A Paris, Israël et la Syrie auraient convenu d’accélérer la conclusion d’un accord
Selon une source à Damas, la Syrie insiste pour que les violences survenues dans la région druze de Soueida soient considérées comme une affaire interne, soulignant les "indications" qui laissent penser qu' Israël accepterait ce positionnement
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Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Israël et la Syrie auraient convenu d’accélérer leurs pourparlers en faveur de la finalisation d’un accord de sécurité lors de la deuxième journée de reprise des négociations entre les deux pays, des discussions qui ont eu lieu mardi à Paris.
Les entretiens, qui ont commencé lundi – il n’y en avait pas eu depuis près de deux mois – doivent se poursuivre, a confié une source proche des services diplomatiques au Times of Israel, avec les États-Unis dans un rôle de médiateur.
La France elle-même ne doit pas prendre part à ces négociations – qui sont le troisième cycle de pourparlers entre les deux États, à Paris.
Les deux parties ont convenu d’accélérer le rythme des pourparlers et de se rencontrer plus souvent, a déclaré un responsable israélien au site d’information Axios, et elles mettront également en place des mesures visant à instaurer la confiance.
« Les deux pays ont fait part de leur volonté de parvenir à un accord de sécurité dans le cadre de la vision du président Trump pour le Moyen-Orient », a indiqué le responsable à Axios, soulignant que les discussions ont été « positives ».
Une source proche du gouvernement du président Ahmed al-Sharaa, en Syrie, aurait estimé que les pressions américaines ont créé « un terreau fertile pour des progrès potentiels vers un accord de sécurité avec Israël », a fait savoir la chaîne d’information N12.
« Du côté syrien, les indications laissent croire à une orientation positive sur la voie de la formulation d’un accord de sécurité qui répondra aux demandes des deux parties, sans nécessiter la présence militaire [israélienne] en Syrie », a indiqué la source.
« Il semble que les États-Unis soient intéressés par la conclusion d’un accord rapide. Nous sommes prêts à fournir à la partie israélienne des garanties de sécurité qui seront acceptables pour tous en échange de son retrait du territoire syrien. Il s’agit d’une mesure qui rassure à la fois Israël et la Syrie », a-t-elle ajouté.
La source a expliqué, de surcroît, que la Syrie n’avait fait aucun compromis s’agissant de son positionnement concernant Soueida, où Israël a exigé l’ouverture d’un « corridor humanitaire », notant que cette problématique resterait une affaire interne à la Syrie. La région sud du pays avait été le théâtre, l’année dernière, de violences sectaires – notamment de la part des forces du régime – qui avaient entraîné la mort de centaines de personnes appartenant à la communauté druze, qu’Israël s’est par ailleurs engagé à protéger.
« La question sera réglée entre les habitants eux-mêmes, sans armes et sans soutien extérieurs. Il semble que du côté israélien, certains signes puissent indiquer qu’ils sont d’accord sur le principe », a continué la source.
De plus, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a rencontré mardi son homologue syrien, Asaad Hassan Al-Shaibani.
Selon un communiqué qui a été émis par la Syrie, les deux diplomates ont discuté « des moyens de renforcer les partenariats stratégiques entre les deux pays, ainsi que de la volonté de la France de voir ses entreprises reprendre leurs activités en Syrie ».
Barrot doit rencontrer mercredi l’envoyé américain Tom Barrack, ainsi que des membres de la délégation israélienne.
Les discussions qui ont eu lieu à Paris sont principalement consacrées à la relance d’un accord de désengagement de 1974 qui avait établi une zone-tampon, placée sous la surveillance des Nations unies, entre Israël et la Syrie après la guerre de Yom Kippour en 1973, a rapporté lundi l’agence de presse officielle syrienne SANA.
Le président américain Donald Trump, qui souhaite vivement la signature d’un accord, avait demandé au Premier ministre Benjamin Netanyahu de relancer les négociations lors de leur rencontre la semaine dernière à Mar-a-Lago, selon Axios.
Si Netanyahu pense, comme Trump, qu’un accord doit être conclu rapidement, il a insisté pour que ce dernier ne franchisse pas les lignes rouges d’Israël en matière de sécurité le long de sa frontière avec la Syrie, a déclaré le responsable israélien à Axios.
Trump a dit espérer qu’un accord diplomatique soit finalisé après que l’armée israélienne a pris le contrôle de certaines parties du sud de la Syrie, principalement dans la zone tampon patrouillée par l’ONU, dans le sillage de l’effondrement du régime de Bachar al-Assad, au mois de décembre 2024.
Israël, de son côté, a noté que le pays craignait que la région ne tombe entre les mains de groupes terroristes qui seraient susceptibles de l’utiliser comme base pour mener des attaques. L’État juif a ajouté que l’accord de désengagement de 1974, qui avait créé la zone-tampon, avait été temporairement annulé par le renversement d’Assad.
Les soldats de Tsahal ont mené des opérations à l’intérieur de la Syrie, à environ 15 kilomètres au-delà de la frontière, avec pour objectif de saisir des armes qui, selon Israël, pouvaient constituer une menace pour le pays si elles tombaient entre les mains de « forces hostiles ».
La demande d’Israël concernant la création d’un corridor humanitaire à Soueida avait entraîné un blocage des négociations, portant un coup à l’optimisme qui avait été initialement exprimé, avait signalé Reuters, l’année dernière. Des informations rendues publiques au mois de novembre avaient laissé croire que les conditions posées par Israël avaient de nouveau changé et que le pays exigeait dorénavant l’établissement de relations diplomatiques complètes entre les deux pays – la Syrie ayant déclaré qu’une telle perspective n’était pas à l’ordre du jour, ce qui avait encore compliqué les choses.
En décembre, Trump avait exhorté Israël à ne pas tenter de déstabiliser la Syrie et ses nouveaux dirigeants, quelques jours après que des soldats de l’armée israélienne ont affronté des hommes armés dans le sud du pays. Le dirigeant américain a dit être « très satisfait » des résultats obtenus par Sharaa, dont les forces avaient renversé Assad, depuis son arrivée au pouvoir.
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