Des centaines de personnes aux funérailles de Tal Haimi, tué en défendant son kibboutz
Sa dépouille, libérée des griffes du Hamas, a été inhumée mercredi ; son épouse, Ela, s’est dite « fière d’être sa veuve » ; son père et sa sœur ont exprimé leur douleur et chagrin
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées
Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Des centaines de personnes se sont rassemblées mercredi au kibboutz Nir Yitzhak pour assister aux funérailles de Tal Haimi, dont la dépouille a été rapatriée en Israël lundi soir après avoir été détenue pendant plus de deux ans par le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza.
Haimi, 41 ans, chef de la brigade de défense civile du kibboutz Nir Yitzhak, a été tué alors qu’il défendait sa communauté le 7 octobre 2023. Son corps avait été enlevé et emmené dans l’enclave.
Avec d’autres membres de l’équipe d’intervention rapide, il avait combattu les terroristes qui tentaient d’envahir le kibboutz, jusqu’à être abattu à son entrée. En décembre 2023, la famille de Tal avait été informée, sur la base de renseignements, qu’il avait été tué le 7 octobre et que sa dépouille avait été emmenée à Gaza. Une cérémonie funéraire avait alors été organisée, mais la famille attendait toujours le retour du corps.
Tal laisse derrière lui son épouse, Ela, et leurs quatre enfants, Nir, Einav, Udi et Lotan – né en mai 2024, sept mois après la mort de son père.
עשרות תושבי המועצה האזורית אשכול וחבריו של טל חיימי ז"ל מלווים את השיירה לקראת הלוויתו בקיבוץ ניר יצחק. התושבים עומדים עם דגלים ושלטים בצומת הקיבוץ ובשער הכניסה@shapira_nitzan pic.twitter.com/nQlhm6SMQw
— החדשות – N12 (@N12News) October 22, 2025
Lors de la cérémonie, Ela Haimi a confié avoir « imaginé ce jour tant de fois, l’avoir attendu si longtemps ».
En décembre 2023, lorsqu’elle avait été informée par l’armée israélienne que son mari avait été tué et que sa dépouille avait été capturée, elle avait organisé des funérailles symboliques, enterrant son casque ensanglanté pour offrir à leurs jeunes enfants un semblant de clôture.
« Je t’avais dit au revoir cet après-midi ; tu es revenu vers nous, tout habillé et entier », a-t-elle déclaré. « J’ai touché chaque partie de ton corps, et tu serais heureux de savoir que même la chemise de la Support Company 9255 était avec toi et a survécu. »
Ela a raconté avoir parlé à la dépouille de son mari, lui décrivant tout ce que la famille avait traversé au cours des deux dernières années, évoquant chacun de leurs enfants.
« Il y a un enfant que tu n’as pas eu l’occasion de rencontrer, mais il te connaît déjà bien », a-t-elle ajouté, en parlant de leur plus jeune fils, Lotan. « Je t’ai fait écouter un enregistrement où il dit ‘Abba’ et rit. J’espère que tu as pu l’entendre. »
« Je n’aurais jamais imaginé donner naissance à un enfant et l’élever sans toi. Mais quand je le regarde, tout semble un peu plus possible », a-t-elle poursuivi.
Ela a également évoqué les récits qu’elle avait entendus sur le courage et l’héroïsme de Tal le 7 octobre, ainsi que sur l’homme qu’il était – un mari aimant, un partenaire présent et un père dévoué.
« Tal, j’étais fière d’être ta femme », a-t-elle dit. « Je suis fière d’être ta veuve. Merci pour ces vingt-deux années passées ensemble. »
Elle a ajouté qu’il faudrait du temps pour que leur communauté et le pays se rétablissent. Elle a appelé les dirigeants israéliens à « faire d’Israël un endroit meilleur et plus sûr pour y vivre ».
Le père de Tal, Zohar Haimi, ainsi que sa sœur, Or Haimi, ont également pris la parole.
« Tu es revenu parmi nous, dans notre famille », a déclaré Zohar. « Notre famille proche et unie, mais aussi la grande famille du kibboutz. »
« Pas comme nous l’aurions souhaité – nous aurions voulu te serrer dans nos bras, vivant, pour que tu sois un père pour ta fille et tes trois fils ; un partenaire pour celle qui, depuis deux ans, dirige ce qui ressemble à un orphelinat ; un frère pour Or ; et pour moi, le fils qui s’est levé pour nous protéger au péril de sa vie. Un oncle pour tes neveux et nièces, un ami fidèle pour tous ceux qui t’aimaient. »
« Parce que c’est ce que tu étais, un homme de famille et un homme du peuple », a ajouté Zohar, évoquant combien son fils lui manquait – ses yeux bleus, ses étreintes puissantes.
Il a aussi mentionné Lior Rudaeff, un autre membre de l’équipe d’urgence du kibboutz tué le 7 octobre, dont la dépouille est toujours retenue à Gaza.
La sœur de Tal, Or, a rendu hommage à son unique frère, évoquant leur complicité, leurs rêves partagés et la force tranquille qu’il incarnait.
« Je ne veux pas de ces funérailles, et je ne veux pas te dire adieu », a-t-elle déclaré, expliquant qu’elle voulait qu’il reste présent pour Ela et leurs enfants, et qu’il demeure « l’oncle qui pouvait tout faire » pour les siens.
Elle a également évoqué leurs projets et leurs souvenirs communs : la préparation des anniversaires de leur père ou leurs retrouvailles, en fin de journée, dans les aires de jeux du kibboutz.
Enfin, Or a parlé de Lotan, son neveu, que Tal n’aura jamais connu.
« Tu dois faire la connaissance de Lotan », a-t-elle dit. « Il apporte tant de lumière à ces jours sombres, et il y a une force incroyable dans chacun de ces enfants. »
Le Hamas a restitué lundi la dépouille de Tal Haimi, conformément à ses obligations dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu actuellement en vigueur dans la bande de Gaza.
Mercredi, les dépouilles de treize otages restaient encore détenues à Gaza. Au début du cessez-le-feu, le 10 octobre, les corps de vingt-huit otages décédés étaient encore aux mains du Hamas.
Conformément à l’accord, le groupe terroriste palestinien a libéré lundi dernier les vingt derniers otages vivants, dans un délai de soixante-douze heures après le retrait d’Israël jusqu’à la ligne jaune. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu en cours, le Hamas a restitué les dépouilles de quinze otages.
Israël a accusé le Hamas de retenir délibérément certains des corps, tandis que le groupe terroriste affirme ne pas être en mesure de les localiser en raison du niveau de destruction à Gaza.
Parmi les otages décédés dont les dépouilles sont toujours retenues figure Hadar Goldin, un soldat tué au combat lors de la guerre de Gaza en 2014, et dernier otage israélien capturés avant le pogrom de 7 octobre 2023, encore aux mains des terroristes.
la Communauté du Times of Israël !







