39 % des aliments produits en Israël l’an dernier ont fini à la poubelle
Selon un rapport, les ménages ont en moyenne jeté pour 10 785 NIS de nourriture en 2024, 13,3 % de moins qu'il y a 10 ans ; ce gaspillage est en partie responsable de la hausse de 15 % du coût de la vie depuis le début de la guerre
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées
Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

Trente-neuf pour cent des aliments produits en Israël l’an dernier ont fini à la poubelle, pour une valeur totale estimée à 1,3 % du PIB national, selon le dernier rapport de Leket Israel — la Banque alimentaire israélienne.
Rédigé avec l’aide du cabinet de conseil BDO et des ministères de la Protection de l’Environnement et de la Santé, le rapport publié mardi indique que les foyers israéliens ont jeté en moyenne pour 10 785 NIS de nourriture l’an dernier.
La bonne nouvelle, c’est que les Israéliens ont gaspillé l’an dernier 13,3 % de nourriture de moins qu’il y a de cela 10 ans, en passant de 300 à 260 kilogrammes de gaspillage alimentaire par an.
BDO l’explique par une meilleure sensibilisation du public, le remplacement des plats de service par un service à l’assiette dans les cafétérias, une augmentation des commandes alimentaires en ligne (qui a contribué à réduire le surplus de nourriture dans les supermarchés) et des améliorations techniques au niveau du stockage des aliments.
Toutefois, ces gains sont compensés par la croissance démographique et la hausse des prix des aliments, comme en témoigne la valorisation totale des déchets.
Ces dix dernières années, l’économie israélienne a gaspillé pour 211 milliards de NIS de nourriture, indique le rapport.
Le rapport ajoute qu’au-delà du phénomène de gaspillage, 1,5 million environ d’Israéliens (soit 485 000 ménages) souffrent d’insécurité alimentaire et manquent d’une nourriture de qualité en quantité suffisante.
Le rapport estime que ce gaspillage alimentaire a un coût annuel de près de 4,2 milliards de NIS pour l’environnement (en tenant compte de l’eau et des terres mises en oeuvre, de la pollution et du traitement des déchets) et de 5,8 milliards de NIS pour le service de santé (pour traiter les conséquences d’une mauvaise alimentation).
Ces dix dernières années, la loi sur les dons alimentaires a été adoptée puis modifiée afin de permettre que la récupération d’aliments et la sécurité alimentaire soient intégrés au Programme national de sécurité alimentaire et que la récupération d’aliments fasse partie des critères de sélection du ministère du Bien-être pour aider des organisations, sans oublier l’adoption de guides interministériels.
En 2025, le gouvernement a, pour la première fois, publié un projet de plan national destiné à réduire les pertes et le gaspillage alimentaires, mais qui n’est pas encore financé.
Selon Gidi Kroch, président de Leket Israel, l’organisation, qui collecte et distribue des aliments, « prouve depuis des années que la solution existe. »
« Il est possible de sauver des aliments nutritifs, de transformer les déchets en ressource et de connecter l’abondance avec le besoin », explique-t-il. « Depuis 22 ans, Leket Israel travaille avec des milliers d’agriculteurs, de fabricants, de détaillants et de bénévoles pour sauver des aliments de haute qualité et les distribuer à des centaines de milliers de familles en Israël. »
Kroch rappelle que, selon le rapport, chaque shekel investi dans le sauvetage d’aliments qui, autrement, finiraient à la poubelle, rapporte en fait 10,7 NIS en valeur à l’économie.
« C’est une solution rentable, immédiate et durable. Le gouvernement doit allouer des financements appropriés pour atteindre un objectif national clair : un Israël dans lequel on ne gaspille pas de nourriture », souligne-t-il.
Selon Chen Herzog, économiste en chef chez BDO et rédacteur en chef du rapport, le gaspillage alimentaire « est l’un des facteurs explicatifs de la hausse d’environ 15 % des prix des fruits et légumes depuis le début de la guerre. »
« Les zones situées près de la ligne de front, que ce soit au niveau de Gaza ou dans le nord du pays, représentent près de 30 % de la production agricole totale ; les plans de reprise économique pour le nord et le sud doivent inclure une politique nationale opérationnelle visant à réduire le gaspillage et augmenter le sauvetage alimentaire », poursuit-il.
Herzog ajoute que depuis la première publication de ce rapport, il y a de cela 10 ans, le coût annuel du gaspillage alimentaire a augmenté de 45 %, passant de 18 milliards de NIS en 2015 à 26 milliards de NIS aujourd’hui, raison pour laquelle il presse le gouvernement d’agir.
« Le manque d’action politique et de fonds, à l’échelle nationale, pour réduire le gaspillage alimentaire nous met en échec année après année », conclut Herzog.
« Il est important que le budget 2026 inclue des financements permettant de mettre en œuvre le plan national de sauvetage alimentaire, dès cette année. »
la Communauté du Times of Israël !







