Cornell : une asso étudiante ajoute « résistance par tous les moyens » à sa résolution anti-Israël
Refusant l'étiquette antisémite, la résolution prend fait et cause pour le boycott d'Israël et ignore ses adhérents juifs
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Luke Tress est le correspondant du Times of Israel à New York.

L’organisation étudiante de troisième cycle de l’université Cornell a ajouté la mention de son soutien à la résistance armée palestinienne « par tous les moyens possibles » à une résolution appelant au boycott d’Israël discutée ce jeudi.
En octobre, l’association Cornell Graduate Students United — UE Local 300 avait fait parvenir à ses membres un projet de résolution intitulé « Solidarité internationale avec la lutte de libération palestinienne ».
Cette résolution affirme que Cornell est adossé au « colonialisme de peuplement américain et à un projet impérial de suprématie blanche visant à tirer profit de l’effacement du peuple palestinien. »
Le document présente par ailleurs le conflit de Gaza comme le point central d’une lutte mondiale en faveur de la « solidarité ouvrière internationale », accusant les « intérêts sionistes » pour les pressions exercées sur les organisations étudiantes.
La résolution approuve en outre la campagne Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) à l’encontre d’Israël, exige la transparence des finances, propriétés et partenariats académiques de l’université sans oublier le nécessaire abandon des investissements liés à des entités proches « d’activités moralement répréhensibles ».
La version mise à jour de cette résolution, soumise à l’examen jeudi, adopte un ton plus dur, selon une copie du document publiée en ligne que The Times of Israel a pu consulter.
Avec un titre inchangé, elle affirme que la « solidarité avec la Palestine » est le « moyen le plus efficace de défendre les diplômés de Cornell ».
« La classe dirigeante qui investit dans le génocide des Palestiniens profite aussi de l’érosion de nos droits », peut-on y lire.
Le document indique par ailleurs que l’organisation s’engage à prendre part au boycott, exige la divulgation des finances de l’université, prône la protection de la liberté d’expression sans risque de sanctions en cas d’activisme pro-palestinien et se mobilise en faveur de la sensibilisation politique à la « lutte palestinienne en faveur de sa libération » et revendique sa relation avec Cornell.
La résolution dénigre « l’instrumentalisation des accusations fantaisistes d’antisémitisme envers les organisations » et affirme qu’Israël a tué au moins 680 000 personnes à Gaza — bien davantage que ce que rapporte le Hamas —, avec la complicité de Cornell.
« En soutenant les Palestiniens qui résistent au génocide de même que leurs droits humains, reconnus par l’ONU, à résister à l’oppression par tous les moyens imaginables, y compris la résistance armée, les travailleurs du monde entier prennent le pouvoir dans le but de libérer la Palestine et de faire en sorte que la Palestine nous libère », peut-on lire dans cette résolution.
Cet appel à la résistance « par tous les moyens imaginables » est perçue comme un appel à la violence contre les Israéliens. Des organisations anti-sionistes se sont arrogées ce slogan suite au pogrom commis par le Hamas en Israël en octobre 2023.
Les Israéliens sont protégés en tant que groupe d’origine nationale en vertu de la loi fédérale sur les droits civiques.
Soumise au vote de ses membres en début de mois, cette nouvelle mouture de la résolution a été débattue en session publique ce jeudi et donnera lieu à un vote la semaine prochaine, précise le document.
La résolution balaie d’un revers de main les accusations d’antisémitisme en affirmant que « les autocrates utilisent l’antisémitisme à l’encontre des organisations de l’enseignement supérieur » et que la critique des syndicats se fait « sous couvert d’antisémitisme ».
Cette organisation est la seule représentative des étudiants de 3ème cycle de Cornell lors des négociations collectives.
L’adhésion et le règlement de la cotisation sont obligatoires pour tous les étudiants de 3ème cycle, à quelques rares exceptions.
En septembre dernier, David Rubinstein, étudiant juif en master, avait déclaré au Congrès que l’organisation avait bloqué les demandes d’exemptions pour motifs religieux et que les adhérents juifs avaient été effacés des ses listes de diffusion, ce qui les privait d’accès à ses activités et à la possibilité de donner leur avis.
Cornell n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire.
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