À l’heure de la rentrée des classes, des rapports dénoncent d’importants écarts socio-économiques
Pour un tiers des parents, le coût des déjeuners est problématique ; pour 67 % des familles à faible revenu, les enfants manquent de fournitures scolaires de base et pour 84 % d'entre elles, les activités extra-scolaires sont trop onéreuses
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Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

Deux enquêtes publiées un peu avant la rentrée scolaire, ce lundi, mettent en évidence l’existence de différences socio-économiques persistantes entre les écoliers, des difficultés qui ont un impact sur leur santé et sur leurs facultés d’apprentissage.
Selon une enquête publiée dimanche par Leket Israël – la Banque alimentaire israélienne, plus d’un tiers des parents (35 %) disent renoncer à certains aliments pour la collation de leur enfant à l’école, en milieu de matinée, en raison de leur coût, et un tiers environ disent chercher des alternatives moins chères.
Là où 20 % des parents déclarent renoncer à des aliments plus sains mais chers, ils sont 30 % chez les ménages dont le revenu est inférieur à la moyenne.
La plupart des parents disent faire de leur mieux pour donner une alimentation saine à leurs enfants et les deux tiers d’entre eux estiment que leur progéniture part pour l’école avec ce qu’ils qualifient de repas sain et équilibré.
Mais dans 66 % des cas, leur souci premier consiste à faire en sorte que leur enfant ne rentre pas de l’école sans avoir mangé, quitte à ce qu’il consomme des aliments moins bons pour la santé.
Seuls 55 % des enfants issus de familles à faible revenu ont des légumes dans leur collation de milieu de matinée, contre 67 % des enfants des familles à revenu élevé.
Dans un tiers des cas (34 %), les parents expliquent que le contenu de la boîte à collation de leur enfant est influencé par l’exemple de leurs camarades.
Smadar Hod Ovadia, vice-président de la nutrition et de la qualité chez Leket Israël, explique : « La boîte à collation des enfants est le reflet des réalités économiques d’Israël. Les parents veulent donner le meilleur à leurs enfants, mais ils doivent souvent faire des compromis pour des raisons financières ou sous la pression du groupe. Ces résultats soulignent le besoin urgent de sensibiliser les enfants et les parents aux bienfaits d’une alimentation saine et équilibrée et à l’importance de rendre les aliments nutritifs plus accessibles. »
Elle poursuit : « En notre qualité d’Organisation israélienne de secours alimentaire, nous avons un programme « Leket Briut – Éducation nutritionnelle » destiné à garantir l’accès à des fruits et légumes frais, en plus d’une sensibilisation à la nutrition dans les établissements scolaires, afin que chaque enfant vienne en classe avec un repas sain et nourrissant, quelle que soit la situation économique de sa famille. »
Une enquête qui a notamment été menée par l’Institut de recherche Midgam auprès de 675 parents d’enfants de l’école primaire, avec une marge d’erreur de ±3,7 %.
La semaine dernière, Latet, qui lutte contre la pauvreté et l’insécurité nutritionnelle, a présenté son analyse des chiffres du Bureau central des statistiques et de l’Assurance maladie, dont ceux du rapport 2023 de l’Assurance maladie sur la pauvreté (en hébreu), lequel situe le seuil de pauvreté en Israël à 3 324 shekels par membre de la famille et par mois.
Parmi les principales conclusions du rapport de Latet, on peut citer le fait que sur les plus de deux millions d’élèves qui font leur rentrée :
• 579 142 sont répertoriés comme pauvres – 51 898 d’entre eux au cours préparatoire ;
• 437 989 devraient souffrir d’insécurité alimentaire, 209 653 d’entre eux étant susceptibles de connaitre une insécurité alimentaire grave. En Israël, l’insécurité alimentaire est définie comme l’incapacité d’accéder avec régularité à une alimentation suffisante et équilibrée contenant tous les éléments nutritionnels nécessaires à un bon développement et à une bonne santé.
Des familles bénéficiaires d’aides publiques
Selon cette analyse, 41 % des familles bénéficiaires d’aides publiques ont déclaré qu’au moins un de leurs enfants âgé de moins de 18 ans avait dû travailler l’an dernier en raison de difficultés économiques, contre 17,2 % dans le reste de la population.
Plus des deux tiers de ces familles (67 %) expliquent que leurs enfants manquent de fournitures scolaires de base et de manuels scolaires, un chiffre 4,2 fois plus élevé que dans le reste de la population.
Pour plus de quatre familles sur cinq (84 %), les activités extra-scolaires, cours particuliers ou mouvements de jeunesse sont inabordables. Ces activités sont quotidiennes au sein des familles les plus aisées, car dans les écoles primaires publiques, la journée de classe se termine entre 13 et 14 heures, exceptionnellement à 15 h 30, en cas de journée longue.
Par ailleurs, dans près des deux tiers de ces familles (61,8 %), il n’y a pas d’ordinateur à la maison pour faire ses devoirs.
Gilles Darmon, fondateur et président de Latet, affirme : « La résilience de notre pays se mesure à l’aune du futur que nous offrons à nos enfants, lequel commence en classe, avec des chances égales pour chaque enfant. ”
Latet a collecté des fonds pour offrir 10 000 sacs à dos garnis de cahiers et autres fournitures ainsi que d’une bouteille d’eau.
La moitié des sacs à dos sont destinés à des enfants pauvres et l’autre moitié à des enfants évacués du nord d’Israël ou qui ont perdu leur maison à cause de la guerre contre l’Iran.
Latet estime à un minimum de 600 le nombre des enfants qui feront leur rentrée dans une école temporaire ou alternative.
la Communauté du Times of Israël !







