David Tartakover, designer de renom et militant politique, meurt à 81 ans
L'artiste israélien, devenu particulièrement célèbre pour ses emblèmes "Shalom" et "La Paix Maintenant", aura formé une génération de futurs designers
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L’artiste et militant politique David Tartakover s’est éteint mardi à l’âge de 81 ans. Il souffrait de la maladie de Parkinson, selon les médias israéliens.
Graphiste de formation, David Tartakover avait conçu l’affiche « Shalom » (Paix) devenue emblématique. Il avait ensuite créé l’emblème de La Paix Maintenant, son œuvre devenant l’un des premiers autocollants politiques en Israël.
Tartakover avait créé l’emblème « Shalom » lors d’un concours national d’affiches qui marquait le trentième anniversaire de l’indépendance d’Israël en 1978. C’était la première année de mandat du Premier ministre Menachem Begin et c’était l’année qui avait précédé la signature du traité de paix entre Israël et l’Égypte.
Son logo était devenu officiel et, quelques mois plus tard, Tartakover avait ajouté le mot « Achshav » (Maintenant) qui devait être utilisé lors d’un grand rassemblement pour la paix à Tel Aviv.
Le logo emblématique de « La Paix Maintenant » combine deux polices de caractères : « Shalom » en Koren, une police traditionnelle et biblique, et « Achshav », écrit en utilisant Haim, une police plus moderne, avait expliqué Tartakover dans de nombreuses interviews. Il avait choisi les caractères rouge et noir, qui représentent la demande du mouvement pour une solution pacifique fondée sur la coexistence de deux États.
Le designer né à Haïfa, qui avait servi comme parachutiste dans l’armée israélienne, avait ensuite combattu comme réserviste lors de la guerre du Kippour en 1973. Il était diplômé de la Bezalel Academy of Arts and Design et il avait également étudié au London College of Printing.
L’artiste était connu pour ses idées politiques de gauche. Il avait conçu une collection d’affiches politiques qui avaient suivi les activités d’Israël au-delà de la Ligne verte, et ce pendant plus de trois décennies, en utilisant des images de Palestiniens et d’Israéliens souffrant face à la guerre, la terreur, la violence et face aux traumatismes.
En tant qu’artiste, il n’attendait pas de commandes – mais il était devenu célèbre pour s’attaquer à des sujets et pour concevoir des œuvres qui reflétaient les sentiments qui traversaient la société.
David Tartakover avait également travaillé comme conservateur, présentant la culture visuelle locale, organisant des expositions sur Theodor Herzl au musée d’art de Tel Aviv en 1978, une exposition internationale d’affiches au pavillon Helena Rubinstein en 1993, et exposant les photographies d’Alex Levac en 1994, entre autres, au niveau local et mondial.
Ses œuvres font dorénavant partie de grandes collections en Israël et dans le monde entier – elles sont notamment présentes au Museum of Modern Art (MoMA) de New York, au Jewish Museum de New York, à la Library of Congress de Washington, au Stedelijk Museum d’Amsterdam, à la Bibliothèque nationale de Paris et dans les musées d’arts appliqués de Zurich et de Hambourg.
Tartakover a reçu le prix d’Israël en 2002. Son œuvre a fait l’objet d’une rétrospective au musée d’art de Tel Aviv en 2016, intitulée « David Tartakover : The Exhibition », qui s’inspire de presque tous les domaines de son travail de conception.
Tartakover était également considéré comme l’un des plus importants collectionneurs d’objets relevant de la culture israélienne, avec des archives personnelles qui comprenaient des milliers d’affiches publicitaires ou de propagande datant des années 1920 et après – ainsi que des jeux pour enfants, des emballages de produits et des travaux de designers.
L’année dernière, Tartakover s’était vu décerner le titre de citoyen honoraire de Tel Aviv-Jaffa.
« Plus que tout le reste, David Tartakover est un natif de Tel Aviv-Jaffa dans toutes les fibres de son être, et ses œuvres visuelles nous accompagnent tous – dans ses rues, ses institutions culturelles et sur les murs de la ville », a écrit la commission de Sélection dans un communiqué.
« Il a été un partenaire de longue date dans les luttes pour les droits de l’Homme, la promotion de la paix et l’amélioration de notre société. Tel Aviv-Jaffa lui a permis d’être audacieux, perspicace et politique, tout en lui fournissant la base morale nécessaire pour continuer à tendre un miroir critique à la société et à la politique israéliennes ».
Il laisse derrière lui sa fille Eli et son petit-fils Michael.
la Communauté du Times of Israël !










