37 % des fumeurs israéliens expliquent leur tabagisme par le stress de la guerre
Du côté des jeunes, 24 % déclarent utiliser des cigarettes électroniques et 93 % sont exposés au tabagisme passif ; campagnes anti-tabac et images choc semblent peu dissuasives
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Selon les chiffres de l’Association israélienne de lutte contre le cancer à l’occasion de la Journée internationale sans tabac, célébrée le 31 mai, le pourcentage d’adultes israéliens fumeurs de cigarettes a augmenté au cours de l’année écoulée, passant de 20 % à 24 %.
Près de 37 % des fumeurs ont déclaré avoir récemment commencé, repris ou augmenté leur consommation en raison du stress, de l’anxiété ou de la situation sécuritaire, notamment au moment de la campagne militaire israélo-américaine contre l’Iran, lancée le 28 février dernier.
Un tiers du grand public connaît quelqu’un qui a commencé ou repris le tabac à cause de la situation. Et chez les fumeurs, ce chiffre grimpe à près de 50 %.
Cette enquête nationale révèle par ailleurs un nombre toujours plus élevé de jeunes initiés à la cigarette électronique (le vapotage), et met en lumière l’exposition au tabagisme passif dans les lieux publics ainsi que l’augmentation du taux de tabagisme chez les hommes, qui atteint désormais 34 %.
Chez les 16-34 ans, l’utilisation de la cigarette électronique a fortement augmenté pour atteindre 24 %. Globalement, l’usage de la cigarette électronique s’élève à 15 %. La consommation de narguilé (chicha) est passée de 11 % l’an dernier à 15 %, et l’usage du cigare a grimpé de 2 % à 5 %.
« Nous sommes très préoccupés par les résultats de l’enquête qui indiquent une augmentation du tabagisme, surtout chez les jeunes », explique Moshe Bar-Haim, directeur général de l’Association israélienne de lutte contre le cancer, dans un communiqué.
## Des avertissements graphiques sur tous les produits du tabac
Le tabagisme est donc en hausse malgré les campagnes officielles, les activités éducatives et les avertissements sur les paquets de cigarettes.
A titre de comparaison, les États-Unis, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Canada et le Royaume-Uni affichent des taux de tabagisme de l’ordre de 13 %. En 2023, au sein des pays de l’OCDE, 14,8 % des personnes âgées de 15 ans et plus fumaient quotidiennement. La proportion de fumeurs quotidiens était la plus élevée en Turquie, en Hongrie et en Grèce.
Le 6 août prochain, une loi israélienne entrera en vigueur, exigeant l’impression d’images et de mises en garde choc non seulement sur les paquets de cigarettes ordinaires, mais aussi sur les cigarettes électroniques, les appareils de chauffage du tabac, le papier à rouler et le tabac à rouler.
Parmi les personnes interrogées dans le cadre de cette enquête, moins de la moitié estiment que ces nouvelles dispositions auront un réel effet dissuasif.
Respirer la fumée des autres
La quasi-totalité de la population — 93 % — est exposée au tabagisme passif dans les lieux publics. Quarante pour cent des personnes interrogées font état d’une exposition au tabagisme passif sur leur lieu de travail, 43 % aux arrêts de bus et à la plage, 40 % dans les salles de réception et 49 % dans les restaurants et les cafés.
Selon l’enquête, près de 80 % de la population souhaiterait que les politiques d’interdiction de fumer soient respectées dans les lieux publics. Par ailleurs, cette année, la loi interdisant de fumer dans les lieux publics est un peu mieux connue et comprise par le public, la sensibilisation étant passée de 37 % à 44 %.
Les personnes interrogées savent qu’il est interdit de fumer des cigarettes, des cigarettes électroniques, des narguilés, des cigares et d’autres produits du tabac dans les lieux publics définis par la loi. En secteur arabe, cependant, un pourcentage plus élevé de personnes pense que la loi ne s’applique qu’aux cigarettes (46 %).
M. Bar-Haim explique que l’association est « très inquiète » de « l’exposition au tabagisme passif dans les lieux publics ».
« La loi existe et elle est claire. La lutte contre le tabagisme est un objectif national et doit se traduire par des mesures d’application vigoureuses et efficaces de la loi réglementant l’interdiction de fumer dans les lieux publics », affirme M. Bar-Haim.
Suppression progressive de l’exonération fiscale sur les importations de tabac
Le gouvernement avance dans son projet de suppression de l’exonération des taxes d’importation sur les produits du tabac. Actuellement, une exonération allant jusqu’à 250 grammes de tabac ou 200 cigarettes par personne de plus de 18 ans est accordée à l’entrée dans le pays. Pour les cigarettes électroniques, la limite d’exonération va jusqu’à 10 ml de liquide de recharge, soit cinq cigarettes jetables.
La limite d’exonération sera réduite de moitié à compter du 16 janvier 2027, passant à 100 cigarettes ou 125 grammes de tabac, et 5 ml de liquide de recharge, soit trois cigarettes jetables pour les cigarettes électroniques. À compter du 1er juin 2028, l’exonération fiscale sera totalement abolie.
Essayer d’arrêter
Près de 76 % des fumeurs souhaitent arrêter, et ce chiffre atteint 86 % en secteur arabe, tandis que 72 % regrettent d’avoir commencé.
Près de la moitié de la population (46 %) connaît des fumeurs qui veulent arrêter mais n’y parviennent pas, et 55 % des fumeurs eux-mêmes connaissent encore plus de candidats à l’arrêt.
Les obstacles à l’arrêt du tabac sont la notion de plaisir, l’habitude, la pression et un réel manque de volonté. Les motivations pour arrêter sont par exemple les avantages financiers ou les pressions familiales.
Le mythe de la cigarette électronique « propre »
Les cigarettes électroniques sont parfois perçues comme une alternative « plus propre » ou plus sûre aux cigarettes ordinaires, en particulier chez les jeunes, rappelle l’association. C’est une idée reçue : les cigarettes électroniques peuvent nuire au développement cérébral des adolescents et des jeunes adultes, entraînant des problèmes d’attention, des difficultés d’apprentissage, une instabilité émotionnelle, de la dépression et de l’anxiété.
Il a également été prouvé que l’utilisation de la cigarette électronique pouvait augmenter le risque de développer des tumeurs cancéreuses dans les poumons, la vessie et la cavité buccale.
L’enquête de l’Association israélienne de lutte contre le cancer a été menée ce mois-ci auprès de 565 femmes et hommes, sur un échantillon représentatif de la population, dont 20 % issus du secteur arabe.
« Nous devons travailler à l’augmentation des taxes » sur les produits du tabac, conclut M. Bar-Haim. « Nous devons mener des campagnes d’information, limiter la publicité et interdire totalement la vente de produits du tabac aromatisés, qui sont conçus pour inciter les jeunes à rejoindre le cercle des dépendants. »
la Communauté du Times of Israël !








