Antisémitisme : une baisse des actes en 2025, mais un niveau toujours alarmant
Le ministère de l’Intérieur a recensé 646 actes antisémites au premier semestre 2025, en recul de 27,5 % par rapport à l’an dernier
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Les statistiques de l’antisémitisme pour le premier semestre 2025 ont été publiées dimanche 14 septembre par le ministère de l’Intérieur. Si elles marquent un recul par rapport à l’année dernière, elles restent à un niveau bien plus élevé qu’avant les attaques terroristes du Hamas, le 7 octobre 2023.
Entre janvier et juin 2025, 646 actes antisémites ont été recensés. Une baisse de 27,5 % par rapport aux 891 relevés sur la même période en 2024. Mais la comparaison avec les six premiers mois de 2023, où seulement 304 faits avaient été enregistrés, illustre l’ampleur de la progression depuis l’automne 2023. L’effet du 7 octobre est indéniable : en octobre et novembre 2023, pas moins de 1 067 incidents avaient été comptabilisés. En 2025, la tendance reste préoccupante. Le printemps a été particulièrement marqué, avec 126 actes en mai et 139 en juin.
Dans le détail, 422 plaintes concernent des atteintes aux personnes, contre 224 pour des dégradations de biens. Le ministère rappelle toutefois que ces données pourraient être sous-estimées, toutes les victimes ne portant pas plainte.
La région niçoise concentre plusieurs affaires récentes. Le 4 septembre, trois militants pro-palestiniens ont été interpellés près de la synagogue Loubavitch, à Nice. Ils sont soupçonnés d’avoir voulu pénétrer dans le lieu de culte en proférant des insultes. Toutefois, les caméras de vidéosurveillance n’ont pas confirmé une tentative d’intrusion, et les intéressés nient les accusations, affirmant avoir eux-mêmes été insultés et pris à partie. Le lendemain, un ressortissant suisse a été arrêté après avoir injurié un rabbin près de la Promenade des Anglais. Il comparaîtra en mars 2026 pour injures publiques à caractère religieux.
En juillet dernier, toujours à Nice, un homme a été filmé proférant des propos antisémites et homophobes sur la Promenade des Anglais. « La situation en France est terrifiante », dénonçait alors Éric Ciotti dans Nice-Presse. « Aujourd’hui, les Juifs ne se sentent plus en sécurité dans notre pays. C’est une abomination. » Le président de l’UDR s’est également insurgé contre les incidents survenus dans une synagogue du centre-ville : « C’est un acte de plus dans cette escalade de la violence. On a l’impression que toutes les digues ont sauté face à l’antisémitisme, et ce, sans aucune conséquence ! »
Au-delà de la Côte d’Azur, le climat reste pesant pour la communauté juive. « Nous assistons à un retour aux heures les plus sombres de notre histoire », a encore déclaré Éric Ciotti dans Nice-Presse. « Beaucoup de mes amis juifs envisagent de quitter la France parce qu’ils ne se sentent plus protégés par un pouvoir ambigu face à certains mouvements ou manifestations. » Il rappelle qu’« il y a quelques années, quand je disais que des enfants juifs devaient quitter l’école publique en Seine-Saint-Denis, on ne me croyait pas. Aujourd’hui, ce n’est plus seulement l’école qu’ils quittent, c’est le pays. »
La gestion des autorités est aussi critiquée. Le maire de Nice, Christian Estrosi, avait récemment ironisé sur la « tolérance zéro » promise par le préfet des Alpes-Maritimes, Laurent Hottiaux. Ce dernier s’est défendu en affirmant appliquer les directives de l’État. Pour certains responsables locaux, le problème est plus large et renvoie à la politique nationale. « Emmanuel Macron a commis une faute historique en ne se rendant pas au rassemblement républicain après l’attaque du 7 octobre », pouvait-on lire dans Nice-Presse.
Enfin, à Menton, début septembre, la police a dû intervenir devant la synagogue du cours du Centenaire après des insultes antisémites proférées par des passants qui ont ensuite pris la fuite.
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