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La Cour de cassation confirme un futur procès pour l’attentat de la rue des Rosiers

La Cour de cassation, plus haute juridiction judiciaire, a suivi les conclusions du parquet général qui prônait un rejet du pourvoi déposé par Abou Zayed et la déchéance du pourvoi de Hazza Taha

La plaque commémorative est photographiée lors d'une cérémonie marquant le 40e anniversaire de l'attentat dit « de la rue des Rosiers » ou « du restaurant Chez Jo Goldenberg », un attentat à la bombe et une fusillade dans un restaurant juif à Paris, le 9 août 2022. (Crédit: Emmanuel DUNAND / AFP)
La plaque commémorative est photographiée lors d'une cérémonie marquant le 40e anniversaire de l'attentat dit « de la rue des Rosiers » ou « du restaurant Chez Jo Goldenberg », un attentat à la bombe et une fusillade dans un restaurant juif à Paris, le 9 août 2022. (Crédit: Emmanuel DUNAND / AFP)

Près de 44 ans après l’attentat antisémite de la rue des Rosiers, qui avait fait six morts en 1982, la Cour de cassation a confirmé jeudi la tenue d’un futur procès, qui était contestée par deux accusés.

Cette issue est sans surprise, entérinant une décision du 24 novembre 2025 de la cour d’appel de Paris, qui avait déjà balayé les recours de ces mêmes accusés, les renvoyant vers la cour d’assises spécialement composée.

« Les victimes de cet attentat attendent avec impatience ce procès. Elles se préparent avec détermination et attendent désormais l’audience de pied ferme », s’est réjoui auprès de l’AFP Me David Père, avocat de parties civiles qui espèrent cette audience depuis plus de quatre décennies.

Le pourvoi en cassation émanait des deux suspects mis en examen en France. Abou Zayed, Norvégien d’origine palestinienne aujourd’hui âgé de 67 ans, est considéré comme l’un des tireurs et détenu dans l’Hexagone depuis 2020. Hazza Taha, né en Cisjordanie, 66 ans aujourd’hui, est lui soupçonné d’avoir caché des armes à l’époque et est sous contrôle judiciaire.

La Cour de cassation, plus haute juridiction judiciaire, a suivi les conclusions du parquet général qui prônait un rejet du pourvoi déposé par Abou Zayed et la déchéance du pourvoi de Hazza Taha, en l’absence le concernant de dépôt de mémoire dans les délais prévus.

Principal suspect, Abou Zayed réclamait notamment une extension des investigations à la Syrie.

(Archives) Dans cette photo d’archive prise le 9 août 1982, des pompiers et sauveteurs évacuent un corps après que le restaurant de charcuterie juif Jo Goldenberg a été attaqué, rue des Rosiers à Paris, par des hommes armés qui ont lancé une grenade dans l’établissement et tiré sur des clients avec des mitrailleuses, tuant six personnes et en blessant 22 autres.

« Enquête inachevée »

L’attentat a été attribué au Fatah-Conseil révolutionnaire (Fatah-CR) d’Abou Nidal, groupe palestinien dissident de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

Or, le groupe Abou Nidal a un temps trouvé refuge en Syrie et la défense d’Abou Zayed soutient que des documents dans ce pays permettraient de disculper leur client, qui admet son appartenance passée à ce groupe mais dément en avoir été cadre et réfute les faits dont on l’accuse.

Mais la Cour de cassation retient en substance qu’il existe aux yeux des juges des charges suffisantes pour renvoyer Abou Zayed vers une cour d’assises spéciale pour les chefs d’accusation d’assassinats et tentatives d’assassinats.

« Je ne sais pas dans quel Etat les juges vivent, mais c’est de moins en moins dans celui du droit. Nous aurons donc une enquête inachevée à offrir à nos concitoyens, et probablement un coupable désigné sans preuve à l’audience », a déploré auprès de l’AFP son avocat Romain Ruiz.

Ce 9 août 1982, six personnes ont été tuées et 22 blessées dans le quartier juif du Marais à Paris, dans l’explosion d’une grenade dans le restaurant Jo Goldenberg puis dans une fusillade perpétrée par un commando de trois à cinq hommes.

Dans ce dossier tentaculaire, des juges d’instruction antiterroristes avaient ordonné fin juillet 2025 un procès devant la cour d’assises spéciale contre six hommes suspectés d’être impliqués dans l’attentat.

En dehors d’Abou Zayed et Hazza Taha, les quatre autres suspects font l’objet de longue date de mandats d’arrêt.

Des infirmières et des secouristes transportant un blessé à l’arrière d’une ambulance après l’attentat terroriste du 9 août 1982 contre le restaurant juif Jo Goldenberg, situé rue des Rosiers à Paris. (Crédit : Aulnay/AP)

Rebondissements

Et le dossier a été marqué par de nombreux rebondissements.

Le dernier en date s’est produit en septembre 2025, lorsque les autorités palestiniennes ont annoncé l’arrestation du Palestinien Hicham Harb, superviseur allégué de l’attentat.

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a promis fin 2025, dans le journal Le Figaro, une extradition, « la reconnaissance de l’Etat de Palestine par la France ayant créé un cadre approprié pour cette demande française ».

Hicham Harb, qui a par ailleurs été visé par un mandat d’arrêt allemand de 1988 dans le cadre d’un attentat commis à l’aéroport de Francfort en 1985, est également, entre autres, dans le radar d’enquêteurs, notamment en Italie, pour l’attaque d’une synagogue à Rome en 1982.

Son arrestation interroge depuis des acteurs du dossier, qui se demandent si cette nouveauté majeure pourrait repousser la tenue d’un procès, dont les dates ne sont toujours pas connues.

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