Abbas assure que l’Autorité palestinienne est prête à gouverner le futur État
Avec d'autres pays, Emmanuel Macron a reconnu la Palestine contre l'avis des États-Unis et d'Israël, pour lesquels la solution à deux États est "inenvisageable" depuis le 7-Octobre
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Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Prenant la parole peu de temps après le président français Emmanuel Macron, le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas a de nouveau condamné le pogrom du 7 octobre mené par une horde de terroristes et de civils palestiniens sous la direction du Hamas et appelé le groupe terroriste à libérer la totalité des otages, déposer les armes et quitter le pouvoir à Gaza.
C’est à distance qu’Abbas s’est adressé à la session, les États-Unis ayant interdit à titre général la délivrance de visas aux dirigeants de l’AP, en représailles à l’annonce de certains pays occidentaux de leur intention de reconnaître un État palestinien lors de cette conférence.
Le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a regretté ce qu’il a qualifié de décision « décevante » des États-Unis lors de son discours à la conférence.
En affirmant son soutien à l’objectif de cette conférence, António Guterres a assuré : « Un État pour les Palestiniens est un droit, pas une récompense. »
Abbas a ensuite exposé les mesures prises par l’AP pour se réformer afin de se préparer à gouverner Gaza dans l’après-guerre.
Le « programme de réformes globales » promeut la bonne gouvernance, la transparence, l’État de droit, pour une réforme du système financier et des systèmes éducatifs de l’Autorité palestinienne. Cette dernière réforme sera conforme aux normes de l’UNESCO et parachevée dans les deux ans, a déclaré Abbas.
Il a poursuivi en confirmant les informations recueillies par le Times of Israel au sujet de la réforme opérée par l’AP de son système décrié de « protection sociale », que ses contempteurs qualifient de « Payer pour tuer » dans la mesure où les prisonniers palestiniens touchent des aides calculées en fonction de la durée de leur peine.
« Nous sommes en train de mettre en place un système unifié de protection sociale, suite à la suppression des aides précédemment versées aux familles de prisonniers et de martyrs. Ce système fait actuellement l’objet d’un audit de la part d’un cabinet international spécialisé », a déclaré Abbas.
Le chef de l’AP s’est par ailleurs engagé à organiser des élections sous observation internationale dans l’année suivant la fin de la guerre.
Dans la lettre adressée en juin dernier à Macron et au prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, Abbas s’était engagé à organiser des élections dans un délai d’un an, sans condition liée à la fin de la guerre de Gaza.
Lundi toujours, Abbas s’est engagé à rédiger une « constitution provisoire » dans les trois mois afin de garantir que tous les partis participant aux élections adhèrent à la charte de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), qui inclut la reconnaissance d’Israël.
Il a déclaré que l’objectif de Ramallah était d’établir un État démocratique adossé aux principes de l’État de droit, de pluralisme, du partage des pouvoirs, de l’égalité, de la justice et de l’émancipation des femmes et des jeunes.
Abbas s’est adressé directement aux Israéliens et aux Juifs du monde entier pour noter que l’AP avait déjà reconnu le droit d’Israël à exister, en 1988 et 1993, et qu’elle le faisait encore aujourd’hui.
« Nous refusons tout amalgame – je répète, tout amalgame – entre solidarité avec la cause palestinienne et antisémitisme. Nous rejetons ce dernier en raison de nos valeurs et principes », a déclaré Abbas.
« Je m’adresse au peuple israélien pour dire que notre avenir et le vôtre passent par la paix. Assez de violences et de guerre. Nos générations méritent la liberté et la sécurité. Pour que les peuples de notre région vivent dans une paix durable et un bon voisinage », a-t-il poursuivi en demandant aux autorités israéliennes de revenir à la table des négociations pour « mettre fin à ces effusions de sang et instaurer une paix juste et globale ».
« Je voudrais saisir cette occasion pour m’adresser aux Juifs du monde entier et leur souhaiter shana tova, a déclaré Abbas en guise de vœux en hébreu pour Rosh HaShana, le nouvel an juif. « Ainsi qu’à notre patient peuple palestinien », a-t-il ajouté avant de conclure avec « Je ne doute pas que les prémisses de la liberté soient à portée de main ».
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