Berkeley promet une offre de poste à une Israélienne écartée pour sa nationalité
L’université américaine avait refusé de reconduire Yael Nativ ; neuf mois après l’accord à l’amiable, la chercheuse attend toujours l’invitation avant de décider si elle reviendra
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J. The Jewish News of Northern California via JTA – Depuis plus de neuf mois, l’UC Berkeley traîne à honorer l’accord à l’amiable qui avait été conclu avec une chercheuse israélienne spécialiste de la danse, à qui un poste d’enseignante avait été refusé en raison de sa nationalité.
En réponse à une demande de renseignements de J., un porte-parole de l’université a expliqué que ce retard serait dû à un « problème de communication interne ». L’université s’engage désormais à ce que Yael Nativ reçoive l’offre d’emploi qui lui avait été garantie dans le cadre de l’accord conclu en décembre 2025, « au plus tard dans la semaine du 28 septembre ».
« Nous regrettons profondément ce malheureux retard et nous nous réjouissons d’accueillir à nouveau le Dr Nativ au sein de notre établissement », a déclaré Dan Mogulof, porte-parole de l’UC Berkeley, dans un communiqué.
Nativ a indiqué avoir reçu, dans un e-mail envoyé le 21 septembre par un responsable de l’université, des excuses pour ce retard ainsi que l’assurance qu’une offre d’emploi lui serait adressée prochainement.
« C’est toujours une surprise quand je reçois des e-mails de leur part, car ils ne donnent pour ainsi dire jamais de nouvelles », a déclaré Nativ. « Je suis tellement fatiguée de cette affaire. »
Nativ, sociologue spécialisée dans la danse israélienne, a enseigné au département de danse de l’UC Berkeley au printemps 2022 en qualité de professeure invitée dans le cadre du Helen Diller Institute for Jewish Law and Israel Studies. Son cours portait sur la danse contemporaine en Israël sous ses dimensions sociales, politiques et culturelles.
L’institut avait invité Nativ à présenter une nouvelle candidature afin d’enseigner une année supplémentaire. Mais à la suite du pogrom perpétré en Israël le 7 octobre 2023 par le groupe terroriste palestinien du Hamas, SanSan Kwan, directrice du département de danse, avait informé Nativ, dans un message WhatsApp envoyé en novembre 2023, qu’elle ne serait pas réembauchée.
« Mon département ne peut pas vous accueillir pour un cours à l’automne prochain. La situation est très tendue en ce moment et bon nombre de nos étudiants de troisième cycle sont en colère. Si vous enseigniez ici, je mettrais le département et vous-même dans une situation très délicate », avait-elle écrit.
Le bureau des droits civils de l’université avait enquêté sur cette affaire et il avait conclu que Nativ avait été victime de discrimination en raison de son identité israélienne.
Nativ avait engagé des poursuites contre l’université en août 2025, avec l’aide du Brandeis Center for Human Rights Under Law. Lorsque les deux parties étaient parvenues à un accord en décembre 2025, l’université avait reconnu ses torts et elle s’était engagée à présenter ses excuses à Nativ et à l’inviter à revenir sur le campus.
Le recteur de l’UC Berkeley, Rich Lyons, lui a présenté ses excuses lors d’un entretien par Zoom le 3 février, mais aucune offre d’emploi ne lui a ensuite été adressée.
Cette omission a été rendue publique par Malcolm Feeley, professeur de droit émérite de l’UC Berkeley, qui a évoqué le cas de Nativ dans un article publié le 16 septembre dans la Jewish Review of Books.
« Une justice différée est une justice refusée. Là, on atteint un niveau extrême », a déclaré Feeley lors d’un entretien. « Il faut des efforts concertés et une pression constante pour amener [l’université] à avancer ne serait-ce que d’un pouce. »
Dans une déclaration adressée à J. à la suite de la publication de l’article de Feeley, Mogulof a expliqué que l’université n’avait pas envoyé l’offre d’emploi à Nativ en raison d’un malentendu entre les responsables administratifs sur la personne chargée de le faire.
Selon Mogulof, le vice-chancelier exécutif et doyen Ben Hermalin veillera personnellement à ce que l’offre soit envoyée dans les deux semaines.
Après son départ de Berkeley, Nativ a travaillé comme chercheuse à l’université Ben-Gurion de Beer Sheva. Elle a expliqué que, depuis le début de la procédure judiciaire, son objectif principal a été d’obtenir que l’UC Berkeley rende des comptes, et non de décrocher un emploi.
« Je n’étais pas pressée de [revenir à Berkeley]. Pour moi, l’essentiel était surtout de faire valoir mon point de vue et d’obtenir justice », a-t-elle déclaré. « Mais s’ils me proposent de revenir, j’y réfléchirai. »
La plainte invoquait une discrimination fondée sur l’origine nationale en vertu de la loi californienne sur l’égalité en matière d’emploi et de logement (California Fair Employment and Housing Act), ainsi qu’un manquement à l’obligation, prévue par cette même loi, de prévenir ce type de discrimination. Elle faisait également état d’une violation du Code de l’éducation de Californie pour discrimination fondée sur l’origine nationale.
Cette procédure avait fait partie de dizaines d’actions en justice engagées à travers les États-Unis concernant l’antisémitisme et l’activisme antisioniste dans les universités américaines.
Dans tout le pays, des universités ont fait l’objet d’accusations de discrimination émanant aussi bien de partisans d’Israël que de ses opposants, ces derniers leur reprochant notamment leur gestion des manifestations.
La plupart de ces actions ont été engagées par des Juifs américains invoquant des faits d’antisémitisme. Des Israéliens ont également intenté plusieurs procédures pour des faits présumés de discrimination fondée sur leur origine nationale.
Cet article a été publié pour la première fois par J. The Jewish News of Northern California et est reproduit avec autorisation.
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