Des dizaines de milliers de personnes participent à une marche anti-Israël à Sydney
Les organisateurs demandent une aide illimitée pour Gaza, un cessez-le-feu et le retrait israélien de l'enclave, ainsi que des sanctions et un embargo sur les armes à destination d'Israël
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Des dizaines de milliers de manifestants pro-palestiniens et anti-Israël ont défilé dimanche sur l’emblématique Harbour Bridge de Sydney pour réclamer l’intensification de l’aide apportée à Gaza et des sanctions à l’encontre d’Israël.
Cette marche, qui s’est tenue dans la plus grande ville d’Australie, a eu lieu quelques jours après qu’un ministre a déclaré que le pays allait bientôt reconnaître un État palestinien, à une moment où les pressions, dans le monde, se sont accrues sur Israël sur fond d’informations faisant état d’une famine grandissante à Gaza.
La manifestation était organisée par le Palestine Action Group Sydney, qui accuse Israël de génocide dans le cadre de sa guerre contre le Hamas à Gaza – une accusation que nie l’État juif. Avant son mouvement de protestation, le groupe avait revendiqué sur Facebook la levée des restrictions sur les aides à Gaza ainsi que la conclusion d’un « cessez-le-feu assorti du retrait immédiat de l’armée israélienne de l’enclave », sans compter des sanctions à l’encontre d’Israël et la mise en place d’un embargo sur les armes.
La manifestation a été baptisée « La Marche pour l’humanité ». La liste des revendications publiée sur Facebook ne mentionne ni le Hamas, ni les 50 otages israéliens que le groupe terroriste détient encore aujourd’hui à Gaza.
Certains participants portaient des casseroles et des poêles, symboles de la faim qui sévit dans la bande de Gaza.
« Trop, c’est trop », a commenté Doug, un homme d’une soixantaine d’années aux cheveux blancs. « Quand des personnes du monde entier se rassemblent et donnent de la voix, il est possible de vaincre le mal ».
Parmi les manifestants, des personnes âgées ou des familles avec de jeunes enfants. Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, et Bob Carr, ancien ministre australien des Affaires étrangères, étaient là.
Un grand nombre de protestataires s’étaient réfugiés sous des parapluies, le défilé se déroulant sous une pluie battante. Certains, brandissant des drapeaux palestiniens, ont scandé : « Nous sommes tous des Palestiniens ». Selon des vidéos de la manifestation, dans la foule, on a entendu le slogan : « Vive l’Intifada » – allusion aux violents soulèvements de Palestiniens qui ont tué des centaines d’Israéliens. Au moins une personne portait une photo de l’ayatollah Ali Khamenei, le guide suprême iranien.
La police de Nouvelle-Galles du Sud a déclaré que près de 90 000 personnes avaient participé à la manifestation, soit nettement plus que prévu. Le Palestine Action Group Sydney [NDLT : groupe d’action pour la Palestine de Sydney] a déclaré sur Facebook que 300 000 personnes avaient défilé.
La semaine dernière, la police de la Nouvelle-Galles du Sud et le Premier ministre de l’État avaient tenté d’empêcher que la marche emprunte le pont – un pont emblématique de la ville – en affirmant que l’itinéraire posait des problèmes de sécurité et pourrait occasionner des perturbations dans les transports. La Cour suprême de l’État a finalement décidé que la marche pouvait avoir lieu dans la journée de samedi.
Peter McKenna, commissaire de police adjoint, a noté que plus d’un millier de policiers avaient été déployés et que l’ampleur de la foule avait fait craindre une bousculade.
« Personne n’a été blessé », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse. « Mais je n’aimerais pas devoir faire ça chaque dimanche et dans un délai aussi court ».
La police était également présente à Melbourne, où une marche de protestation similaire a eu lieu.
Les pressions diplomatiques sur Israël se sont intensifiées ces dernières semaines. La France et le Canada ont annoncé leur intention de reconnaître un État palestinien et la Grande-Bretagne a fait savoir qu’elle ferait de même si Israël ne faisait rien contre la crise humanitaire et ne parvenait pas à un cessez-le-feu pour relancer un processus de paix.
Israël a condamné ces décisions qui, selon lui, récompensent le Hamas pour le pogrom commis dans le sud d’Israël le 7 octobre 2023, à l’origine de la guerre, et au cours duquel plus de 1 200 personnes ont été tuées et 251 prises en otage dans l’enclave côtière.
Israël nie catégoriquement toute volonté politique d’affamer Gaza mais accuse le Hamas de voler l’aide humanitaire.
Selon le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l’autorité du Hamas, plus de 60 000 personnes ont été tuées ou sont présumées mortes lors des combats, mais si ce bilan est invérifiable et ne fait pas le distinguo entre civils et hommes armés. De son côté, Israël revendiquait en janvier dernier la mort de 20 000 terroristes lors des combats, en plus de 1 600 hommes armés tués rn territoire israélien le 7 octobre.
Israël assure faire son possible pour limiter les pertes civiles et souligne que le Hamas utilise les civils de Gaza comme autant de boucliers humains en lançant ses attaques depuis des zones peuplées de civils, notamment depuis des logements, des hôpitaux, des écoles ou encore des mosquées. Côté israélien, le bilan de l’offensive terrestre menée contre le Hamas à Gaza et des opérations militaires menées le long de la frontière avec la bande de Gaza s’élève à 459 morts.
Le Premier ministre australien de centre-gauche, Anthony Albanese, a fait savoir qu’il apportait son soutien à la solution à deux États et que le refus de renforcer l’acheminement de l’aide humanitaire et les civils tués par Israël « ne pouvaient être défendus ou ignorés », en s’abstenant bien de reconnaître un État palestinien. Un autre ministre a déclaré qu’une telle reconnaissance finirait par advenir.
« La question est quand nous le ferons, il n’y a pas de doute : l’Australie reconnaîtra un État palestinien… mais je ne veux pas fixer de calendrier », a dit le ministre des Finances Jim Chalmers devant les caméras de la chaîne publique australienne ABC, la semaine dernière.
L’Australie a connu plusieurs attentats antisémites depuis le 7 octobre, certains lors de manifestations anti-Israël. Les autorités enquêtent afin de savoir si des soutiens étrangers sont à l’origine de ces attaques.
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