Bennett et Lapid s’engagent à renforcer les liens avec la Diaspora s’ils reviennent au pouvoir
Beyahad propose de rattacher le ministère de la Diaspora aux Affaires étrangères et promet de préserver les règles de prière au Kotel, tout en maintenant l’Arche de Robinson comme espace de prière et de rassemblements pluriels
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Les relations entre Israël et la Diaspora seront une priorité absolue pour les anciens Premiers ministres Naftali Bennett et Yaïr Lapid si leur parti, Beyahad, venait à former ou rejoindre le prochain gouvernement israélien, selon un plan de travail communiqué à la Jewish Telegraphic Agency.
Dans le cadre de ce plan, le parti entend renforcer l’importance des Juifs de la Diaspora en transférant la responsabilité de ces relations du ministère des Affaires de la Diaspora et de la Lutte contre l’antisémitisme au ministère des Affaires étrangères.
Ce plan prévoit également l’élection, par la communauté juive de la Diaspora, d’un observateur sans droit de vote à la Knesset, le Parlement israélien.
Le parti s’efforcera par ailleurs de veiller à ce que toutes les branches du judaïsme soient traitées avec respect en Israël, en particulier au mur Occidental, lieu sacré qui fait l’objet d’une controverse entre l’establishment rabbinique orthodoxe israélien et les mouvements non orthodoxes de la Diaspora.
Ce programme est mis en avant alors que les Israéliens s’apprêtent à élire un nouveau Premier ministre et une nouvelle Knesset le 27 octobre. Beyahad est l’une des factions du bloc d’opposition, ou « Bloc du changement », qui espère détrôner Benjamin Netanyahu et son bloc dirigé par le Likud. Beyahad a vivement critiqué le bilan de Netanyahu en matière de relations avec les communautés juives de la Diaspora.
« Les relations d’Israël avec la communauté juive mondiale ne revêtent pas seulement une importance stratégique cruciale ; ce sont les nôtres. C’est un impératif moral », a déclaré Lapid mardi à la JTA.
« Les défis de ces dernières années ont montré que nous partageons un destin commun en tant que peuple et une responsabilité commune quant à l’avenir de notre peuple », a-t-il ajouté.
Selon Lapid, le ministère des Affaires de la Diaspora doit être supprimé « non pas parce qu’Israël n’accorde pas d’importance aux Juifs de la Diaspora, mais précisément parce qu’il leur en accorde ».
« Les relations avec la communauté juive de la Diaspora sont trop importantes pour être utilisées comme un simple poste à attribuer à un homme politique en quête d’emploi », a-t-il déclaré, faisant référence au fait que ce ministère sert souvent de monnaie d’échange dans les accords de coalition.
« Ces liens doivent être gérés de manière professionnelle, au plus haut niveau, par l’intermédiaire du ministère des Affaires étrangères », a-t-il ajouté.
Concernant le mur Occidental, ou Kotel, le parti précise dans ses documents que ce site « est un lieu sacré et fédérateur, et qu’il devrait être un lieu de Shalom Bayit [paix entre nous], et non de discorde civile ».
« Nous œuvrerons pour le préserver en tant que lieu où chaque homme et chaque femme juifs, d’Israël et du monde entier, puissent éprouver un sentiment d’appartenance et de lien, tout en respectant les modalités de prière en vigueur sur l’esplanade du mur Occidental », précise le parti dans son programme.
Les détails du projet précisent que l’extrémité sud du mur Occidental, également connue sous le nom d’Arche de Robinson, restera un espace dédié à « la prière et aux rassemblements de diverses formes », mais ne devra pas « perturber le déroulement des prières orthodoxes sur l’esplanade du Kotel ».
Un tel projet contraste avec la ligne suivie par le gouvernement sortant, qui a fait avancer une législation visant à criminaliser toute prière juive non orthodoxe sur ce site. Ce projet de loi a déjà reçu un avis favorable préliminaire. S’il venait à être adopté, il pourrait mettre à rude épreuve les relations entre Israël et le mouvement réformé, le courant le plus important du judaïsme aux États-Unis.
Ces propositions interviennent alors que l’on observe des signes d’un désenchantement croissant des Juifs de la Diaspora à l’égard d’Israël et de son gouvernement dirigé par Netanyahu. Des sondages récents suggèrent que le soutien à Israël parmi les Juifs de la Diaspora, notamment en raison de ses politiques à Gaza et sur les questions de démocratie, est en baisse.
Une enquête menée en février auprès des Juifs américains par les Jewish Federations of North America (JFNA) a révélé que seuls 33 % des Juifs américains âgés de 18 à 34 ans se considèrent comme sionistes, même si près de 90 % d’entre eux affirment soutenir le droit d’Israël à exister en tant qu’État juif et démocratique.
Un autre sondage Pew, portant sur l’opinion des Américains à l’égard d’Israël, a révélé que les attitudes des Juifs ont évolué depuis 2024. L’enquête a montré que 83 % des Juifs ont désormais une opinion favorable du peuple israélien, contre 89 % en 2024, tandis que 47 % des Juifs ont une opinion favorable du gouvernement israélien, contre 54 % en 2024.
« Nous saluons le fait que Bennett et Lapid reconnaissent l’importance de préserver le mur Occidental en tant que lieu appartenant à l’ensemble du peuple juif, ainsi que leur engagement à y autoriser différentes formes de prière », a déclaré à la JTA Anna Kislanski, PDG du Mouvement israélien pour le judaïsme progressiste (IMPJ).
Elle a toutefois ajouté qu’elle souhaiterait voir davantage de mesures prises pour garantir l’accessibilité de ce lieu à tous les courants de prière juifs.
« Le Kotel n’appartient à aucun courant particulier du judaïsme. Garantir l’égalité au mur Occidental est une obligation de l’État d’Israël envers l’ensemble du peuple juif », a déclaré Kislanski.
Yochi Rappaport, à la tête du groupe militant « Femmes du mur », qui milite pour que les prières dirigées par des femmes et les lectures de la Torah soient autorisées sur ce site sacré, a également salué les efforts de Beyahad.
« Les diverses tentatives menées ces dernières années par le gouvernement israélien et d’autres entités visaient toutes à exclure et à porter atteinte aux droits de prière des Juifs libéraux, des femmes et des millions de Juifs de la Diaspora qui souhaitent prier sur le site le plus sacré du judaïsme », a-t-elle déclaré.
Nachman Shaï, doyen du Hebrew Union College et ancien ministre des Affaires de la Diaspora sous le gouvernement de Bennett et Lapid de 2021 à 2022, a déclaré que sous le mandat du gouvernement actuel, « la vie des Juifs de la Diaspora a été gravement perturbée ».
« Des agressions physiques contre des Juifs ont eu lieu partout dans le monde, parallèlement à des activités antisémites et anti-Israël, qui ont eu un impact sur la vie juive aux quatre coins du globe ; le moins que le gouvernement israélien puisse faire est d’accueillir les mouvements non orthodoxes », a-t-il indiqué, ajoutant que « l’État d’Israël doit offrir à chaque Juif la possibilité d’organiser des cérémonies sur l’esplanade du mur Occidental de manière digne et égalitaire ».
Les relations entre Israël et la Diaspora ne figurent pas au premier plan de la campagne électorale du 27 octobre, pas plus qu’elles ne constituent un thème central du débat sur la politique étrangère israélienne. Beyahad est l’un des rares partis politiques en lice à avoir explicitement abordé cette question dans son programme électoral. Il fait également partie des rares partis à avoir publié des documents spécifiques en anglais, dans le but de toucher des segments des communautés juives du monde entier qui ont également un intérêt direct dans l’issue du scrutin.
Selon ce programme, élaboré par la députée Michal Slawny Cababia, Beyahad mettra en place un Conseil des Juifs de la Diaspora, qui élira un représentant permanent, ayant le statut d’observateur, à la Knesset. Ce représentant siégera au sein de certaines commissions parlementaires chargées des questions relatives à la communauté juive de la Diaspora.
La représentation de la Diaspora à la Knesset est depuis longtemps source de controverse. Une proposition de loi de 2020 visant à rendre obligatoire la consultation des dirigeants de la Diaspora sur les questions importantes pour la communauté juive internationale n’a pas abouti.
Le plan de Beyahad comprend également un programme éducatif destiné à sensibiliser les Israéliens aux communautés juives de la Diaspora, la création d’une autorité nationale de lutte contre l’antisémitisme, ainsi qu’une initiative visant à rendre l’hébreu accessible aux Juifs du monde entier.
Lapid a déclaré que ce plan visait « à donner à la communauté juive mondiale une voix aux tables de décision en Israël sur les questions qui la concernent et à se concentrer sur l’essentiel : faire preuve de respect fondamental envers chaque courant, promouvoir l’enseignement de l’hébreu, mettre en place des programmes visant à rassembler les jeunes Israéliens et les Juifs du monde entier, et créer un groupe de travail chargé de lutter contre l’antisémitisme de manière professionnelle ».
« En tant qu’État-nation du peuple juif et capitale du monde juif, Israël et son gouvernement doivent jouer un rôle moteur dans le maintien et le renforcement de ces liens. Au sein du nouveau gouvernement, je souhaite assumer directement et personnellement la responsabilité de la reconstruction de ces relations », a déclaré Lapid à la JTA.
Une demande de réaction adressée par la JTA au ministère des Affaires de la Diaspora et de la Lutte contre l’antisémitisme concernant le plan de Beyahad n’a pas reçu de réponse immédiate.
la Communauté du Times of Israël !







