Cisjordanie : Des résidents d’implantations tabassent des Palestiniens et une journaliste américaine
"Les coups de pied n’arrêtaient pas", dit Heidi Levine, sauvée par son casque et son gilet pare-balle ; des oliviers et des véhicules incendiés près de Turmus Ayya, un septuagénaire agressé
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Plusieurs personnes ont été blessées vendredi, dont des Palestiniens et une journaliste américaine du Washington Post, lors d’attaques menées par des habitants d’implantations contre des groupes de cueilleurs d’olives en plusieurs endroits de Cisjordanie.
Selon des témoins, environ 80 habitants d’implantations, dont beaucoup étaient masqués et certains munis de bombes lacrymogènes, ont dévalé une colline en direction d’une oliveraie en terrasses, où des villageois d’Abu Falah s’étaient rassemblés pour la récolte des olives.
Certains ont utilisé des frondes pour lancer des pierres sur les villageois palestiniens, qui ont d’abord reculé vers le bas de la colline avant de riposter à coups de pierres, selon les témoins.
Les médias palestiniens ont rapporté que le Croissant-Rouge palestinien avait secouru une femme de 63 ans et un homme de 40 ans, blessés après avoir été passés à tabac par des habitants d’implantations.
La femme blessée était Heidi Levine, photojournaliste au Washington Post, qui a couvert de nombreux conflits à travers le monde.
Sur une vidéo, on aperçoit la photojournaliste allongée au sol, frappée à coups de bâton par des individus masqués qui prennent ensuite la fuite.
Severe settler + soldier attack on olive harvesters in Abu Falah. American WaPo journalist Heidi Levine badly wounded. Machine gunfire—at least one Palestinian shot. Tear gas. Soldiers assaulting journalists. pic.twitter.com/He61cNYk0c
— jasper nathaniel (@infinite_jaz) October 16, 2026
D’autres journalistes et des Palestiniens se sont alors approchés d’elle. On l’entend leur dire en anglais « Je ne vais pas bien. Ils ont pris toutes mes affaires. »
Depuis son lit d’hôpital, Levine, dont l’état est stable, a raconté avoir été « agressée et jetée à terre ». « Heureusement, je portais mon gilet pare-balles et mon casque, sinon je ne serais probablement plus là, car ils n’arrêtaient pas de me rouer de coups de pied. »
Levine a expliqué que l’agression n’avait pris fin qu’avec l’intervention de ses collègues palestiniens. Les secouristes l’ont ensuite évacuée en ambulance vers une clinique d’Abu Falah, puis vers un hôpital de Ramallah.
Selon des témoins, au moins deux jeeps de l’armée israélienne ont traversé la zone pendant l’attaque, qui s’est poursuivie malgré l’arrivée des militaires. Les soldats ont alors tiré des gaz lacrymogènes en direction des Palestiniens.
Des coups de feu sont également audibles sur les images de l’incident. Ils auraient été tirés par des résidents d’implantations.
« Les résidents d’implantations veulent nous attaquer et nous chasser de nos maisons », a déclaré l’agriculteur Moutaz Abdelhadi.
مستوطنون يطلقون الرصاص الحي خلال اعتدائهم على قاطفي الزيتون في قرية أبو فلاح بالضفة الغربية #الأخبار pic.twitter.com/Ho76Uvh1Sz
— الجزيرة مباشر (@ajmubasher) October 16, 2026
À la suite de ces affrontements, un conseil représentant les résidents d’implantations a affirmé que « des centaines de terroristes et d’anarchistes » avaient lancé des pierres et tiré des feux d’artifice directement sur les Israéliens. Le Conseil régional de Binyamin a affirmé qu’il s’agissait d’une « provocation planifiée », au cours de laquelle des journalistes se tenaient derrière les Israéliens et filmaient leur réaction.
Ni l’armée israélienne, ni la police israélienne, ni le Washington Post n’ont réagi à ces événements.
Près de Birzeit, dans la région de Ramallah, un Palestinien de 70 ans a également été blessé lors d’une attaque de résidents d’implantations, qui se serait produite, elle aussi, pendant la récolte des olives, ont rapporté les médias palestiniens.
Washington Post correspondent Heidi Levine was injured this morning in an attack by Israeli settler militias while covering the olive harvest in the village of Abu Falah, north of Ramallah in the occupied West Bank. pic.twitter.com/EPkr1hxFm7
— Quds News Network (@QudsNen) October 16, 2026
Ces derniers ont par ailleurs rapporté que des résidents d’implantations avaient également attaqué des cueilleurs d’olives près du village de Turmus Ayya, dans la région de Ramallah, et mis le feu à des oliviers.
Des images de l’incident montrent des résidents d’implantations incendiant une voiture. L’agence de presse officielle de l’Autorité palestinienne (AP), WAFA, a indiqué que trois véhicules auraient été incendiés au total.
La Défense civile palestinienne, un organisme de secours et d’intervention d’urgence placé sous l’autorité de l’AP en Cisjordanie, a déclaré que des résidents d’implantations avaient agressé l’un de ses membres alors qu’il tentait d’éteindre l’incendie d’un véhicule. Elle a précisé que l’un des véhicules détruits lui appartenait.
مركبة تأكلها النيران بعد هجوم مليشيات المستوطنين على المزارعين في ترمسعيا شمال رام الله pic.twitter.com/s0oX7u22Cd
— شبكة قدس الإخبارية (@qudsn) October 16, 2026
D’autres images diffusées en ligne montrent également des résidents d’implantations près du village de Burqa, dans la région de Ramallah, tentant apparemment de s’approcher de Palestiniens qui se trouvaient parmi les oliviers.
???? المستوطنون يهاجمون المزارعين في أراضي بلدة برقا شرق رام الله. pic.twitter.com/cF5w0kBBFy
— شبكة يافا الإخبارية (@yaffa_ps) October 16, 2026
Ces incidents se sont produits alors que les tensions en Cisjordanie se sont intensifiées pendant la récolte annuelle des olives, une période régulièrement marquée par des affrontements et des attaques visant les terres agricoles palestiniennes.
Israël fait face à des critiques de plus en plus vives sur la scène internationale en raison de la recrudescence des violences commises par les résidents d’implantations. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a minimisé le phénomène, attribuant ces violences à une poignée de délinquants qui, d’après lui, ne seraient pas originaires de Cisjordanie.
Les détracteurs du gouvernement l’accusent de tolérer, voire d’encourager ces violences, qui ont contraint des dizaines de familles palestiniennes à quitter leur foyer.
Tsahal fait également l’objet de critiques croissantes, ses soldats étant accusés de rester les bras croisés pendant les attaques, voire d’y participer activement, et l’armée de ne pas engager de poursuites contre les responsables.
Les forces de sécurité israéliennes cherchent par ailleurs de plus en plus à entraver l’action des militants des droits civiques qui aident les Palestiniens à récolter leurs olives ou assurent auprès d’eux une « présence protectrice » contre les attaques des résidents d’implantations.
la Communauté du Times of Israël !







