Décès à 73 ans du rabbin Eliezer Diamond, professeur et auteur juif très apprécié
Diamond, au cours de sa brillante carrière en tant qu'érudit rabbinique au sein du fleuron conservateur de New York, a formé des générations de rabbins
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Le rabbin Eliezer Diamond, qui a enseigné au Jewish Theological Seminary pendant plus de trente ans, laissant une empreinte indélébile sur des générations de rabbins et d’érudits juifs, est décédé.
Diamond est mort jeudi à l’âge de 73 ans, après avoir lutté pendant plusieurs années contre différentes formes de cancer.
Diamond est né en 1952. Entre 1968 et 1977, il a obtenu sa licence et sa maîtrise, avant d’être ordonné rabbin, au Rabbi Isaac Elchanan Theological Seminary de la Yeshiva University.
C’est au JTS, le fleuron conservateur de New York, que Diamond a obtenu son doctorat en Talmud. Il a enseigné le Talmud et les études rabbiniques à la chaire Rabbi Judah Nadich. C’est également là que ses talents de mentor et d’enseignant se sont épanouis.
« Mon cher professeur, mon précieux mentor et l’ami d’innombrables leaders juifs, le rabbin Eliezer Diamond, a quitté ce monde pour l’autre », a écrit le rabbin Menachem Creditor, chercheur résident et rabbin de l’UJA-Federation of New York, dans un message publié sur Facebook. « Sa sagesse a changé à maintes reprises le cours de mon rabbinat, et je sais qu’il en a été de même pour beaucoup d’autres. »
Durant sa longue carrière d’éminent talmudiste, Diamond a publié un chapitre sur la période rabbinique dans le « Schocken Guide to Jewish Books », ainsi que des articles dans le « Reader’s Guide to Judaism » et « The Encyclopedia of the Bible and Its Reception ». Son unique ouvrage, « Holy Men and Hunger Artists: Fasting and Asceticism in Rabbinic Culture » est paru en 2003 aux éditions Oxford University Press.
Diamond a pris sa retraite du JTS à l’issue du semestre d’automne, en 2024. En mars, au cours du semestre précédent, l’école lui a rendu hommage dans un programme intitulé « Diamonds of Torah : Honoring Rabbi Eliezer Diamond’s Teaching« .
« Des générations d’étudiants ont été profondément influencées par son enseignement. Ses écrits sur la prière, l’ascétisme et les questions de droit et d’éthique environnementaux ont également marqué de nombreuses personnes dans le monde juif en général », a écrit Shuly Rubin Schwartz, rectrice du JTS, dans une déclaration annonçant son départ à la retraite.
Diamond postait fréquemment sur Facebook des photos de sa femme, la rabbine Shelley Kniaz, de ses cinq enfants et de ses nombreux petits-enfants. Il y documentait également ses problèmes de santé, témoignant de ses expériences de manière extrêmement personnelle ainsi qu’en tant que rabbin.
En août 2024, après qu’on lui a annoncé un pronostic sombre, Diamond a publié : « Je ne suis pas une statistique. Je suis un être humain distinct, Eliezer Ben-Zion, fils de Yehuda Idel et Chaya Golde. Nul ne peut savoir quel est le plan de la Shekhina pour moi. Ce que je sais, c’est qu’Elle ne veut pas que je vive dans l’ombre de la mort, mais plutôt que je profite de la lumière de la vie. »
Vendredi, lorsque la nouvelle de son décès s’est répandue, nombre d’anciens élèves et amis de Diamond lui ont rendu hommage sur les réseaux sociaux, beaucoup soulignant sa gentillesse légendaire.
Le rabbin Ben Goldberg, ancien élève de Diamond et rabbin de la congrégation KTI à Port Chester, dans l’État de New York, a ainsi écrit sur Facebook que Diamond était « passé dans la yeshiva céleste, dans laquelle j’imagine qu’il sera aussi aimé qu’il l’était partout où il a enseigné dans ce monde ». Il a évoqué le temps passé dans les cours de Diamond au JTS, ajoutant que tous s’accordaient pour dire que Diamond « se souciait profondément de ses étudiants ».
« Plus que tout ce qui concerne le Talmud, je me souviendrai de lui écrivant des notes d’excuses longues (et injustifiées), pour avoir dit quelque chose en classe qui aurait pu s’avérer blessant (et qui, bien sûr, ne l’était pas) », a raconté Goldberg.
Michael Rosenberg, autre ancien élève de Diamond qui enseigne aujourd’hui à l’Institut Hadar, se souvient pour sa part d’une rencontre avec Diamond en 2023, au cours de laquelle ils ont eu une conversation qui l’a profondément marqué.
« Cet échange débordait de sagesse sur l’éducation des enfants, l’enseignement, les relations humaines », a déclaré Rosenberg dans un message publié sur Facebook. « Grâce à cette conversation, je suis un meilleur parent et un meilleur enseignant. Penser que je ne pourrai plus bénéficier des conseils de mon professeur et rabbin m’attriste énormément. »
Au-delà de son travail de professeur au JTS, Diamond a également enseigné au Stern College, au Reconstructionist Rabbinical College, au 92nd Street Y, dans plusieurs camps Ramah et à la Solomon Schechter High School, aujourd’hui disparue.
Par ailleurs, Diamond a longtemps résidé à Teaneck, dans le New Jersey. Il était membre de la congrégation Beth Sholom, où il organisait régulièrement, les après-midis de Shabbat, des sessions d’étude de la Torah.
« La sagesse (et le hazzanus [chant]) du rabbin Diamond n’avaient d’égal que son esprit », a affirmé David Spielman, ancien élève de Diamond au lycée, dans un message publié sur Facebook. « Il était un fervent supporter des Brooklyn Dodgers. Il a, un jour, réprimandé quelqu’un qui portait une casquette des Yankees, lui affirmant que c’était une tenue inappropriée pour le Minyan. Il disait également que le stade Ebbets Field serait reconstruit ‘Bimharah b’yamainu‘. Maintenant qu’il ne souffre plus, le rabbin Diamond restera dans les mémoires pour son esprit, sa sagesse et sa persévérance. »
Outre les nombreux éloges funèbres écrits pour lui sur les réseaux sociaux, les pensées et réflexions prolifiques de Diamond sur la vie et la foi subsistent.
« Ce qui me ramène vers Hashem, sinon vers ma vie dans sa globalité, c’est le Psaume 23 : ‘Quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort, Je ne crains aucun mal, car tu es avec moi' », a écrit Diamond dans son dernier message sur Facebook. « Où que je me trouve, Dieu s’y trouve aussi. J’espère rentrer bientôt à la maison. »
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