Australie: La prochaine visite de Herzog suscite une déferlante anti-israélienne
Le président doit rencontrer le Premier ministre australien et les familles des victimes de l'attentat terroriste de Bondi, tandis que des groupes anti-israéliens, dont un groupe juif progressiste, réclament son arrestation
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JTA — La visite prévue du président Isaac Herzog en Australie ce week-end – une visite qui avait été programmée dans le sillage du massacre de Bondi Beach, au mois de décembre dernier – a entraîné une opposition généralisée. Des manifestations ont été organisées, y compris de la part de certains Juifs.
Après l’invitation lancée au président israélien par le Premier ministre australien Anthony Albanese, qui l’a convié à venir dans le pays, certains membres du Parti Travailliste et des groupes anti-israéliens et pro-palestiniens avaient demandé l’annulation de cette invitation.
Des demandes qui ont atteint leur paroxysme ces dernières semaines, l’avocat australien spécialisé dans les droits de l’Homme, Chris Sidoti, appelant Albanese à retirer son invitation ou à arrêter Herzog à son arrivée pour « incitation au génocide ».
La ministre australienne des Affaires étrangères, Penny Wong, a défendu cette visite dans une interview accordée à la station de radio ABC, déclarant que cette venue était souhaitée par la communauté juive, éprouvée par l’attentat terroriste survenu lors d’une célébration de Hanoukka, à Sydney, qui avait fait quinze morts au mois de décembre.
« La communauté juive australienne a été la cible d’une attaque terroriste qui était ouvertement antisémite. Quinze Australiens ont perdu la vie, des familles sont en deuil, et c’est la communauté juive qui a demandé la visite du président Herzog », a dit Wong, elle-même une fervente critique d’Israël.
Dans un entretien qui a été accordé au Sydney Morning Herald et qui a été publié vendredi, Herzog a qualifié les déclarations faites par Sidoti de « nouveau mensonge » et de « nouvelle déformation des faits », ajoutant qu’il se rendait dans le pays pour « rendre visite à mes sœurs et frères de la communauté juive afin de de rendre hommage aux familles en deuil et à la communauté, et pour leur apporter du réconfort ».
Herzog devrait séjourner dans le pays de dimanche à jeudi et il devrait rencontrer Albanese ainsi que les survivants et les familles des victimes de la fusillade.
Plusieurs groupes ont demandé l’arrestation de Herzog. Jeudi, Human Rights Watch a mentionné un rapport établi par une commission d’enquête des Nations unies qui a accusé Herzog et d’autres responsables israéliens « d’incitation directe et publique à commettre un génocide », en appelant Albanese à envisager de recourir aux lois locales pour le poursuivre en justice.
« Tout en manifestant une préoccupation légitime à l’égard de la communauté juive, le gouvernement australien ne devrait pas hésiter à dénoncer et à exiger la fin des violations graves et persistantes des droits de l’Homme et du droit humanitaire qui sont commises par le gouvernement israélien », a déclaré l’ONG de défense des droits humains.
Le Conseil juif antisioniste d’Australie a déposé une plainte, la semaine dernière, auprès de la justice, demandant que Herzog soit « arrêté ou interdit d’entrée en Australie ».
La plainte, qui a été déposée conjointement avec la Fondation Hind Rajab et par le Conseil national australien des imams, allègue que Herzog « a incité au génocide et il a aidé et encouragé des crimes de guerre, ce qui le rend inapte à entrer dans le pays en vertu de la loi australienne ».
Israël nie les accusations de crimes de guerre – affirmant que ses actions militaires à Gaza, déclenchées par le massacre qui avait été commis par le Hamas, le 7 octobre 2023, visent des groupes terroristes, accusant ces derniers d’utiliser la population civile comme autant de boucliers humains.
Des manifestations généralisées contre la visite de Herzog ont été prévues dans toute l’Australie par le Palestine Action Group. C’est notamment le cas à Sydney, où la police de Nouvelle-Galles du Sud a annoncé des restrictions sur les mouvements de protestation, invoquant le comportement de certains manifestants qui « continuent d’inciter à la violence et de semer la peur et le chaos ».
La police de Nouvelle-Galles du Sud a déployé des milliers d’agents pour veiller au respect de cette décision. Elle a également averti qu’elle arrêterait les manifestants susceptibles d’enfreindre les restrictions en vigueur.
Si les responsables australiens ont indiqué, lors d’une conférence de presse qui a eu lieu en début de semaine, qu’il n’y avait « aucune menace particulière connue » pour Herzog, un jeune homme de 19 ans originaire de Sydney a été libéré sous caution, jeudi, après avoir été accusé d’avoir proféré des menaces en ligne à l’encontre de Herzog.
Le directeur exécutif du Conseil australien pour les affaires israéliennes et juives, Colin Rubenstein, a condamné les initiatives de protestation alors que le groupe a diffusé vendredi une réfutation des accusations qui ont été lancées contre Herzog.
« Nous sommes troublés et attristés par les groupes et par les individus qui sont déterminés à politiser cette visite en la qualifiant de ‘source de division’ et en tentant de déformer les propos qui ont pu être tenus par Herzog après le 7 octobre », a-t-il dit dans un communiqué. « Nous estimons qu’après Bondi, la visite de Herzog est non seulement appropriée, mais qu’elle constitue un élément essentiel du processus de guérison — et nous sommes convaincus de représenter la grande majorité des Juifs australiens en affirmant cela. »
L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.
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