Banque mondiale, ONU et UE: la reconstruction de Gaza estimée à 70 milliards de $
Pour un responsable de l'ONU, "nous sommes capables" de reconstruire Gaza, mais "les conditions doivent être réunies. Il faut que les otages soient libérés, que les corps soient restitués"
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Cette semaine, les hauts responsables financiers du monde entier ont fait part de leur volonté d’aider à la reconstruction de l’enclave de Gaza, alors que la Banque mondiale et les Nations unies s’attelaient à finaliser une nouvelle estimation des coûts, évaluée à 70 milliards de dollars.
Jeudi, au cours d’une réunion, les membres du Comité du développement, un organisme établi au niveau ministériel qui conseille la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, ont échangé au sujet des défis à relever, a annoncé la directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce, Ngozi Okonjo-Iweala.
« Nous sommes extrêmement reconnaissants qu’un cessez-le-feu ait été conclu, que les tueries aient pris fin, que les otages aient pu rentrer chez eux, et que les Palestiniens puissent désormais se procurer de la nourriture », a déclaré Okonjo-Iweala. « Nous espérons que tout cela nous conduira à la phase suivante, et que celle-ci se déroulera pacifiquement. »
Le cessez-le-feu négocié par les États-Unis entre Israël et le Hamas a permis de mettre un terme à deux années de guerre dévastatrice déclenchée par le groupe terroriste. Mais les responsables de l’ONU affirment que les convois humanitaires peinent à atteindre les zones du nord de Gaza, des zones qui seraient touchées par la famine, en raison des routes endommagées par la guerre et de la fermeture des axes routiers principaux.
Selon le Programme alimentaire mondial des Nations unies, 560 tonnes de nourriture entrent en moyenne chaque jour dans la bande de Gaza depuis l’accord de cessez-le-feu. Des quantités qui restent toutefois bien en deçà des besoins.
Okonjo-Iweala a indiqué que le Comité du développement avait évoqué les questions de la reconstruction de Gaza et de la forme que celle-ci pourrait prendre. Les responsables de la Banque mondiale se sont pour leur part déclarés disposés à travailler avec les populations de la région et d’autres acteurs.
« Nous souhaitons apporter notre aide. Nous espérons donc que cela permettra de faire progresser puis de normaliser la situation… afin que les gens puissent retrouver leur vie normale », a-t-elle ajouté. « Cela prendra beaucoup de temps. »
Haoliang Xu, administrateur par intérim du Programme des Nations Unies pour le développement, a fait savoir à Reuters que les conditions requises pour la reconstruction n’étaient pas encore réunies, précisant que les plans pour une conférence sur la reconstruction prenaient forme, mais qu’aucune date n’avait encore été fixée.
« Le problème est le suivant : par où commencer ? », a souligné Xu, citant les dernières estimations de l’ONU, selon lesquelles plus de 61 millions de tonnes de décombres devaient être retirées de la zone.
« Nous sommes capables de le faire, nous pouvons le faire, mais les conditions doivent être réunies. Il faut que les otages soient libérés, que les corps soient restitués », a-t-il poursuivi. Les abris, a-t-il ajouté, constituent un autre besoin urgent, à l’approche de l’hiver.
En février, la Banque mondiale, l’ONU et l’Union européenne avaient estimé que la reconstruction de Gaza coûterait plus de 50 milliards de dollars, et finalisent actuellement une nouvelle estimation provisoire de 70 milliards de dollars.
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