3 soldats renvoyés et incarcérés pour avoir refusé de retourner combattre à Gaza
Selon Kan, 4 soldats de la brigade Nahal ont indiqué à leurs commandants qu'ils ne pouvaient pas retourner à Gaza en raison d'une "crise interne profonde" ; le 4ᵉ n'a pas encore été condamné
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Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Trois soldats de la brigade d’infanterie Nahal ont été démis de leurs fonctions et emprisonnés pour insubordination, a annoncé l’armée israélienne dimanche.
Cette affaire a d’abord été révélée par la chaîne publique Kan, puis confirmée par Tsahal.
Selon Kan, quatre soldats du 931e bataillon de Nahal ont été démis de leurs fonctions de combat pour avoir refusé d’entrer dans la bande de Gaza après plusieurs cycles de combats dans l’enclave.
Trois d’entre eux ont été condamnés à des peines de sept à douze jours de prison, tandis que le quatrième n’a pas encore été condamné.
Kan a rapporté que les quatre soldats avaient déclaré à leurs commandants qu’ils ne pouvaient pas retourner à Gaza en raison d’une « crise interne profonde ».
La chaîne a ajouté que les quatre hommes affirment également avoir été envoyés en prison au lieu d’être pris en charge lorsqu’ils ont annoncé leur refus.
Kan a également cité une mère de l’un des quatre soldats, qui a déclaré qu’ils avaient perdu de nombreux camarades au combat, qu’ils avaient été exposés à des scènes difficiles et qu’ils avaient vécu des expériences tragiques.
« Ces choses sont gravées dans leur âme », aurait déclaré la mère.
L’armée a répondu à ce reportage en déclarant que les trois soldats de la brigade Nahal « avaient refusé de participer aux combats dans la bande de Gaza ».
Tsahal a précisé que les soldats avaient rencontré un psychologue, « qui avait déterminé qu’ils étaient aptes à participer aux combats ».
« Après une procédure disciplinaire, les combattants ont maintenu leur refus et ont donc été condamnés à une peine d’emprisonnement dans une prison militaire », a déclaré l’armée.
Tsahal a indiqué que cette affaire avait été traitée « avec sensibilité et conformément aux ordres ».
L’armée a souligné qu’elle considérait « l’insubordination comme un acte grave, en particulier pendant les combats, et qu’elle continuerait à faire respecter la discipline et les valeurs du commandement ».
L’organisation Ima Era (Mères éveillées), qui regroupe des mères de soldats de Tsahal, a déclaré dans un communiqué publié par le quotidien Haaretz que « lorsque les soldats crient à plusieurs reprises qu’ils ne peuvent plus continuer, ce n’est pas une question disciplinaire. C’est une condamnation sans appel d’un système qui a poussé son peuple à bout ».
L’armée est confrontée à un problème croissant de réservistes qui ne se présentent pas à leur poste. Toutefois, les quatre soldats sanctionnés dimanche étaient des conscrits, pour qui le refus est moins fréquent.
L’armée est également confrontée à une crise de santé mentale, notamment à une augmentation du nombre de suicides présumés au sein de ses rangs depuis le début de la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza.
Au cours des dernières semaines, quatre soldats, dont un réserviste qui n’était pas en service, sont morts dans des circonstances qui laissent penser à un suicide, portant à 19 le nombre total de cas depuis le début de l’année.
Depuis le début de l’incursion terrestre à Gaza menée contre le Hamas et lors des opérations menées le long de la frontière de Gaza, le bilan israélien s’élève à 459 morts. Ce bilan comprend également deux policiers et trois civils qui travaillaient pour le ministère de la Défense.
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