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Clinton et Obama appellent les Américains au sursaut après les événements de Minneapolis

Alex Pretti, un infirmier américain de 37 ans employé en service de réanimation dans un hôpital pour anciens combattants, a été tué par balles samedi lors d'une manifestation anti-ICE

Une pancarte à la mémoire d'Alex Pretti, 37 ans, tué par balle plus tôt dans la journée par un agent de la police des frontières américaine, est déployée lors d'une veillée organisée le 24 janvier 2026 à Minneapolis, dans le Minnesota. (Crédit : AP/Adam Gray)
Une pancarte à la mémoire d'Alex Pretti, 37 ans, tué par balle plus tôt dans la journée par un agent de la police des frontières américaine, est déployée lors d'une veillée organisée le 24 janvier 2026 à Minneapolis, dans le Minnesota. (Crédit : AP/Adam Gray)

Les ex-présidents Bill Clinton et Barack Obama ont appelé les Américains à défendre leurs valeurs, après la mort d’un deuxième citoyen à Minneapolis, tué par la police fédérale, que Trump impute au « chaos » créé par les démocrates.

Alex Pretti, un infirmier américain de 37 ans employé en service de réanimation dans un hôpital pour anciens combattants, a été tué par balles samedi lors d’une manifestation contre des opérations de la police de l’immigration (ICE).

Son décès vient aggraver une situation déjà tendue à l’extrême depuis celui de Renee Good, une Américaine tuée par balle le 7 janvier par un agent de l’ICE à Minneapolis déjà.

« Il appartient à tous ceux d’entre nous qui croient en la promesse de la démocratie américaine de se lever, de s’exprimer », a déclaré dimanche l’ancien dirigeant démocrate Bill Clinton, estimant que l’administration Trump « nous a menti » au sujet de ces deux décès.

Barack Obama, lui aussi ex-président démocrate, a appelé à un « sursaut » des citoyens alors que les valeurs fondamentales sont « attaquées ».

Donald Trump, lui, a imputé ces deux morts aux élus démocrates de la ville et de l’Etat, qui s’opposent à son action.

« Malheureusement, deux citoyens américains ont perdu la vie à cause de ce chaos provoqué par les démocrates », a écrit M. Trump sur sa plateforme Truth Social.

Le président américain Donald Trump prend la parole lors d’un point presse à la Maison-Blanche à Washington, le 20 janvier 2026. (Photo AP/Mark Schiefelbein)

Minneapolis est secouée depuis plusieurs semaines par un mouvement de protestation contre la présence de l’ICE.

Dimanche, ils étaient nombreux à se recueillir dans un froid glacial devant un mémorial de fortune dressé en hommage à Alex Pretti, sur le lieu des tirs.

« Je suis triste et en colère face à cette perte », a déclaré Lucy, une habitante de Minneapolis rencontrée par l’AFP.

« Mais je n’ai pas peur d’être là et je n’ai pas peur de continuer le combat et de défendre ce qui est juste », a-t-elle ajouté.

Dans le centre de cette ville d’un peu plus de 400 000 habitants, près d’un millier de personnes se sont rassemblées à la mi-journée en hommage à Alex Pretti et contre les actions des forces de l’ordre fédérales, a constaté un photographe de l’AFP.

La secrétaire américaine à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, s’exprimant lors de la 144ᵉ cérémonie de remise des diplômes de l’Académie de la garde côtière américaine, à New London, dans le Connecticut, le 21 mai 2025. (Crédit : Joseph Prezioso/ AFP)

« Mensonges écœurants »

Comme il l’avait fait après la mort de Renee Good, le gouvernement Trump a immédiatement rejeté la faute sur Alex Pretti, la ministre de la Sécurité intérieure Kristi Noem l’accusant notamment de « terrorisme » car il s’apprêtait selon elle à mettre en danger les agents avec un pistolet dont les autorités ont publié une image.

Une analyse par l’AFP de plusieurs vidéos de l’événement semble pourtant contredire cette version.

Les images montrent Alex Pretti, téléphone à la main dans une rue enneigée, filmant des hommes armés portant des gilets siglés « Police ».

Il s’interpose lorsqu’un agent projette une manifestante au sol sur le trottoir et reçoit un jet de gaz lacrymogène au visage.

Un agent le plaque ensuite contre le sol verglacé, plusieurs de ses collègues interviennent et luttent pour le menotter.

Quelques secondes plus tard, alors qu’un agent vêtu de gris semble retirer une arme au niveau de la taille d’Alex Pretti qui est agenouillé et penché en avant, avec plusieurs policiers au-dessus de lui, un coup de feu est tiré.

Les agents s’écartent brutalement et tirent alors plusieurs fois à distance sur son corps inanimé. Au moins dix coups de feu sont entendus.

Dans un communiqué, les parents d’Alex Pretti ont accusé l’administration Trump de répandre « des mensonges écoeurants » sur leur fils, « un être au grand cœur ».

« Chaos »

De nombreux élus de l’opposition ont exprimé leur colère face aux allégations du gouvernement.

« Cela devrait faire flipper le grand public américain que l’administration Trump mente de manière si facile », a dénoncé sur CNN le sénateur démocrate Chris Murphy.

Le sénateur Christopher Murphy, Démocrate du Connecticut, au Comité des Affaires Etrangères du Sénat à Capitol Hill à Washington, le mercredi 25 juillet 2018. (AP Photo/Susan Walsh)

Les dirigeants de 60 entreprises dont le siège social se trouve dans le Minnesota, dont les géants Target et General Mills, ont signé une lettre ouverte « appelant à une désescalade immédiate des tensions et à la collaboration des autorités locales, régionales et fédérales pour trouver des solutions concrètes ».

Le gouverneur démocrate du Minnesota, Tim Walz, avait réclamé samedi que l’enquête soit chapeautée par les autorités locales, et non fédérales. « On ne peut pas se fier à l’Etat fédéral », a-t-il affirmé.

Dans une décision samedi soir, un juge fédéral a par ailleurs ordonné à l’administration Trump de préserver les preuves liées à la mort d’Alex Pretti.

Malgré la mort de l’infirmier, le haut responsable de la police aux frontières Greg Bovino a soutenu dimanche sur CNN que « les victimes, ce sont les agents » et a vanté leur « super boulot ».

Bovino dirigeait une opération à Minneapolis le 7 janvier lorsqu’un agent a abattu mortellement Renee Good dans sa voiture.

C’est encore lui qui a défendu le fait que ses agents aient arrêté un garçon de cinq ans la semaine dernière alors qu’ils cherchaient à arrêter son père. « Nous sommes des experts dans la gestion des enfants », n’a pas hésité à clamer le responsable.

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