Dans une lettre à Netanyahu, Charlie Kirk avait écrit qu’Israël perdait le soutien de la droite américaine
Le militant conservateur américain assassiné lui avait écrit en mai qu'Israël faisait face à une "alerte de niveau 5", avec l'érosion du soutien conservateur
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Quatre mois avant d’être assassiné, le militant conservateur américain Charlie Kirk avait écrit une lettre au Premier ministre Benjamin Netanyahu dans laquelle il critiquait durement les défaillances d’Israël sur les réseaux sociaux et mettait en garde contre l’érosion du soutien autrefois qualifié d’indéfectible de la droite américaine.
Publiée en intégralité lundi dans le New York Post, cette lettre fait sept recommandations à Israël sur la façon de réorganiser sa communication sur les réseaux sociaux, source d’information des jeunes, selon les études les plus récentes. Kirk y propose par ailleurs de parler avec le Premier ministre.
« Je crois qu’Israël est en train de perdre la guerre de l’information et a besoin d’un ‘conseil en communication’ », écrit Kirk au début de cette lettre de sept pages, envoyée le 2 mai dernier. Il ajoute par la suite : « Israël se fait littéralement démolir sur les réseaux sociaux : vous perdez des générations entières de jeunes Américains, même parmi les conservateurs du mouvement MAGA. Je crois que vous êtes en train de perdre la guerre de l’information, ce qui finira par se traduire par une baisse du soutien politique et militaire de l’Amérique. »
Cette lettre de Kirk est une nouvelle preuve que la communication d’Israël sur cette guerre à Gaza qui dure depuis près de deux ans est un échec et que le pays fait face à des critiques croissantes aux États-Unis, de la droite comme de la gauche. À la grande surprise de beaucoup, plusieurs sondages font état d’une baisse du soutien à Israël chez les Américains, jusque chez les Républicains.
« J’ai le regret d’annoncer que les mouvances anti-Israël et antisémites atteignent des niveaux records sur les réseaux sociaux », écrit Kirk en ajoutant que ses propos critiques lui sont dictés par « un amour profond pour Israël et le peuple juif ».
The following is Charlie Kirk's letter to Israel Prime Minister Benjamin Netanyahu
Kirk expresses his love for Israel and repeatedly offers pointers for how they can win the information war so they do not lose support
It is not at all what anti-Semites claimed it was
(1/2) pic.twitter.com/xtyBvdH1n0
— Ryan Saavedra (@RealSaavedra) September 29, 2025
Ce à quoi il ajoute : « Ces sentiments négatifs se répandent ensuite sur les campus et s’infiltrent même au sein de la communauté conservatrice MAGA. »
Partisan de premier plan du président américain Donald Trump et de son mouvement Make America Great Again, ou MAGA, Kirk a été assassiné le 10 septembre dernier alors qu’il prononçait un discours dans une université de l’Utah. Il avait participé à l’une de ces visites de campus qui l’avaient fait connaître, au cours de laquelle il répondait à des questions et débattait avec des étudiants.
« Lors de mes dernières visites sur les campus, la moitié des questions qui m’ont été adressés concernaient Israël et elles étaient toutes négatives », écrit-il. « Ce que j’essaie de vous faire comprendre, c’est qu’Israël perd des soutiens, même au sein des cercles conservateurs. C’est digne d’une alerte incendie de niveau 5 [NDLT : le plus haut niveau de gravité et de danger d’un incendie aux Etats-Unis].
Il ajoute ensuite que les étudiants lui disent qu’Israël est un État d’apartheid qui, tout comme les Juifs, dirige la politique étrangère américaine et est à l’origine des attentats terroristes du 11 septembre 2001.
Il reproche à Israël de ne pas suffisamment investir dans la communication sur les réseaux sociaux et d’avoir une communication surannée.
« J’ai vu votre porte-parole de Tsahal défendre Israël debout sur un podium faiblement éclairé », écrit-il. En évoquant un présentateur de journal télévisé américain bien connu du milieu du XXème siècle, il poursuit : « On dirait une scène des années 1970 – comme ces vieilles images de Walter Cronkite au journal télévisé. »
Il reproche en outre à Netanyahu de s’appuyer sur des collaborateurs extérieurs et d’avoir une toute petite équipe de porte-paroles. Il oppose la situation de Netanyahu et de Trump, dont la porte-parole, Karoline Leavitt, fait des briefings quotidiens, et souvent combatifs, avec la presse.
« Parfois, j’ai l’impression d’en faire plus pour la défense d’Israël que votre gouvernement », souligne-t-il avant d’ajouter : « Le président a de puissants combattants à ses côtés, à l’instar [du chef de cabinet adjoint] Stephen Miller et de Karoline Leavitt, qui luttent pied à pied contre la presse, jour après jour. Honnêtement, je ne sais même pas si vous avez un attaché de presse. Vous êtes un éloquent défenseur d’Israël, mais vous avez besoin d’une équipe de guerriers de l’information qui ripostent jour après jour, en temps réel. »
Dans un communiqué publié quelques jours après l’assassinat de Kirk, Netanyahu, qui se plaint de la médiocrité des actions de communication d’Israël, a confirmé avoir reçu cette lettre dont il a cité un extrait.
Aujourd’hui, certains, dans les rangs de la droite américaine, ressortent cette lettre pour invalider les rumeurs selon lesquelles Kirk s’en était pris à Israël, en privé.
« Kirk dit son amour pour Israël et propose à plusieurs reprises des conseils sur la façon de remporter la guerre de l’information afin de ne pas perdre leur soutien », écrit à propos de cette lettre Ryan Saavedra, un écrivain conservateur très suivi sur les réseaux sociaux. « Ce n’est pas du tout ce que les antisémites prétendent. »
Les recommandations de Kirk vont de la création d’un centre de réseaux sociaux appelé Israel Truth Network à une meilleure communication publique portée par des jeunes aguerris sur les réseaux sociaux en passant par des mesures plus ou moins mises en œuvre comme par exemple des conférences d’ex-otages israéliens ou l’intervention d’Israël dans des pays sinistrés.
Il recommande par ailleurs à Israël de faire des relations publiques à la façon d’une campagne politique au nom d’une candidate décrite comme « une jeune femme qui a grandi sur les réseaux sociaux » et qu’il a surnommée « Miss Israël ».
« Pour l’heure, il y a surtout une campagne publicitaire négative et massive sur les réseaux sociaux », écrit-il. « Cette publicité négative définit cette candidate… Bon nombre des problèmes de relations publiques d’Israël devraient être revus à travers le prisme d’une campagne politique. Comme dans toute campagne, il s’agit avant tout de définir le candidat. »
Israël, poursuit-il, commet une « faute professionnelle en matière de relations publiques » en ne disposant pas d’une ressource comparable à un site Internet de campagne pour faire valoir ses arguments.
Kirk reprend par ailleurs des arguments de la droite américaine en affirmant notamment que « les gouvernements d’Israël et des États-Unis ont tous les deux menti à notre génération en prétendant que les vaccins contre la Covid étaient sûrs et efficaces » et en mettant en garde contre le risque que « le mahométisme se répande au sein des sociétés occidentales ».
Il fait par ailleurs une allusion au procès de Netanyahu pour corruption en écrivant que le Premier ministre est sous la menace de « l’État profond » et qu’un remaniement de stratégie sur les réseaux sociaux serait de nature à l’aider.
« Je sais que vous avez un autre problème », écrit-il. « Mon équipe et moi combattons l’État profond au quotidien depuis des années. Peut-être qu’une stratégie de guerre de l’information pourrait vous aider dans vos luttes en interne ? »
la Communauté du Times of Israël !







