Rechercher

Ben Gvir menace de démolir la tombe du « père du terrorisme » Qassam près de Haïfa

Le ministre ultra-nationaliste supervise la démolition d’un pavillon sur la tombe d’Ezzedine al-Qassam, qui a donné son nom à la branche militaire du Hamas, qui dénonce une transgression "sans précédent"

Capture d’écran d’une vidéo du ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir devant la tombe de l’extrémiste musulman Ezzedine al-Qassam, le 10 décembre 2025. (Crédit : X)
Capture d’écran d’une vidéo du ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir devant la tombe de l’extrémiste musulman Ezzedine al-Qassam, le 10 décembre 2025. (Crédit : X)

Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a promis jeudi la destruction de la tombe de l’extrémiste nationaliste arabe Ezzedine al-Qassam, enterré en Israël et qui a donné son nom à la branche armée du groupe terroriste palestinien du Hamas.

Le ministre, habitué des polémiques, a posté sur X une vidéo le montrant accompagnant des forces de sécurité en train de démonter une tente de prière située à côté de la tombe de ce militant d’origine syrienne, ayant combattu en Palestine avant la création d’Israël en 1948.

Al-Qassam, qui a combattu les Britanniques et le mouvement sioniste en Palestine mandataire avant la création d’Israël en 1948, a été tué lors d’un échange de tirs en 1935. Sa tombe, située dans la ville de Nesher, au nord de Haïfa, a été vandalisée à plusieurs reprises au fil des années.

« La tombe de l’archi-terroriste Ezzedine al-Qassam à Nesher doit être retirée, et hier à l’aube, nous avons fait le premier pas », a légendé Itamar Ben Gvir, figure de l’extrême droite israélienne. Il avait déjà demandé en août la démolition de la tombe lors d’un débat parlementaire.

Tôt mercredi matin, l’Autorité foncière israélienne, accompagnée de la police israélienne et de la police des frontières, s’est rendue sur place pour démanteler le pavillon qui, selon Ben Gvir, avait été installé sans autorisation par le Waqf, l’organisme musulman financé par la Jordanie qui administre de nombreux sites islamiques en Israël.

La vidéo publiée par Ben Gvir montre une grue en train de démonter le pavillon. Les forces de sécurité ont également retiré des caméras de surveillance installées illégalement autour du site funéraire, ainsi qu’un panneau faisant l’éloge d’al-Qassam.

« C’est la première étape, une étape importante. La prochaine consistera à retirer l’installation incitative appelée la tombe d’Ezzedine al-Qassam », déclare Ben Gvir dans la vidéo. « C’est le territoire de l’État d’Israël, c’est notre territoire, et cette incitation à la haine doit cesser. »

Un gardien du Waqf qui s’était rendu sur place et avait tenté de s’opposer à l’opération a été expulsé, selon le quotidien Israel Hayom.

L’article cite Ben Gvir, déclarant au maire de Nesher, Roi Levi, que « le moment est venu de faire preuve de gouvernance et de souveraineté ».

Dans une déclaration rapportée par Radio Haifa, la municipalité de Nesher a salué l’opération, tout en se distanciant de toute responsabilité directe.

« Nous voyons dans cette action une étape importante vers l’application de la loi et le maintien de l’ordre. Cela étant, il convient de rappeler que le site se trouve entièrement sur des terres appartenant à l’État et que la municipalité de Nesher n’a aucune autorité exécutive. La responsabilité de la gestion de ce lieu incombe entièrement au ministre et au gouvernement », indique le communiqué.

L’an dernier, l’Autorité foncière, auparavant rattachée au ministère des Finances, a été placée sous la tutelle de Ben Gvir à la suite d’une décision gouvernementale.

Capture d’écran d’une vidéo montrant un pavillon de prière non autorisé installé sur la tombe de l’extrémiste musulman Ezzedine al-Qassam, le 10 décembre 2025. (Crédit : X)

Dans un communiqué publié par le Hamas, Mahmoud Mardawi, haut responsable du groupe terroriste, a dénoncé « une atteinte sans précédent aux lieux sacrés » et « une tentative d’effacer la mémoire d’une nation ».

« L’extrémisme est devenu une politique officielle déclarée, nécessitant une position internationale pour freiner cette barbarie », a commenté Mahmoud Marawi, un dirigeant du Hamas cité dans le communiqué.

En août, la commission des Affaires intérieures et de l’Environnement de la Knesset avait examiné la possibilité de déplacer la tombe. À cette période, Israël était toujours en guerre contre le Hamas dans la bande de Gaza, et les otages enlevés lors du pogrom perpétré dans le sud d’Israël par le groupe terroriste le 7 octobre 2023 étaient toujours aux mains de leurs geôliers dans l’enclave.

Selon le site d’information Walla, le président Yitzhak Kroizer (Otzma Yehudit), avait convoqué la réunion après avoir déclaré que « Nous devons effacer la honte et la tache morale que représente le fait que le père du terrorisme, Ezzedine al-Qassam, soit enterré sur un terrain appartenant à l’État. »

Ben Gvir a affirmé lors de cette réunion que la police sécuriserait et protégerait ces démarches, estimant qu’Israël devait envoyer un « message très clair » indiquant que les terroristes notoires « ne seront pas tolérés, même après leur mort ».

Le député Yitzhak Kroizer assiste à un comité de la Knesset, le 12 juillet 2023. (Yonatan Sindel/Flash90)

Dans son communiqué, la municipalité de Nesher a déclaré s’attendre à « la mise en œuvre complète, comme promis », des mesures présentées devant la commission de l’Intérieur de la Knesset.

Né en Syrie, al-Qassam était un extrémiste musulman ayant combattu le colonialisme français en Syrie, puis les autorités britanniques ainsi que la communauté juive sioniste durant le mandat britannique. Il a orchestré de nombreux meurtres de Juifs en Palestine dans les années 1930.

La branche militaire du Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam, porte son nom, tout comme les roquettes Qassam rudimentaires tirées depuis la bande de Gaza vers des centres urbains israéliens du sud du pays.

Ben Gvir, à la tête du parti Otzma Yehudit, est connu pour ses déclarations fracassantes et parfois provocatrices.

Les médias israéliens ont relayé plus tôt dans la semaine des images de l’insigne qu’il arborait à la Knesset, représentant un nœud coulant doré de potence.

Un communiqué de son bureau a indiqué que cette broche symbolisait son soutien à un projet de loi visant à instaurer la peine de mort pour les « terroristes » palestiniens, actuellement examiné par les députés.

Plusieurs élus, dont le chef de l’opposition Yaïr Lapid, ont condamné le port de cet insigne.

En savoir plus sur :
Pour commenter, rejoignez
la Communauté du Times of Israël !
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.

Merci pour votre fidélité !

Si vous voyez ce message, ça veut dire que vous faites partie de nos lecteurs les plus assidus. Pour continuer votre lecture, veuillez rejoindre notre Communauté. Rejoignez-nous maintenant !
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.