Damas accuse Israël de frappes nocturnes sur un aéroport militaire en Syrie
La télévision officielle fait état de dégâts matériels sur cette base, située à 70 km de la frontière turque, qui sert de centre d'entraînement à la nouvelle armée syrienne
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Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Dans la nuit de lundi à mardi, dans le nord-ouest de la Syrie, le tarmac d’un aéroport militaire a été visé par des avions de chasse non identifiés mais qui, selon Damas, étaient Israéliens.
« Des avions de l’occupation israélienne ont ciblé tôt ce matin la piste de l’aéroport militaire d’Abou Douhour… avec huit frappes », a rapporté la télévision syrienne officielle, citant une source militaire non identifiée, ajoutant que « l’attaque avait entraîné des dégâts matériels aux infrastructures de l’aéroport, sans faire de victimes. »
Il n’y a eu aucun commentaire officiel de la part d’Israël et le ministère syrien de la Défense n’a pas répondu à une demande de commentaire de Reuters.
Selon la chaîne de télévision Al Jazeera, les frappes ont touché le tarmac de l’aéroport militaire d’Abou Douhour, près d’Idleb — à 70 kilomètres environ de la frontière avec la Turquie — et le site d’information Al Hadath les a décrites comme « vraisemblablement israéliennes ».
Israël tente d’empêcher la Turquie de s’implanter et de gagner de l’influence en Syrie. Il lui est arrivé de mener des frappes supposées empêcher la Turquie d’aider à constituer la force aérienne du nouveau gouvernement syrien.
Depuis 2013, cette base ne sert plus d’aérodrome militaire : elle a changé de mains à plusieurs reprises au cours des 14 ans de guerre civile en Syrie entre les forces fidèles à l’ancien président Bachar al-Assad et l’opposition.
أعمدة الدخان تتصاعد من مطار أبو الظهور العسكري بريف إدلب السورية جراء الغارات الإسرائيلية على مدرج المطار ومواقع أخرى داخله. https://t.co/3WAYPHdZFe pic.twitter.com/u2hX6m1kzX
— Ali A.bk (@ABKt198990) August 18, 2026
Depuis qu’Assad a été évincé, fin 2024, la base sert de centre d’entraînement pour la nouvelle armée syrienne, selon une source militaire.
Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, un groupe de veille, ces frappes se sont produites après « la visite d’une délégation militaire turque sur l’aérodrome, ces derniers jours, afin de le réactiver. »
Début août, la Syrie a mené des exercices aériens dans le nord du pays en utilisant des avions de chasse MiG-21 de fabrication russe : ils avaient été les premiers exercices de ce type depuis l’éviction d’Assad.
La chaîne de télévision Kan a rapporté la semaine dernière que des responsables de la sécurité israélienne avaient détecté des signes qui semblaient indiquer que la Syrie redoublait d’efforts pour reconstruire son armée de l’air, que ce soit par le recrutement de pilotes, des entraînements au vol et un premier exercice impliquant des avions de combat.
Kan a cité une source de sécurité israélienne affirmant qu’Israël suivait de près ces évolutions et avait fait part de ses préoccupations aux États-Unis.
S’il était confirmé que cette frappe aérienne était bien israélienne, il s’agirait de la première attaque de ce type de la part de l’armée de l’air israélienne depuis mars dernier, date à laquelle Tsahal a revendiqué la frappe de camps militaires syriens dans le sud du pays en riposte à une attaque présumée contre des civils druzes dans la région de Soueïda.
Avant cela, en juillet 2025, Tsahal avait bombardé le bâtiment du commandement de l’État-major syrien à Damas, là encore en réaction à des attaques contre les Druzes.
Depuis la chute du régime Assad, en décembre 2024, Tsahal est déployée en neuf points du sud de la Syrie, principalement dans une zone tampon, à la frontière entre les deux pays, surveillée par l’ONU.
Les soldats israéliens interviennent dans des zones s’étendant jusqu’à une quinzaine de kilomètres à l’intérieur de la Syrie, dans le but de saisir des armes qui, selon Israël, pourraient présenter une menace pour lui si elles tombaient entre les mains de « forces hostiles ».
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