Attaques israéliennes à Doha: le Qatar s’entretient avec la présidente de la CPI
En tant qu'État observateur, le Qatar ne peut pas saisir la Cour, mais continue d'explorer « toutes les voies juridiques et diplomatiques disponibles pour garantir la responsabilité » de l'attaque contre le Hamas
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Un haut représentant du Qatar a rencontré mercredi la présidente de la Cour pénale internationale (CPI) alors que Doha cherche à engager des poursuites contre Israël après des frappes sans précédent sur son territoire visant les dirigeants du groupe terroriste islamiste palestinien du Hamas, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères qatari.
Mohammed Al-Khulaifi, qui a été chargé d’entreprendre d’éventuelles démarches légales après l’attaque israélienne, s’est entretenu avec la juge Tomoko Akane à La Haye, a indiqué le ministère.
Le pays du Golfe explore « toutes les voies juridiques et diplomatiques disponibles pour s’assurer que les responsables de l’attaque israélienne contre le Qatar rendent des comptes », a précisé jeudi auprès de l’AFP un responsable qatari, s’exprimant sous couvert d’anonymat en raison de la sensibilité des discussions.
Dans un message publié sur X après sa rencontre avec le président de la CPI, Khulaifi a déclaré que sa visite s’inscrivait « dans le cadre des travaux de l’équipe chargée d’étudier les voies juridiques permettant de répondre à l’attaque armée illégale d’Israël contre l’État du Qatar ».
Le Qatar, en tant qu’État observateur à la CPI, ne peut pas saisir directement la cour.
La frappe meurtrière menée la semaine dernière à Doha, visant des dirigeants du Hamas, a déclenché une onde de choc et vague de critiques à l’international, les Nations unies condamnant une « violation choquante du droit international ». Elle a aussi valu à Israël une rare réprobation du président américain Donald Trump.
Israël et le Qatar, pays médiateur dans les négociations en vue d’une trêve à Gaza, sont tous deux alliés des États-Unis.
La frappe visait les hauts dirigeants du Hamas alors qu’ils se réunissaient pour discuter des efforts visant à conclure un accord entre le groupe et Israël concernant les otages et le cessez-le-feu.
Le Hamas a affirmé que ses principaux dirigeants politiques, installés au Qatar avec l’aval de Washington depuis 2012, avaient survécu à l’attaque qui a tué cinq de ses membres, ainsi qu’un membre des forces de sécurité qataries.
À l’issue d’un sommet extraordinaire lundi à Doha, la Ligue arabe et l’Organisation de la coopération islamique ont appelé « tous les Etats (…) à revoir les relations diplomatiques et économiques avec Israël et à engager des poursuites à son encontre ».
En 2024, la CPI a émis des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, pour crimes de guerre et de crimes contre l’humanité à Gaza. Israël affirme s’efforcer de minimiser les pertes civiles et souligne que le Hamas utilise les Gazaouis comme boucliers humains, en menant ses combats depuis des zones civiles, notamment des maisons, des hôpitaux, des écoles et des mosquées.
La CPI a également émis des mandats d’arrêt contre l’ancien ministre israélien de la Défense Yoav Gallant et le commandant militaire du Hamas Mohammed Deif, tué depuis par Israël.
Israël est en guerre contre le Hamas depuis le 7 octobre 2023, date à laquelle quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut des communautés du sud d’Israël, tué plus de 1 200 personnes, principalement des civils, enlevé 251 otages de tous âges, et commis de nombreuses atrocités et en utilisant la violence sexuelle comme arme à grande échelle.
Israël a réagi en lançant une campagne militaire dont l’objectif vise à détruire le Hamas, à l’écarter du pouvoir à Gaza et à libérer les otages. Les groupes terroristes de la bande de Gaza détiennent 50 otages, dont 47 des 251 personnes enlevées par les terroristes du Hamas le 7 octobre 2023. Vingt d’entre eux seraient encore en vie.
Le ministère de la santé de Gaza, contrôlé par le Hamas, affirme que plus de 64 000 personnes ont été tuées ou sont présumées mortes dans les combats jusqu’à présent. Ce bilan, qui ne peut être vérifié et qui ne fait pas la distinction entre terroristes et civils, inclut les quelque 20 000 terroristes qu’Israël affirme avoir tués au combat et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes qui retombent à l’intérieur de la bande de Gaza.
Le bilan de l’offensive terrestre israélienne contre le Hamas à Gaza et des opérations militaires menées le long de la frontière avec la bande de Gaza s’élève à 469 morts. Ce bilan inclut un officier de police tué lors d’une mission de sauvetage d’otages et des civils qui travaillaient comme sous-traitant pour le ministère de la Défense.
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