Bnei Brak : Deux arrestations lors d’émeutes ultra-orthodoxes
Des manifestants ont pris d'assaut l'immeuble de bureaux où se trouve l'unité de formation en cybersécurité "Kodcode" destinée aux militaires haredim
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Des dizaines d’hommes et de jeunes ultra-orthodoxes ont tenté de prendre d’assaut un immeuble de Bnei Brak qui abrite un programme de formation du ministère de la Défense destiné aux soldats haredim qui sont appelés à occuper des postes techniques au sein de Tsahal.
Des images qui ont été diffusées sur internet ont montré des individus qui se trouvaient à l’intérieur du bâtiment, qui est situé rue Masada, en train de monter la garde aux portes, alors que les agents de sécurité et les forces de l’ordre se heurtaient aux manifestants à l’extérieur.
La police israélienne a fait savoir qu’elle avait arrêté deux personnes sur place, qui ont été placées en garde à vue. La situation a finalement été maîtrisée, a-t-elle précisé.
Il n’y a pas eu de blessé.
La communauté ultra-orthodoxe a toujours rejeté le service militaire, affirmant que la vie au sein de l’armée est incompatible avec sa culture et avec ses pratiques religieuses. Tsahal a mis en place des programmes adaptés aux soldats haredim, mais un grand nombre de jeunes membres de cette catégorie de la population s’opposent encore au service, et les dirigeants de la communauté réclament une législation qui permettrait d’ancrer le principe d’exemption généralisée qui est accordée aux étudiants en yeshiva depuis des décennies. Des mouvements de protestation ultra-orthodoxes, qui ont pu tourner à la violence, ont eu lieu à divers endroits du pays.
Le programme Kodcode forme des hommes haredim âgés de 23 ans ou plus, considérés comme inaptes au combat, à des fonctions en lien avec les logiciels et avec la cybersécurité au sein de Tsahal. Ces jeunes sont notamment appelés à servir dans les unités de renseignement.
עשרות מפגינים חרדים מנסים לפרוץ כעת לבסיס באזור בני ברק בו משרתת יחידה טכנולוגית חרדית pic.twitter.com/sT0LmgSEAJ
— דניאל גרובייס Daniel Grovais (@daniel_grovais) October 14, 2026
Les militaires qui participent à ce programme de formation sont installés à l’un des étages de l’immeuble de bureaux situé à Bnei Brak, une ville à forte population ultra-orthodoxe.
Certains émeutiers sont parvenus à entrer dans le bâtiment, endommageant des portes, mais ils n’ont pas réussi à atteindre les locaux qui accueillent les soldats, a précisé le reportage.
Un agent de sécurité du bâtiment a expliqué au média que la situation avait évolué très rapidement.
« En un instant, ils étaient là », a dit cet homme, dont l’identité n’a pas été révélée. Il a souligné que ce n’était pas la première fois que des manifestations avaient lieu devant l’immeuble.
Chaque année, le programme Kodcode invite des centaines de potentiels candidats à s’engager. Ceux qui sont acceptés ne portent pas l’uniforme, mais les mouvements haredim opposés à l’enrôlement ont lancé une campagne contre ce programme dans la mesure où il propose une formation que les participants pourraient ultérieurement mettre à profit plus tard pour intégrer le marché du travail, a précisé le média. Dans la communauté ultra-orthodoxe, les hommes sont tenus de se consacrer à l’étude de la Torah à plein temps plutôt qu’aux exigences d’une carrière professionnelle, comptant sur d’importantes subventions de l’État pour subvenir à leurs besoins.
Au mois de septembre, le comité directeur du Conseil des Sages de la Torah du parti Agudat Yisrael, qui est membre de la coalition, a condamné avec violence le programme Kodcode. Les principaux rabbins ont affirmé que, tout comme c’était également le cas pour un programme similaire de l’armée qui est, lui aussi, destiné aux hommes haredim, ce dernier visait « à modifier l’essence et l’esprit de la communauté ».
Mercredi, le dirigeant du Shas, Aryeh Deri, a fait savoir que son parti ultra-orthodoxe ne rejoindrait ni ne soutiendrait le prochain gouvernement à moins que ce dernier n’adopte une législation préservant les exemptions générales du service militaire pour les étudiants haredim en yeshiva. Les élections sont prévues le 27 octobre.
La Haute Cour de justice a maintes fois exhorté le gouvernement à faire respecter l’enrôlement des ultra-orthodoxes après avoir statué, en 2024, qu’il n’existait aucun fondement juridique justifiant des exemptions généralisées pour les étudiants en séminaire religieux. Au mois de juillet, la Cour a gelé une loi qui avait été adoptée par la coalition et qui aurait empêché pendant sept mois l’arrestation des Haredim refusant de se présenter à la conscription.
Les responsables ultra-orthodoxes affirment que le service militaire obligatoire menace leur mode de vie religieux et la poursuite de l’étude à plein temps de la Torah. Une problématique qui reste une source majeure de tensions politiques et sociales et qui s’est imposée comme un enjeu central à l’approche des élections du mois d’octobre – alors même que les militaires ont souligné à plusieurs reprises leur déficit d’effectifs dans le contexte d’une guerre sur plusieurs fronts et que le ressentiment s’est accru parmi les Israéliens qui effectuent leur service militaire obligatoire et leur service de réserve.
Selon les estimations, environ 80 000 le nombre d’hommes ultra-orthodoxes âgés de 18 à 24 ans sont éligibles au service militaire, mais ne se sont pas enrôlés. L’armée israélienne a déclaré avoir un besoin urgent de 12 000 nouvelles recrues, en raison des pressions exercées sur les forces régulières et de réserve dans le cadre de la guerre en cours contre le Hamas à Gaza et d’autres défis militaires. Au total, environ 2 700 haredim se sont engagés dans l’armée au cours des douze derniers mois.
la Communauté du Times of Israël !







