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Après environ cinq ans de prison au Yémen, les Houthis libèrent une mannequin

Intissar al-Hammadi, qui posait pour des créateurs de mode locaux, les cheveux souvent dévoilés avait été arrêtée pour "entorse aux mœurs locales"

Cette photo non datée, obtenue le 21 avril 2021 sur la page Facebook d'Entisar al-Hammadi. (FACEBOOK / AFP)
Cette photo non datée, obtenue le 21 avril 2021 sur la page Facebook d'Entisar al-Hammadi. (FACEBOOK / AFP)

Les rebelles houthis du Yémen ont libéré ce week-end une jeune mannequin qui s’affichait parfois sans voile et était emprisonnée depuis près de cinq ans pour des entorses aux mœurs locales qu’elle niait, ont indiqué dimanche à l’AFP son avocat et une source sécuritaire.

Intissar al-Hammadi, qui posait pour des créateurs de mode locaux, les cheveux souvent dévoilés, et partageait ses clichés avec ses milliers d’abonnés sur Instagram et Facebook, avait été arrêtée en 2021 alors qu’elle se rendait avec une amie à une séance photo.

Les deux femmes avaient été condamnées l’année suivante par un tribunal local à cinq ans d’emprisonnement pour « fornication », « prostitution » et « usage de drogue », des accusations sans fondement et une atteinte aux libertés des femmes, selon son avocat et des ONG.

« Intissar al-Hammadi a été libérée hier soir et elle est désormais chez elle », a déclaré dimanche à l’AFP son avocat, Me Khaled al-Kamal. « Elle a souffert de nombreux maux et son état s’est détérioré en raison des injustices subies », a-t-il ajouté.

Amnesty International avait appelé quelques mois après son arrestation à la libération immédiate de la mannequin, estimant qu’elle avait été « maltraitée », « forcée de reconnaître plusieurs délits » et punie pour s’être opposée à des règles sociales « profondément patriarcales ».

Née d’une mère éthiopienne et d’un père yéménite, Intissar al-Hammadi avait publié des dizaines de photos en ligne, vêtue d’un costume traditionnel, d’un jean ou d’une veste en cuir, avec ou sans foulard islamique, et avait aussi joué dans deux séries télé locales, selon l’organisation Human Rights Watch (HRW).

Le Yémen était déjà considéré comme l’un des pays les plus durs pour les femmes, mais la situation s’est encore détériorée dans les secteurs contrôlés par les Houthis depuis que le pays a basculé en 2014 dans la guerre civile.

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