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Dans « La Ligne bleue », les témoins du Struthof racontent

Sorti le 16 septembre, le film de Marie Dumora met en lumière les petits gestes de résistance et interroge les témoins des alentours du Struthof, seul camp de concentration nazi sur l’actuel territoire français

Une vue générale de l'entrée du camp de concentration du Struthof, à Natzwiller, dans l'est de la France, sur cette photo d'archives prise le 16 avril 2015. (Crédit : Patrick Hertzog/AFP)
Une vue générale de l'entrée du camp de concentration du Struthof, à Natzwiller, dans l'est de la France, sur cette photo d'archives prise le 16 avril 2015. (Crédit : Patrick Hertzog/AFP)

Un documentaire consacré au Struthof, seul camp de concentration nazi installé sur l’actuel territoire français, est sorti en salles le 16 septembre.

Installé en Alsace à partir de mai 1941, il s’agit du seul camp de concentration nazi de l’actuel territoire français – l’Alsace étant alors annexée au IIIe Reich.

Le titre fait référence à la « ligne bleue des Vosges », expression qui désignait la frontière entre la France et l’Allemagne à l’époque où l’Alsace et la Moselle étaient annexées au Reich.

Marie Dumora a « voulu montrer le contrechamp du camp », a-t-elle expliqué dans un entretien au Monde. Le film n’interroge pas directement des victimes ou leurs descendants, mais des témoins ou leurs descendants vivant aux alentours du camp. Il met en lumière une série de petits gestes de résistance, comme transmettre des lettres.

Le camp avait été installé pour exploiter un filon de granit rose, puis pour démonter des moteurs d’avion. Quelque 50 000 prisonniers de toutes nationalités et conditions y ont travaillé dans des conditions mortifères. Le camp faisait aussi office de lieu d’expérimentation médicale et d’exécution des condamnés à mort par les tribunaux nazis régionaux. L’un de ses camps satellites était doté d’une chambre à gaz.

À partir de 1943, y ont été envoyés les détenus dits « Nacht und Nebel » (« nuit et brouillard ») d’Europe de l’Ouest, des opposants politiques que les nazis voulaient faire disparaître sans laisser de traces.

Au total, 17 000 détenus sont décédés ou ont disparu, notamment lors des marches de la mort du printemps 1945.

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