que les détails de ces achats ainsi que leur caractère urgent seraient présentés à la commission ministérielle des Marchés publics.

Selon la proposition, les responsables de la défense avertissent que « retarder l’approbation du budget jusqu’à la formation d’un nouveau gouvernement pourrait compromettre la réponse de sécurité nécessaire ».

La réduction la plus importante touchera le ministère des Transports, qui perdra 435,1 millions de shekels. Environ 280 millions de shekels seront supprimés du budget du ministère de l’Éducation et 225 millions de shekels de celui du ministère de la Sécurité nationale, qui supervise la police. Une autre réduction de 150 millions de shekels sera opérée sur le budget de la Santé, de 140 millions de shekels sur celui des Affaires sociales et de 104 millions de shekels sur celui du cabinet du Premier ministre. Les autres ministères devraient chacun perdre moins de 100 millions de shekels.

Gare centrale Savidor de Tel Aviv, 24 septembre 2026. (Crédit : Rachel Alroey/Flash90)

Ces coupes devaient principalement porter sur les projets de développement, plutôt que sur le fonctionnement quotidien de chaque ministère.

Dans le domaine de l’éducation, le plan n’aura pas d’incidence sur des aspects tels que les salaires des enseignants, mais se fera plutôt sentir sur les programmes d’enrichissement scolaire, les mouvements de jeunesse et les activités menées par des organisations à but non lucratif, selon la presse israélienne.

Dans le domaine de la santé, les coupes pourraient affecter les organismes de gestion des soins de santé et le panier de médicaments et de traitements qu’ils proposent, les services de santé publique, les hôpitaux, les services de santé mentale, les centres infirmiers de quartier ou encore les services gériatriques.

Les avis juridiques accompagnant la proposition ont mis en garde contre le fait que ces coupes pourraient perturber considérablement les services publics et ont souligné la nécessité pour le gouvernement de faire preuve de « retenue et de modération dans l’exercice de ses pouvoirs » en période électorale, bien qu’ils n’aient trouvé aucun obstacle juridique à cette mesure.

Vue générale de l’hôpital Rambam, à Haïfa, dans le nord d’Israël, le 10 mars 2026. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

David Kopel, conseiller juridique du ministère des Finances, a indiqué que les discussions avec des responsables professionnels avaient permis d’identifier des « sources de financement alternatives » qui auraient des « conséquences moins graves » pour les services publics. Il s’agirait notamment de fonds alloués en vertu de décisions gouvernementales qui n’ont pas encore été mises en œuvre ou qui ne sont pas indispensables au fonctionnement des ministères.

Bien que la proposition ne précise pas à quoi ces fonds sont destinés, cette décision intervient quelques jours seulement après l’approbation par le gouvernement de l’octroi d’un milliard de shekels pour l’achat d’hélicoptères Apache américains, financé en grande partie par des coupes dans un plan quinquennal de développement économique destiné à la communauté arabe. Le montant total alloué aux achats de défense au titre de ces deux décisions s’élève ainsi à plus de 3,6 milliards de shekels. Après des mois de retard, les États-Unis auraient fait pression sur Israël pour qu’il se prononce d’une manière ou d’une autre sur cet achat.

Le chef de l’opposition, Yaïr Lapid, a déclaré que ces achats de défense étaient nécessaires, mais a fait valoir qu’ils auraient pu être financés sans réduire les budgets des affaires sociales et de l’éducation.

« Des milliards de shekels dorment dans les fonds [discrétionnaires] de la coalition. Au lieu que cet argent aille à des fonctionnaires corrompus, à des réfractaires à la conscription et à des déserteurs, il pourrait servir à acheter des hélicoptères Apache », a-t-il déclaré.

Le chef de l’opposition Yaïr Lapid s’exprimant lors d’une conférence, le 12 octobre 2026. (Crédit : Avshalom Sassoni/FLASH90)

« Les coupes dans les budgets des affaires sociales et de l’éducation constituent un crime de plus commis par ce gouvernement à l’encontre de la population productive et dévouée », a ajouté Lapid.

Le député Oded Forer (Yisrael Beytenu) a accusé le gouvernement de faire passer les intérêts politiques avant l’intérêt général.

« Au lieu de réduire les fonds de la coalition alloués à Aryeh Deri, à Shas, à Yahadout HaTorah et à [la députée de HaTzionout HaDatit] Orit Strouk, ils préfèrent procéder à une coupe de 2,6 milliards de shekels dans tous les ministères », a-t-il déclaré, faisant référence respectivement à deux membres ultra-orthodoxes et à une membre ultra-nationaliste de la coalition. Les partis ultra-orthodoxes s’efforcent d’obtenir des financements pour leurs communautés, tandis que HaTzionout HaDatit, sous la houlette du ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a obtenu d’importants financements publics pour l’expansion des implantations en Cisjordanie.

« Ils réduisent les crédits destinés à la revitalisation du nord d’Israël, aux soins de santé et aux services sociaux dans les zones périphériques. Mais il y a toujours de l’argent pour les réfractaires à la conscription [haredim] et les yeshivot. Netanyahu et Smotrich ne toucheront pas à ces fonds », a dénoncé Forer.

Illustration : Oded Forer, député d’Yisrael Beytenu, assistant à une audience à la Cour suprême, à Jérusalem le 3 août 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le député Gilad Kariv (HaDemocratim), quant à lui, a donné une réponse plus succincte, qualifiant la coalition de « gouvernement de voleurs ».

La présidente du Syndicat israélien des travailleurs sociaux, Inbal Hermoni, a déclaré dans un communiqué : « Le gouvernement poursuit sur la voie de la destruction des services sociaux. La défense ne se résume pas aux roquettes et aux intercepteurs, mais passe aussi par la capacité à fournir des services dans les domaines des affaires sociales, de la santé et de la réadaptation. »

Le président de l’Association israélienne des médecins de santé publique, Hagai Levine, a déclaré dans un communiqué que ces coupes budgétaires « nuiront à la santé publique et à la vie des gens. Elles s’ajoutent aux coupes précédentes et à la négligence dont a fait l’objet le système de santé, ce qui témoigne d’un mauvais ordre des priorités » de la part du gouvernement.

Israël a mené des guerres sur plusieurs fronts à la suite du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023 dans le sud du pays. Face aux milliers de victimes militaires et aux blessés civils, à la mobilisation prolongée des réservistes loin de leurs foyers et de leurs entreprises pour beaucoup, ainsi qu’aux tirs de roquettes sur les centres urbains, on a constaté une forte augmentation de la demande en matière de services sociaux, d’affaires sociales, de réadaptation et de santé mentale.

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