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À Abbeville, un festival pour transmettre la mémoire de la Shoah

Du 15 au 19 janvier, la première édition du festival « Les chemins de la mémoire » propose conférences, projections, expositions et rencontres pour interroger la fin de la Shoah et de l’univers concentrationnaire

Capture d'écran du festival «Les chemins de la mémoire»
Capture d'écran du festival «Les chemins de la mémoire»

Du 15 au 19 janvier, Abbeville, commune située dans le département de la Somme en France, accueillera la première édition du festival « Les chemins de la mémoire », consacré à la fin de la Shoah et de l’univers concentrationnaire. Un événement ambitieux, porté par l’association France 40 Mareuil-Caubert, qui entend témoigner, transmettre et lutter contre l’oubli, à l’heure où les derniers témoins disparaissent et où les discours révisionnistes trouvent parfois un écho inquiétant.

« Ce festival vise à honorer la mémoire des victimes, mais aussi à mieux comprendre les mécanismes ayant conduit à une telle tragédie, afin de transmettre ces enseignements essentiels aux générations futures. D’autant que nous assistons à une évolution avec des propos parfois qui ne sont pas adaptés voire sont révisionnistes », explique à la Gazette Aurélien Dovergne, président de l’association et co-organisateur du festival avec Hélène Lemoine-Picard.

La transmission auprès des jeunes générations est au cœur du projet. Enseignante en histoire-géographie au collège Millevoye d’Abbeville, où a été fondé il y a dix ans un club mémoire, Hélène Lemoine-Picard est fortement impliquée dans les actions éducatives liées à la mémoire locale. Elle a notamment participé à plusieurs reprises avec ses élèves au Concours national de la Résistance et de la Déportation.

« Il est essentiel de lutter contre l’antisémitisme, faire comprendre à la jeunesse qu’il ne faut pas que ça recommence, d’autant que demain ce seront eux les passeurs de mémoire », rappelle Aurélien Dovergne à la Gazette. Les élèves seront pleinement associés au festival. Le 15 janvier au matin, des lycéens du lycée Boucher-de-Perthes liront des textes et témoignages de rescapés de la Shoah. Le soir, à 19 heures, des jeunes engagés dans le devoir de mémoire reviendront sur leur participation au Concours national de la Résistance et de la Déportation au Rex Centre culturel. Une cérémonie d’hommage aux déportés se tiendra également le 18 janvier à 11 heures, place du Pilori, avec dépôt de gerbe en présence d’enfants.

Le programme du festival se distingue par la densité de ses rendez-vous et la qualité de ses intervenants. Tal Bruttmann, historien spécialiste de la Shoah et des politiques antisémites en France, interviendra le 16 janvier à 20 heures au Rex Centre culturel.

Roger Fajnzylberg, fils d’Alter Fajnzylberg, résistant communiste polonais déporté à Auschwitz-Birkenau, présentera les cahiers rédigés par son père entre 1945 et 1946.

Delphine Barré, historienne spécialiste de l’histoire de la Shoah, évoquera Jacqueline Mesnil Amar et l’action du Service central des déportés israélites. Laurent Thiery, directeur du programme de recherche sur les déportés du camp de Mittelbau-Dora, abordera quant à lui la question du retour des déportés.

Le festival proposera également plusieurs expositions, dont « La déportation dans les camps nazis », inaugurée le 15 janvier à l’espace culturel Saint-André, ainsi qu’un large cycle de projections et de documentaires. Parmi eux, « Les derniers d’Auschwitz », en présence de la réalisatrice Sophie Nahum, « La Zone d’intérêt » de Jonathan Glazer, « Le procès de Klaus Barbie » ou encore « Le procès de Nuremberg ». Un salon du livre réunira auteurs et illustrateurs, et le vernissage de l’exposition « Simone », en présence des auteurs de la bande dessinée, viendra compléter un programme dense, exigeant et résolument tourné vers la transmission.

Le samedi, différents auteurs et illustrateurs participeront par ailleurs à un salon du livre à la librairie Studio Livres. À 12 heures, le même jour, le vernissage de l’exposition « Simone » se tiendra en présence des auteurs de la bande dessinée, JD Morvan et David Evrard, avec séance de dédicaces en mairie. Le dimanche à 14 heures, le Rex Centre culturel accueillera les projections des films « Une vie » de James Hawes, « La plus précieuse des marchandises » de Michel Hazanavicius et « Le Procès de Nuremberg » de Christian Delage, venant conclure un programme dense, exigeant et résolument tourné vers la transmission.

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