« Cette guerre n’a plus de but sécuritaire »: des milliers de manifestants pour les otages à Tel Aviv
Les parents des soldats servant à Gaza s'adressent à la foule, dénonçant les opérations dénuées de sens d'une guerre qui ne sert que les intérêts du Premier ministre
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Jeudi, des milliers de personnes se sont rassemblées sur la place Habima de Tel Aviv, manifestant pour la fin de la guerre à Gaza et le retour des otages après qu’Israël a annoncé avoir rappelé ses négociateurs du Qatar, où ils se trouvaient dans le cadre de pourparlers indirects avec le Hamas.
Ce rassemblement, qui a débuté par une minute de silence pour les soldats tombés au combat suivie d’une prière pour la sécurité des troupes et la libération des otages, a réuni des familles d’otages, des parents de soldats et des réservistes, exhortant à mettre enfin un terme à une guerre qui dure depuis 657 jours.
« Au début, cette guerre était juste. Mais après 22 mois, elle n’a plus de but sécuritaire », a déclaré le major général à la retraite Noam Tibon.
« Cette guerre est devenue une guerre politique. Alors que les meilleurs d’entre nous tombent à Gaza, le gouvernement du 7 octobre – le gouvernement de l’échec et de l’abandon -, adopte un projet de loi scandaleux sur l’exemption, affaiblissant Tsahal et utilisant nos combattants pour faire de la politique », a-t-il indiqué, faisant référence aux efforts déployés par le gouvernement pour maintenir la coalition unie en exemptant du service militaire obligatoire les étudiants ultra-orthodoxes des yeshivot.
« Aujourd’hui, avec le rappel de l’équipe en charge des négociations pour le retour des otages, nous savons et comprenons tous que l’unique moyen de ramener tous les otages chez eux est de conclure un accord qui mettrait fin à la guerre », a précisé Tibon, ajoutant que « tout le monde sait qu’une telle chose est possible, et doit se produire en une seule fois, sans ‘sélection’ « , une référence à l’accord partiel avancé par le gouvernement, qui envisage uniquement une libération initiale d’environ la moitié des otages restants.
Le Hamas a proposé de libérer les 50 otages restants en un seul lot en échange de la fin de la guerre. Mais le Premier ministre Benjamin Netanyahu a rejeté l’échange, arguant qu’un tel accord laisserait le Hamas au pouvoir.
Les familles des otages ont dénoncé ces accords partiels, comparant le processus à la « sélection » effectué par les nazis pendant la Shoah entre les Juifs gardés en vie pour le travail forcé et les Juifs envoyés directement aux chambres à gaz.
Vicky Cohen, dont le fils Nimrod Cohen est toujours retenu en otage à Gaza, a rapporté que son fils, qui servait dans les chars, « a choisi de protéger l’État en raison de son sionisme et de son amour pour sa terre. Mais cet État qu’il aime tant ne le protège désormais plus. »
Et d’ajouter : « Les dirigeants de l’État pèsent de toutes leurs forces en faveur d’accords partiels, qui pourraient abandonner Nimrod à son sort. Certains élus appellent même à renoncer à Nimrod, un soldat de Tsahal. Une seule chose nous sépare de Nimrod : la fin de la guerre. »
Plusieurs parents de conscrits ont également pris la parole. Leurs enfants combattent à Gaza depuis près de deux ans, passant plusieurs semaines consécutives dans la bande et ne la quittant que peu de jours entre chaque période de service.
« La plupart d’entre eux ne savent même pas ce qu’ils font là, dans une guerre devenue disproportionnée, sans objectif ni destination clairs », a martelé une mère. « Nous ne resterons pas silencieux alors que nos fils sont brisés, vidés d’eux-mêmes, et qu’ils devront vivre dans l’ombre d’un traumatisme s’ils reviennent un jour ».
« Nos soldats ont besoin d’aide. Nous exigeons la fin de la guerre maintenant. Libérez tous les otages en une seule fois – Maintenant ! Et prenez dès maintenant soin des soldats, physiquement et mentalement. »
Ilan Garin est le père d’un commandant de char blessé à Khan Younès. Son fils, a-t-il expliqué, lui avait raconté que lorsque son unité se trouvait à Jabaliya, elle avaient capturé le même bâtiment quatre fois, à chaque fois en quittant les lieux une fois la tâche accomplie, permettant aux terroristes du Hamas de revenir. « À un certain moment, j’ai commencé à me demander : qu’est-ce qu’on fait là-bas ? Pourquoi est-ce si long ? »
« Aujourd’hui, cette guerre sert uniquement les intérêts de Netanyahu : pour qu’il n’y ait pas de commission d’enquête et pour que son procès soit retardé. C’est pour cela que nous sacrifions nos enfants », a-t-il déploré.
À la fin du rassemblement, des manifestants ont fait brûler des pneus et bloqué des rues dans deux quartiers différents de Tel Aviv.
קצין המשטרה דורש מעצרים והפרשים עולים על המדרכה כנגד החוק.
תל אביב 24.07.2025 ????בני משי Benny Meshy pic.twitter.com/moa899IVng
— אלימות ישראל (@Alimut_Israel) July 24, 2025
Une épaisse fumée était ainsi visible près de la route Begin et sur la rue King George avant que les agents n’éteignent les flammes. Des manifestants se sont également assis au milieu de la route pour bloquer la circulation avant d’être dégagés de force par la police.
Au moins deux personnes ont été arrêtées, selon les médias israéliens. Le Front de soutien juridique aux détenus protestataires, qui a confirmé une arrestation, a publié des images de policiers trainant un homme par sa chemise hors d’une foule de manifestants près de la route Begin.
24 personnes arrêtées lors d’une manifestation contre la guerre à Haïfa
À Haïfa, la police a arrêté 24 manifestants au cours d’une petite manifestation contre la guerre organisée dans le quartier de la Colonie allemande.
Des policiers ont été filmés en train de disperser les manifestants tout en déchirant des pancartes quelques minutes seulement après le début de la manifestation.
Ensuite, les forces de l’ordre ont commencé à plaquer les manifestants au sol, à les menotter et à les transporter jusqu’à un fourgon de police.
La police a qualifié les 24 manifestants arrêtés d’émeutiers, affirmant qu’ils « n’avaient pas obéi aux ordres des officiers, brandissaient des pancartes et scandaient des slogans hostiles aux actions d’Israël liées à la guerre à Gaza. »
Dans une vidéo tournée sur place, on peut voir une manifestante menottée criant aux journalistes que des policiers avaient battu plusieurs manifestantes à l’intérieur du fourgon, avant qu’elle-même ne soit poussée dans une voiture de police.
Cette manifestation contre la guerre était l’un des nombreux rassemblements du même type organisés par les résidents arabes de Haïfa, qui comportent souvent des arrestations massives.
Un petit nombre d’Israéliens juifs de gauche participent également à ces événements, qui réunissent généralement quelques dizaines de participants.
En avril 2025, les forces de l’ordre ont arrêté de force 23 manifestants lors d’un rassemblement similaire organisé au même endroit, arrachant des pancartes des mains des participants alors que ces derniers scandaient des slogans contre la guerre.
la Communauté du Times of Israël !







